Alexis Goury, du parcours du Lion-d’Angers aux championnats du monde : l’histoire d’un cavalier qui a su se faire une place
Il y a quelques années, nous avions rencontré Alexis Goury sur le parcours du Mondial du Lion, au Lion-d’Angers. À l’époque, nous n’étions pas cavaliers et ne maîtrisions pas les subtilités du concours complet. Lui avait pris le temps de nous présenter les obstacles, d’expliquer les difficultés du terrain et ce que les chevaux et leurs cavaliers devaient affronter. Depuis, le cavalier installé en Maine-et-Loire a franchi plusieurs étapes majeures, jusqu’à terminer dixième des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, en août 2026. À quelques jours du Mondial du Lion, où il revient avec Jeroboam Wal, retour sur un parcours construit avec patience, travail et ambition.

Une première rencontre loin des podiums
Ce jour-là, Alexis Goury nous faisait découvrir le parcours du Mondial du Lion. Pour qui ne connaît pas le concours complet, les obstacles peuvent impressionner sans que l’on mesure immédiatement ce qu’ils exigent d’un cheval et de son cavalier. Il faut regarder les dénivelés, comprendre les trajectoires, anticiper les difficultés et imaginer comment un couple peut franchir chaque obstacle sans perdre le rythme.
Alexis Goury nous avait alors permis de mieux comprendre cette discipline. Nous le rencontrions sur son terrain, dans un environnement qu’il connaissait parfaitement, sans nécessairement mesurer jusqu’où son parcours le conduirait.
Aujourd’hui, cette rencontre prend une autre dimension. Le cavalier que nous avions découvert en présentant le cross du Lion-d’Angers avec l’ancien président du Département de Maine-et-Loire Christian Gillet, a depuis affronté les meilleurs mondiaux. Son nom figure désormais parmi ceux qui comptent dans le concours complet français.
D’un centre équestre familial aux ambitions internationales
L’histoire d’Alexis Goury ne commence pas dans une grande écurie de compétition. Né en 1995, il découvre l’équitation à huit ans grâce à sa tante Sophie Masson, qui possède un centre équestre à Béthemont-la-Forêt, dans le Val-d’Oise.
Le jeune garçon s’accroche à cette passion. Il apprend, progresse et se forme au Pôle France de la Fédération française d’équitation à Saumur. Comme beaucoup de cavaliers, il doit composer avec les contraintes d’une discipline où le talent ne suffit pas : il faut trouver les bons chevaux, financer leur préparation, multiplier les concours et accepter que les progrès prennent du temps.
Ses premières réussites arrivent chez les jeunes cavaliers. Avec Trompe-l’Œil d’Emery, il décroche notamment des résultats européens qui lui permettent de se faire remarquer. Le passage vers le haut niveau se construit progressivement, au fil des chevaux et des saisons.
Ce parcours demande aussi une capacité à rebondir. Un cavalier peut être talentueux, mais sans partenaire adapté, il est difficile de franchir un cap. Alexis Goury apprend à former ses chevaux, à comprendre leurs particularités et à construire des relations qui ne se résument pas à une performance ponctuelle.
Cette patience deviendra l’une de ses forces.
Je’Vall, le cheval qui change la dimension de sa carrière
Avec Je’Vall, Alexis Goury trouve un partenaire capable de l’accompagner au plus haut niveau. Leur progression se confirme en 2024 et 2025, avec notamment deux places de vice-champion de France Pro Élite.
Le tournant intervient aux championnats d’Europe de Blenheim, en septembre 2025. Le couple termine sixième en individuel et contribue à la médaille de bronze française par équipes. Pour Alexis Goury, cette performance confirme qu’il peut rivaliser avec les meilleurs cavaliers de la discipline.
Il ne s’agit plus seulement de réussir une belle saison nationale. Il faut désormais tenir sur les grands rendez-vous, gérer la pression et maintenir un niveau de performance sur trois épreuves différentes : le dressage, le cross-country et le saut d’obstacles.
Je’Vall devient progressivement un cheval expérimenté, capable de franchir les étapes avec davantage de sérénité. Le cavalier, lui, gagne en confiance et en maturité. Leur histoire illustre ce qui fait la particularité du concours complet : une réussite individuelle qui repose sur une confiance construite à deux.
Aix-la-Chapelle, une dixième place mondiale qui compte
En août 2026, Alexis Goury découvre les championnats du monde à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Il s’agit d’une première à ce niveau pour le cavalier français.
Le dressage commence très fort. Avec Je’Vall, il occupe provisoirement la troisième place avant que les derniers concurrents ne viennent modifier le classement. Le couple termine finalement dixième, avec 28,5 points de pénalité.
Ce résultat reste une performance importante. Les championnats du monde réunissent l’élite internationale et ne laissent que peu de place à l’approximation. Pour un cavalier qui découvre cette compétition, terminer dans les dix premiers confirme le chemin parcouru.
Après l’épreuve, Alexis Goury retient notamment les progrès de Je’Vall et la qualité de leur saison. La déception collective de l’équipe de France n’efface pas la réussite individuelle. Il ressort de cette expérience avec une nouvelle ambition : continuer à progresser et, pourquoi pas, découvrir le prestigieux CCI 5* de Badminton en 2027.
Ce projet dit beaucoup de l’évolution du cavalier. Il ne regarde plus seulement les prochaines échéances. Il réfléchit à la suite, au calendrier, à la préparation de ses chevaux et aux moyens de les amener au meilleur niveau au bon moment.
Au Mondial du Lion 2026, un autre cheval à faire grandir
Du 15 au 18 octobre, le parc départemental de l’Isle-Briand accueille la 42e édition du Mondial du Lion. Ce rendez-vous est consacré aux chevaux de six et sept ans, à un âge où leur potentiel commence à se dessiner, sans que leur avenir soit encore écrit.
Alexis Goury sera engagé dans le championnat des sept ans avec Jeroboam Wal. Le couple fait partie des douze représentants français sélectionnés pour cette catégorie.
Le choix de ce cheval raconte une autre facette de sa carrière. Je’Vall est désormais un partenaire confirmé, capable de participer aux championnats du monde. Jeroboam Wal, lui, est encore en phase de progression. Il faut l’amener à maturité, mesurer ses qualités et lui donner l’expérience nécessaire pour envisager la suite.
Dans un entretien publié début octobre par GrandPrix, Alexis Goury expliquait placer beaucoup d’espoirs dans ce jeune cheval. Il précisait également qu’une bonne performance au Lion pourrait favoriser sa vente au cours de l’hiver. Cette réalité fait partie du quotidien des cavaliers professionnels : former des chevaux, les valoriser et parfois les céder pour financer la poursuite de leur activité.
Le Mondial du Lion représente donc bien plus qu’un concours supplémentaire. C’est une étape importante pour Jeroboam Wal, mais aussi une occasion pour son cavalier de mesurer le travail accompli depuis plusieurs mois.
Peut-il viser le podium au Lion-d’Angers ?
La question se pose forcément à quelques jours du départ. Alexis Goury arrive avec une expérience internationale solide, une dixième place mondiale récente et une bonne connaissance des exigences du concours complet. Mais son expérience avec Je’Vall ne garantit pas le même résultat avec un cheval de sept ans.
La concurrence s’annonce relevée. La sélection française comprend notamment Nicolas Touzaint avec J’Adore LBD, Thomas Carlile avec Juste Unetoile et Benjamin Massie avec Joli Cœur de la Baie. À l’international, la Britannique Yasmin Ingham et la Belge Lara de Liedekerke-Meier font partie des cavalières à suivre.
Dans cette catégorie, le classement final dépendra de l’équilibre entre les trois disciplines. Le dressage permettra d’évaluer la précision et la disponibilité du cheval. Le cross sera le grand test de sa franchise, de son endurance et de sa capacité à enchaîner les obstacles. Le saut d’obstacles, enfin, pourra faire basculer le classement.
Un podium est envisageable pour un couple performant, mais il serait hasardeux de le présenter comme une certitude. L’objectif le plus raisonnable pour Alexis Goury sera de réaliser trois épreuves solides, sans faute majeure, et de confirmer que Jeroboam Wal possède les qualités nécessaires pour poursuivre sa progression.
Une bonne performance au Lion pourrait renforcer la réputation du cheval et lui ouvrir de nouvelles perspectives. Mais, pour un jeune équidé, la réussite se mesure aussi à sa capacité à franchir une étape sans être poussé trop vite.
En Maine-et-Loire, une structure pour préparer l’avenir
Installé au Haras d’Écorse, à Morannes-sur-Sarthe, Alexis Goury développe son activité avec son épouse Fanny et une équipe qui s’est étoffée au fil des années.
Dans son entretien d’octobre 2026, il évoquait notamment la présence de deux apprentis, deux salariés et de stagiaires. L’organisation est devenue essentielle pour suivre plusieurs chevaux à différents stades de leur carrière, préparer les compétitions et éviter de travailler en permanence dans l’urgence.
Derrière les résultats, il y a donc une véritable entreprise sportive. Il faut entretenir les chevaux, planifier les déplacements, organiser les entraînements et prendre des décisions qui engagent parfois plusieurs saisons. La réussite ne se joue pas uniquement le jour du concours.
Cette dimension est importante pour comprendre le parcours d’Alexis Goury. Il a construit sa place dans le sport international tout en développant sa structure en Maine-et-Loire. Il doit désormais concilier les objectifs du cavalier de haut niveau avec ceux du professionnel qui prépare la relève.
Le Mondial du Lion est au cœur de cette stratégie : il permet de présenter des chevaux prometteurs sur une scène internationale et de mesurer leur capacité à franchir un nouveau cap.
Une histoire qui continue de s’écrire au Lion-d’Angers
Lorsque nous avions rencontré Alexis Goury pour découvrir le parcours du Mondial du Lion, nous étions loin d’imaginer toutes les étapes qui suivraient. Depuis, le cavalier a disputé des championnats d’Europe, décroché une médaille de bronze par équipes et terminé dixième des championnats du monde.
Cette progression n’est pas arrivée en un jour. Elle s’est construite grâce aux chevaux, aux rencontres, au travail quotidien et à une capacité à regarder plus loin que le prochain classement.
Au Lion-d’Angers, Alexis Goury ne revient pas pour reproduire avec Jeroboam Wal ce qu’il a déjà accompli avec Je’Vall. Il vient écrire une nouvelle page, avec un jeune cheval dont l’avenir reste à construire.
Le résultat du week-end dira si le couple a réussi à se hisser parmi les meilleurs de sa génération. Mais l’enjeu dépasse les quatre jours de compétition. Pour Alexis Goury, l’objectif est de continuer à former, à progresser et à se donner les moyens de rester durablement parmi les cavaliers qui comptent.
Et pour ceux qui l’avaient rencontré bien avant les championnats du monde, sur les obstacles du Lion-d’Angers, il y a une satisfaction particulière à suivre cette trajectoire. Celle d’un cavalier qui a su faire son chemin, sans brûler les étapes, et qui revient aujourd’hui sur un terrain familier avec de nouvelles ambitions.
en partenariat avec REGIEPRO


