Un habitant du Maine-et-Loire toxicomane condamné à 13 ans de prison après l’agression d’un octogénaire atteint d’Alzheimer

Domicilié au Longeron et originaire de Cholet, Dylan XXX, 31 ans, a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Loire-Atlantique. Il était jugé pour avoir violemment agressé un homme de 80 ans à Gétigné, en novembre 2024. Atteint de la maladie d’Alzheimer, l’octogénaire avait été retrouvé grièvement blessé dans un fossé. Depuis l’agression, son état de santé s’est fortement dégradé.

L’affaire a été jugée par la cour d’assises de Loire-Atlantique. L’accusé, domicilié au Longeron, dans le Maine-et-Loire, a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle.
DR – L’affaire a été jugée par la cour d’assises de Loire-Atlantique. L’accusé, domicilié au Longeron, dans le Maine-et-Loire, a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle.

Le 3 novembre 2024, vers 9 heures, les gendarmes sont appelés à Gétigné après le signalement de violences contre un homme âgé. Un individu aurait frappé la victime avec un bâton avant de quitter les lieux à la suite d’un accident de circulation sur une route départementale. Lorsque les militaires retrouvent Dylan XXX, celui-ci est particulièrement agité et tient des propos incohérents. La présidente de la cour d’assises a rappelé au début du procès qu’il était alors « très agité », qu’il « vociférait », faisait « de grands gestes » et « refusait de suivre » les gendarmes. Face aux militaires, il affirme pourtant être lui-même la victime et explique avoir été « agressé par un vieil homme ».

Quelques instants plus tôt, Rémi XXX avait été retrouvé dans un fossé, grièvement blessé. L’homme, alors âgé de 80 ans, est désorienté et peine à expliquer ce qui vient de lui arriver. La présidente de la cour décrit une victime qui « gisait ensanglantée » et dont l’état ne permet pas immédiatement de comprendre le déroulement des violences. Les enquêteurs constatent de nombreuses traces de coups et retrouvent également la canne utilisée habituellement par l’octogénaire pour ses promenades. Il s’agit d’une « canne de bambou sertie de ruban adhésif de couleur », dont l’extrémité est rompue.

Atteint d’Alzheimer, il peine à raconter son agression

Le lendemain, les enquêteurs se rendent au CHU de Nantes pour entendre la victime. Mais son état de santé et la maladie d’Alzheimer dont il souffre compliquent considérablement les investigations. Rémi XXX livre des explications difficiles à suivre et évoque notamment une agression qui aurait été commise par plusieurs personnes. Il parle également d’un véhicule qui aurait été dissimulé et d’un différend avec le maire de la commune, autant d’éléments qui ne correspondent pas aux faits finalement établis.

L’enquête va prendre une autre direction grâce au témoignage d’un voisin, Maxime XXX. Cet ancien militaire, désormais employé dans la sécurité, a assisté directement à l’altercation et intervient pour y mettre fin. Son témoignage permet aux enquêteurs de reconstituer une partie de la scène et son intervention a probablement permis de mettre un terme aux violences avant qu’elles ne prennent une tournure encore plus dramatique.

Au moment des faits, Rémi XXX est atteint de la maladie d’Alzheimer depuis quatre ans. Selon ses proches, son état était alors stabilisé. Son épouse Marie-France, avec laquelle il est marié depuis soixante ans, a raconté devant la cour combien cette agression avait bouleversé leur quotidien. « Il n’est plus autonome. Il a besoin d’une assistance au quotidien », a-t-elle expliqué, décrivant un homme dont l’état de santé s’est progressivement dégradé depuis les violences. Une fracture diagnostiquée plus d’un an après les faits, « fin 2025 », sera par ailleurs considérée comme étant en lien avec l’agression.

Un habitant du Maine-et-Loire alcoolisé avant les faits

Le procès a ensuite permis de revenir sur les heures qui ont précédé l’agression et sur l’état dans lequel se trouvait Dylan XXX lorsqu’il a pris son scooter. Son père a notamment décrit devant la cour les difficultés rencontrées par son fils, évoquant ses addictions et son comportement des années précédentes. « Il a souffert d’une addiction au cannabis mais pas que », a-t-il expliqué, avant d’évoquer également les « tentatives de suicide » de son fils. Selon lui, Dylan XXX était plutôt quelqu’un de « tranquille » habituellement, mais son comportement avait changé dans les heures précédant les faits puisqu’il l’avait appelé vers 8h30 alors qu’il avait manifestement bu.

Sa sœur a également décrit des épisodes de violence et une situation familiale compliquée. La mère du jeune enfant de Dylan XXX a, elle, raconté les échanges qu’elle avait eus avec lui durant la nuit. Elle l’avait alors trouvé « alcoolisé » et « désorienté ». Au cours de leur conversation téléphonique, elle l’avait notamment entendu dire : « Chef, arrête-toi, j’ai juste besoin d’un renseignement », avant que l’appel ne soit interrompu.

Le contrôle effectué après l’interpellation confirme une importante consommation d’alcool : Dylan XXX présente alors 1,4 gramme d’alcool par litre de sang. Après son dégrisement, il explique aux enquêteurs qu’il avait passé une partie de la soirée à bricoler avant de rejoindre un ami. Il lui apportait du bicarbonate, son ami devant l’utiliser pour consommer de la cocaïne. Dylan XXX reconnaît alors avoir lui-même consommé cette drogue. Il explique avoir pris « une ou deux traces de cocaïne ».

Il évoque une autre altercation avant de croiser l’octogénaire

Dans sa première version des faits, Dylan XXX raconte ensuite avoir repris son scooter en pleine nuit et s’être retrouvé derrière une voiture qui freinait régulièrement. Il affirme que le conducteur aurait fini par sortir de son véhicule « avec un fusil » et lui aurait donné plusieurs claques. Il dit avoir alors fait demi-tour dans un épais brouillard.

C’est au cours de ce trajet qu’il affirme avoir croisé Rémi XXX. Selon son récit, l’octogénaire lui aurait donné des coups avec sa canne et il aurait alors tenté de lui retirer l’objet des mains. Il reconnaît à l’audience avoir pu être « peut-être un peu agressif », mais affirme ensuite ne plus se souvenir précisément de ce qui s’est passé. Il évoque un « trou noir » avant de retrouver le vieil homme grièvement blessé.

Cette version est ensuite confrontée aux éléments de l’enquête et notamment aux analyses toxicologiques. Lors d’une audition ultérieure devant le juge d’instruction, Dylan XXX nie cette fois avoir consommé de la cocaïne. Confronté aux résultats de ses analyses sanguines, il répond : « Je ne sais pas comment cette cocaïne est arrivée dans mon corps. »

L’accusé, né à Cholet et domicilié au Longeron, compte déjà six mentions à son casier judiciaire, notamment pour des violences, des outrages et des menaces de mort visant notamment des pompiers et des gendarmes.

Une violence qui conduit à retenir la tentative de meurtre

Au terme de l’instruction, la justice retient la qualification de tentative de meurtre aggravée. La légitime défense est écartée compte tenu de la violence des coups portés à la victime et de leur nombre. Le juge d’instruction relève notamment une « disproportion totale dans l’intensité et le nombre de coups portés ».

Les coups portés à la tête de l’octogénaire constituent également un élément central du dossier. La « multiplicité des coups » portés au « crâne » d’un homme âgé et considéré comme « incapable de se protéger » conduit le juge à retenir une intention homicide. Plusieurs témoins rapportent par ailleurs avoir entendu Dylan XXX menacer à plusieurs reprises le vieil homme de le tuer.

Devant la cour d’assises, l’accusé reconnaît les violences mais conteste cette intention. Il maintient qu’il n’avait pas voulu tuer Rémi XXX et affirme ne pas avoir eu « l’intention de tuer » l’octogénaire. La cour doit ainsi déterminer si les coups portés et les circonstances dans lesquelles ils l’ont été permettent de caractériser cette volonté homicide.

13 ans de réclusion criminelle

Après plusieurs jours de procès, la cour d’assises de Loire-Atlantique rend son verdict vendredi 25 septembre, vers 23h30. Dylan XXX est finalement condamné à 13 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre aggravée par la prise de toxiques. La cour ne retient aucune altération de son discernement.

L’habitant du Maine-et-Loire devra également se soumettre, après sa peine, à un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans avec une injonction de soins. En cas de non-respect de cette mesure, trois années de prison supplémentaires pourront être prononcées. Il devra également travailler, ne pourra pas détenir d’arme pendant quinze ans et sera privé de ses droits électoraux pendant dix ans.

Pour Rémi XXX, les conséquences de l’agression restent donc lourdes. Le montant définitif des dommages et intérêts sera fixé lors d’une audience ultérieure, mais une première provision de 15 000 euros devra lui être versée. Son épouse Marie-France recevra 10 000 euros et chacun de leurs trois enfants, Patrice, Nathalie et Christine, 5 000 euros. Une somme de 3 000 euros sera enfin versée au titre des frais de justice.

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