
Transmise par certains animaux et plus particulièrement les rongeurs, la leptospirose fait l’objet d’un suivi sanitaire accru sur le territoire normand. Selon les informations rapportées par La Presse de la Manche, cette pathologie infectieuse surnommée la « maladie du rat » a touché vingt et une personnes en Normandie en 2025, le département de la Manche enregistrant le deuxième taux de contamination le plus élevé de la région et appelant à la vigilance lors des activités en milieu humide.
Une infection surveillée au taux supérieur à la moyenne nationale
Rendue à déclaration obligatoire depuis 2023 afin de mieux cartographier sa progression, la leptospirose demeure une affection rare mais bien présente dans le paysage sanitaire normand, où treize cas confirmés et huit probables ont été recensés l’an dernier. Avec quatre malades déclarés sur son territoire en 2025, la Manche se positionne juste derrière le Calvados et affiche un taux de notification de 0,80 cas pour 100 000 habitants, un chiffre nettement supérieur à la moyenne régionale (0,63) et nationale (0,41). Les profils infectés concernent en très grande majorité un public masculin, représentant 86 % des patients, avec un âge médian établi à trente-neuf ans.
Des contaminations liées aux activités agricoles et de loisirs en eau douce
La transmission de cette bactérie s’opère par le contact avec des sols, de la boue ou des eaux douces contaminés par les urines d’animaux porteurs, le germe pénétrant dans l’organisme via des éraflures, des plaies ou les muqueuses. Plus de la moitié des patients normands ont rapporté une exposition directe ou indirecte avec des rongeurs, des animaux d’élevage ou de compagnie dans les semaines précédant l’apparition des symptômes. Les activités de pleine nature comme la baignade en rivière, le kayak, la pêche, mais également le jardinage et les travaux agricoles, constituent les principaux facteurs de risque, bien que les autorités précisent que la moitié des contaminations ont eu lieu en dehors de la région, lors de déplacements ou de séjours de vacances.
Des hospitalisations fréquentes qui rappellent l’importance des gestes de prévention
Si elle se manifeste initialement par un tableau clinique semblable à un état grippal associant forte fièvre, maux de tête et douleurs articulaires, la maladie peut rapidement évoluer vers des complications sévères touchant le foie et les reins. Sur les vingt et un cas normands, dix-huit ont nécessité une hospitalisation et cinq patients ont dû être admis en service de réanimation, bien qu’aucun décès n’ait été à déplorer. Les autorités sanitaires rappellent l’importance de porter des gants et des bottes imperméables lors des travaux à risque, de protéger les blessures cutanées en milieu humide et de consulter rapidement un médecin en cas de fièvre suspecte après une activité en plein air.


