
Lors du troisième acte de la mobilisation contre la vie chère organisé à Poitiers, trois membres de la Ligue des droits humains ont été contrôlés par les forces de l’ordre. Leur matériel de protection a été confisqué, les contraignant à interrompre leur mission d’observation du maintien de l’ordre.
Un contrôle policier sur la place Notre-Dame
Les faits se sont déroulés le samedi 31 octobre 2026 en milieu d’après-midi, alors que le cortège principal manifestait dans d’autres secteurs de la ville, notamment à la porte de Paris et au rond-point d’Auchan. Une équipe de trois observateurs des libertés publiques de la Ligue des droits humains effectuait une ronde autour du dispositif de sécurité positionné sur la place Notre-Dame. Des agents de la brigade anticriminalité sont alors intervenus pour leur demander de cesser de filmer, avant de procéder à une vérification d’identité, suivie d’une palpation et d’une fouille de leurs sacs à dos.
La confiscation des équipements de protection
À l’issue de ce contrôle, les policiers ont saisi le matériel appartenant à l’association, comprenant des casques, des masques de type FFP2 ainsi que des lunettes. Ces équipements sont jugés indispensables par l’organisation pour se prémunir des éventuels tirs de gaz lacrymogène lors des rassemblements sur la voie publique. Privés de ces éléments de sécurité, les observateurs ont été contraints de renoncer à leur mission sur le terrain ce jour-là. Les représentants locaux de la Ligue des droits humains ont par ailleurs souligné l’absence de rédaction d’un procès-verbal officiel actant cette saisie de matériel.
Des suites annoncées auprès du Défenseur des droits
L’association de défense des libertés rappelle qu’une décision du Conseil d’État rendue en 2023 autorise formellement ses membres à observer les manifestations munis de ce type de protections et à filmer les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Face à ce qu’elle considère comme une entrave inédite depuis les événements de Sainte-Soline, la structure a annoncé son intention de saisir le Défenseur des droits. Le matériel confisqué a finalement pu être récupéré le lendemain, dimanche 1er novembre, au commissariat central de Poitiers.
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