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Pénurie carburant. Elisabeth Borne réquisitionne le personnel d’Esso des raffineries, la CGT promet la guerre !

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Manifestation des travailleurs de TotalEnergies et d’Esso, filiale française d’ExxonMobil, devant la raffinerie Esso à Fos-Sur-Mer. /Photo prise le 11 octobre 2022/REUTERS/Eric Gaillard

La Première ministre française Elisabeth Borne a annoncé mardi la réquisition de personnel dans des dépôts de carburant gérés par Esso, filiale du géant américain ExxonMobil, où un accord salarial conclu lundi soir avec des syndicats représentant une majorité du personnel n’a pas suffi à mettre fin à plus de trois semaines de grève.

Alors que le gouvernement avait appelé mardi matin à une levée « sans délai » des blocages qui privent de carburant de nombreuses stations-service, sous peine de prendre les mesures nécessaires pour le faire lui-même, Elisabeth Borne a mis cette menace à exécution.

« J’ai demandé aux préfets d’engager (…) la procédure de réquisition des personnels indispensables au fonctionnement des dépôts de cette entreprise », a annoncé la Première ministre lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

La grève entamée fin septembre par les salariés de plusieurs raffineries et dépôts de carburant de TotalEnergies, Exxon Mobil et Esso pour réclamer des augmentations salariales a entraîné la fermeture de stations-service ou des pénuries de certains types de carburant.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Transition énergétique, 31,3% des stations-service avaient mardi des difficultés d’approvisionnement contre 29,4% la veille.

Dans un communiqué envoyé lundi soir, la direction d’Esso a annoncé a annoncé avoir conclu un accord avec deux syndicats, la CFDT et CFE/CGC, qui représentent « la majorité » du personnel des dépôts concernés par la grève.

Cet accord prévoit une revalorisation salariale « de 6,5% en 2023 accompagnée d’une prime de partage de la valeur de 3.000 € et d’une « aide ponctuelle à la mobilité et aux transports en 2023 », a indiqué Esso.

Mais alors que le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, avait jugé mardi matin qu’il n’y avait « plus aucune raison qu’il y ait le moindre blocage », la CGT a annoncé qu’elle poursuivait la grève, pour le 22e jour consécutif.

LA CGT PROMET « LA GUERRE »

« Les travailleurs (d’ExxonMobil et Esso) sont toujours mobilisés pour leurs salaires malgré la signature de l’accord par la CFDT et la CFE/CGC », a fait savoir le syndicat sur Twitter.

La CGT a aussi promis au gouvernement de riposter à toute mesure de réquisition en étendant le mouvement de grève à d’autres secteurs.

Le syndicat a par ailleurs appellé, avec Force Ouvrière, à la grève à compter de mercredi à la raffinerie TotalEnergies de Donges (Loire-Atlantique).

« Si (le président Emmanuel) Macron veut une extension rapide (de la grève) aux autres secteurs, car je peux vous garantir que ce sera la guerre, et bien qu’il le fasse », a déclaré Emmanuel Lépine, secrétaire général de la Fédération professionnelle de pétrole de la centrale syndicale, qui représente des stations Esso et Total, sur franceinfo.

TotalEnergies s’est de son côté dit prêt à accepter les demandes salariales formulées par la CFDT, mais à condition que le blocage des dépôts de carburant imposé par la CGT soit au préalable levé.

Olivier Véran a jugé « excessif » et « anormal » l’appel de la CGT de TotalEnergies à poursuivre ces blocages par une « grève préventive » alors que « le groupe a mis sur la table une négociation sur les salaires ».

« Il faut que la négociation démarre » et « il faut que dans les heures qui viennent un accord puisse être trouvé », a insisté pour sa part le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

« Nos compatriotes (…) n’ont pas à être les victimes collatérales de difficultés sociales entre un syndicat, la CGT, et une entreprise privée, Total », a-t-il souligné en appelant les syndicats « à saisir la main tendue » et le groupe pétrolier à négocier « de bonne foi pour qu’il y ait les augmentations salariales auxquelles les salariés peuvent prétendre ».

Le gouvernement veut laisser une chance au dialogue social entre la CGT et la direction du groupe pétrolier français, mais « si on voit que c’est complètement bloqué (…) nous n’aurons pas d’autres moyens que de réquisitionner les moyens nécessaires pour libérer les dépôts et faire fonctionner les raffineries », a prévenu Bruno Le Maire.

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