À Angers, vous passez devant ces 5 sculptures sans forcément connaître leur histoire
Elles sont dans les rues, sur les places ou dans les jardins d’Angers. Certaines sont monumentales, d’autres beaucoup plus discrètes. Pourtant, derrière ces sculptures que les Angevins croisent parfois sans même les regarder se cachent des histoires étonnantes. Du roi René au « Guerrier debout » d’Ousmane Sow, voici cinq œuvres à redécouvrir dans la ville.

Il suffit parfois de lever les yeux ou de ralentir quelques secondes.
À Angers, les sculptures font partie du décor quotidien. On les retrouve au détour d’une place, devant un jardin, près de la gare ou au milieu d’un espace très fréquenté. Certaines sont là depuis près de deux siècles. D’autres sont beaucoup plus récentes.
Et pourtant, combien d’Angevins connaissent réellement leur histoire ?
Ce vendredi 28 août, Angers Patrimoine propose justement une visite consacrée à « La sculpture en ville », au départ de la place du Général-Leclerc. Une occasion de regarder autrement ces œuvres qui font partie du paysage angevin.
En attendant la visite, Angers Info vous propose de tester vos connaissances avec cinq sculptures particulièrement emblématiques.
- Le roi René : un duc d’Anjou… représenté en jeune chevalier
Difficile de parler de sculpture à Angers sans commencer par lui.
Installé boulevard du Roi-René, le bronze représentant le roi René est l’œuvre de Pierre-Jean David, dit David d’Angers, l’un des sculpteurs angevins les plus célèbres du XIXe siècle.
La sculpture a été réalisée en 1846, à la demande du comte Théodore de Quatrebarbes. Mais elle n’a été inaugurée qu’en 1853.
Et un détail mérite le détour : le roi René n’est pas représenté comme un vieil homme, mais sous les traits d’un jeune chevalier.
Le socle raconte lui aussi une partie de l’histoire de l’Anjou. Il est orné de douze personnages historiques, parmi lesquels Foulques Nerra et Henri II Plantagenêt.
À regarder la prochaine fois que vous passez devant : le socle.
C’est lui qui transforme finalement la statue du roi René en véritable petit livre d’histoire angevine.
- Le monument aux morts : une sculpture qui ne célèbre pas la victoire
Sur la place du Général-Leclerc se trouve une autre œuvre particulièrement forte : le monument aux morts d’Angers, réalisé par Jules Desbois.
Commandé en 1919 et inauguré en 1922, le monument représente une femme, la Patrie, penchée sur le corps d’un soldat mort. Au-dessus du groupe apparaît une figure de Victoire ailée.
Mais le message de Desbois est loin d’être celui d’un monument triomphal.
Le sculpteur choisit au contraire de montrer la souffrance humaine provoquée par la guerre.
La femme représentée n’est pas une allégorie conquérante. Elle apparaît comme une mère ou une épouse accablée par la disparition du soldat.
Le choix est particulièrement fort pour un monument inauguré quelques années seulement après la Première Guerre mondiale.
La prochaine fois que vous passez devant, regardez le visage de la femme plutôt que le sommet du monument.
C’est là que se trouve toute la force de l’œuvre.
- Au jardin des Plantes, un scientifique angevin vous regarde depuis 1893
Direction maintenant le jardin des Plantes.
À son entrée se trouve le monument consacré à Michel-Eugène Chevreul, scientifique né à Angers en 1786.
La statue en bronze a été inaugurée en 1893. Elle représente Chevreul assis, vêtu d’un costume de son époque. Il tenait autrefois une canne, aujourd’hui disparue.
Son nom est peut-être moins connu que celui du roi René, mais son parcours est impressionnant.
Après des études à Angers, Chevreul part à Paris et travaille notamment au Muséum national d’histoire naturelle. Il devient ensuite directeur de la manufacture des Gobelins.
Ses recherches sur les contrastes de couleurs ont notamment influencé les peintres romantiques et impressionnistes.
Autrement dit, cette statue placée à l’entrée du jardin des Plantes rend hommage à un Angevin dont les travaux ont eu une influence bien au-delà de la ville.
- Une femme en mouvement au milieu des arbres
Toujours au jardin des Plantes, une autre sculpture attire moins immédiatement l’attention.
Il s’agit de La Matinée, réalisée en bronze par François Cacheux en 1993.
L’artiste, installé près d’Angers à partir des années 1980, a consacré une grande partie de son travail à la figure féminine, au mouvement et à la célébration de la vie. La Ville lui a d’ailleurs commandé plusieurs œuvres.
Cette sculpture s’inscrit dans une présence beaucoup plus large de l’art dans les jardins angevins.
François Cacheux a notamment donné son nom à un véritable musée de sculptures en plein air installé à l’Arboretum d’Angers.
Ici, le décor compte presque autant que l’œuvre elle-même.
Au milieu des arbres, la sculpture semble naturellement appartenir au jardin.
- La Rose des sables : 3,5 tonnes et plusieurs déménagements
C’est probablement l’une des œuvres les plus surprenantes de cette sélection.
Installée aujourd’hui place François-Mitterrand, La Rose des sables ne ressemble pas vraiment à une rose.
Et pour cause : cette sculpture monumentale est composée de tôle cuivrée montée sur une ossature en laiton. Elle mesure environ 6,50 mètres de haut et pèse 3,5 tonnes.
Créée en 1974 par Bernard Perrin et André Hogommat, elle avait été installée à l’origine place du Ralliement pour accompagner la mise en valeur de la place.
Mais son histoire ne s’est pas arrêtée là.
En 1994, elle quitte le Ralliement et passe par les ateliers de la voirie avant d’être installée place Saint-Serge, aujourd’hui place François-Mitterrand.
Puis nouveau déménagement en 2009, à cause des travaux liés au tramway.
Elle a donc connu plusieurs vies et plusieurs adresses.
Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la sculpture n’est évidemment pas une rose des sables naturelle. Elle s’inspire simplement de ces formations rocheuses découvertes dans les déserts.
Et vous, combien en connaissiez-vous ?
Ces cinq œuvres ne représentent qu’une petite partie des sculptures installées dans l’espace public angevin.
La Ville recense notamment d’autres œuvres de David d’Angers, mais aussi des créations beaucoup plus contemporaines comme L’Arbre-Serpents de Niki de Saint-Phalle, le Guerrier debout d’Ousmane Sow ou encore La Grande Toccata, monumentale sculpture en ardoise installée dans le quartier de la Roseraie.
Certaines sont devenues des repères urbains. D’autres sont presque invisibles dans le quotidien.
C’est justement tout l’intérêt de cette promenade proposée par Angers Patrimoine : faire regarder la ville autrement.
Ce vendredi 28 août, la visite « La sculpture en ville » partira de la place du Général-Leclerc. Elle est programmée de 10 h 30 à 12 h, sur réservation, au tarif de 7 € pour les adultes et gratuitement pour les moins de 26 ans et les détenteurs du Angers City Pass.
Mais après avoir découvert ces cinq histoires, une question reste à vous poser : combien de ces sculptures aviez-vous déjà remarquées en passant devant ?
en partenariat avec REGIEPRO

