À La Rochelle, les inquiétudes persistent autour du chantier de l’ancienne usine à gaz

Près d’une cinquantaine d’élèves et de membres du personnel auraient signalé des symptômes depuis la rentrée de septembre 2026 à proximité du chantier de réhabilitation de l’ancienne usine à gaz, à La Rochelle. Deux ans après les premières alertes, les enseignants de Fénelon Notre-Dame et l’association Avenir Santé Environnement réclament une expertise sanitaire indépendante pour comprendre l’origine de ces troubles et évaluer les risques éventuels.
Des symptômes signalés depuis la rentrée scolaire
Les inquiétudes restent vives autour du chantier de dépollution de l’ancienne usine à gaz de La Rochelle, en Charente-Maritime. Vendredi 16 octobre 2026, le collectif des enseignants et personnels de Fénelon Notre-Dame et l’association Avenir Santé Environnement ont renouvelé leur demande d’investigations indépendantes.
Selon leurs déclarations, près d’une cinquantaine d’élèves et de membres du personnel ont signalé depuis septembre des maux de tête, des nausées, des vertiges ou des irritations. Dans une classe de troisième située face au chantier, un tiers des élèves auraient fait état de symptômes au cours des dernières semaines.
Les préoccupations concernent un secteur fréquenté quotidiennement par environ 2 000 enfants dans plusieurs établissements scolaires, ainsi que près de 9 500 riverains, selon les chiffres avancés par le collectif et l’association.
À ce stade, l’origine des symptômes signalés n’est pas officiellement établie. Les organisations estiment néanmoins que la persistance des témoignages justifie des investigations complémentaires.
Des mesures de pollution qui soulèvent des questions
Les données de surveillance citées par les enseignants et l’association font état de concentrations de particules plus élevées à proximité du chantier qu’au centre-ville. Le 15 septembre 2026, les concentrations moyennes de particules PM10 auraient atteint 32,4 µg/m³ sur le site de Fénelon Notre-Dame, contre 14,5 µg/m³ place de Verdun.
Des épisodes de hausse des composés organiques volatils (COV) auraient également été relevés.
Ces mesures ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à démontrer un lien entre le chantier et les symptômes rapportés. C’est précisément ce manque de réponses qui alimente les inquiétudes des familles et des personnels.
Les signataires affirment que les autorités présentent le chantier comme non émissif, tout en reconnaissant que l’origine des hausses observées n’est pas connue. Ils s’interrogent également sur les modalités de surveillance de la qualité de l’air, l’exposition répétée des personnes présentes dans le secteur et les objectifs retenus pour la dépollution du site.
Une expertise indépendante réclamée
Le collectif et l’association demandent qu’un organisme spécialisé et indépendant, disposant notamment de compétences en toxicologie environnementale, soit chargé d’examiner la situation.
Leurs attentes portent sur plusieurs points : rechercher les causes possibles des symptômes, notamment au moyen d’une étude épidémiologique, vérifier la pertinence et l’indépendance du dispositif de surveillance de l’air et évaluer les garanties sanitaires offertes par les travaux de réhabilitation.
Ils demandent aussi que les prochaines phases d’excavation fassent l’objet d’une surveillance adaptée. Si nécessaire, des analyses complémentaires de l’air, des sols et de l’eau, ainsi que des investigations biologiques appropriées, pourraient être envisagées.
Le collectif souhaite par ailleurs que les élèves puissent être éloignés des salles situées à proximité immédiate du chantier lorsque la situation le justifie, afin de limiter toute exposition potentielle.
Des évaluations existantes jugées insuffisantes
Les enseignants et l’association contestent également la portée des évaluations déjà réalisées. Selon eux, le document public de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) versé au dossier porte sur la pertinence des seuils retenus pour deux polluants dans le cadre de la reprise du chantier en 2025. Ils estiment qu’il ne constitue pas une expertise sanitaire globale de la situation.
Ils soulignent également que, d’après les éléments dont ils disposent, l’évaluation du Centre antipoison de Bordeaux aurait été réalisée sans rencontre avec les personnes ayant signalé des symptômes.
Ces critiques ne démontrent pas que les évaluations existantes seraient erronées, mais elles traduisent la demande des signataires d’obtenir une analyse plus large, portant à la fois sur les mesures environnementales et sur les troubles rapportés.
Deux ans après les premières alertes, le collectif et l’association réclament ainsi des investigations qu’ils souhaitent indépendantes, transparentes et adaptées aux enjeux sanitaires. Une pétition a également été mise en ligne pour soutenir cette démarche.
en partenariat avec REGIEPRO


