Un projet d’agrivoltaïsme divise profondément deux communes de l’Orne

L’annonce de l’installation prochaine de panneaux solaires sur les terres d’un élevage ovin suscite une vive controverse entre les villages de Sainte-Honorine-la-Chardonne et de La Lande-Saint-Siméon. Ce dossier oppose des promoteurs mettant en avant des avantages agricoles à des riverains particulièrement inquiets pour la préservation des paysages normands et de la biodiversité locale.
Une initiative destinée à soutenir l’élevage ovin
Porté par la société Mexens, une entreprise basée à Poitiers, le projet a récemment été dévoilé aux habitants lors d’une permanence d’information publique. L’objectif est d’implanter des structures photovoltaïques au sein des prairies d’une exploitation agricole s’étendant sur les deux communes concernées. Pour défendre le bien-fondé de cette installation, la société promotrice avance de multiples retombées positives, affirmant que ces infrastructures permettraient d’améliorer le bien-être des brebis en leur offrant de l’ombre, tout en favorisant la pousse de l’herbe et en assurant un complément de revenu pérenne pour l’éleveur.
Une forte opposition des défenseurs de l’environnement
Ces arguments technico-économiques ne suffisent pas à rassurer les opposants locaux, désormais rassemblés sous la bannière de l’Association environnement vallée du Noireau. Par l’intermédiaire de sa présidente, le collectif dénonce vigoureusement les conséquences de ce qu’il considère comme une industrialisation des campagnes de l’Orne. Les membres de l’association redoutent une dégradation profonde des sols et la destruction durable des prairies traditionnelles du bocage. Ils s’inquiètent également de l’impact visuel de ces milliers de panneaux sur l’identité paysagère de la région, estimant que d’autres solutions doivent être privilégiées pour soutenir le secteur agricole.
Un calendrier administratif étalé sur plusieurs années
Malgré les tensions naissantes autour de ce dossier, l’aboutissement éventuel de l’infrastructure est encore lointain. La procédure administrative n’en est qu’à ses prémices et la demande officielle de permis de construire n’a pas encore été déposée par l’entreprise porteuse du projet. L’instruction par les services de l’État s’annonce longue et technique, ce qui repousse le début d’un éventuel chantier à l’horizon 2029. Ce délai constitutionnel de plusieurs années devrait laisser place à de nombreuses tractations et à un examen minutieux des études d’impact environnemental par les autorités compétentes.


