Citoyenneté

Pédophilie : l’Eglise de France reconnaît sa responsabilité

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Crédit jlbrthnn – La Cathédrale d’Angers

La conférence des évêques de France a dit vendredi reconnaître la « responsabilité institutionnelle » de l’Eglise dans les abus sexuels dont ont été victimes des dizaines de milliers d’enfants au cours des dernières décennies en France.

Un geste fort en mémoire aux victimes de pédocriminalité. Evêques, prêtres, responsables d’ordres religieux et fidèles se sont recueillis ce samedi 6 novembre à Lourdes, lors d’une prière de repentance.

«Ici, ensemble, rassemblés pour recevoir le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), nous voulons marquer ce lieu de Lourdes pour un premier témoignage visuel qui fera mémoire de tant de violences, de drames et d’agressions», a déclaré Hugues de Woillemont, porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF). Au total, 120 évêques, qui n’étaient pas vêtus de leurs habits liturgiques à la demande des victimes, les religieux, prêtres et laïcs ont ainsi participer à une cérémonie avant de prier, certains à genoux.

«Petits enfants», «Qui vous a entraîné dans son secret honteux ? Qui a fait de vous sa chose ?», a interrogé Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF et archevêque de Reims, tandis que Véronique Margron, présidente de la Corref (ordres religieux), a dénoncé «la parole interdite, dehors comme dedans» des mineurs victimes d’abus sexuels.

« Je suis saisi par les chiffres. Nul ne pouvait imaginer une telle ampleur. Le choc est immense. Je pense aux personnes victimes pour lesquelles cette journée est éminemment difficile. Je veux ici les remercier d’avoir parlé, d’avoir permis de faire la vérité sur la réalité de ces abus. Je salue le courage de celles et ceux qui sont venus frapper à ma porte. Je leur dis ma peine devant leur souffrance et leur détresse. Je leur demande pardon. » indiquait début octobre l’évêque d’Angers, Monseigneur Emmanuel Delmas

Un lieu de mémoire en réflexion

Une photo montrant une sculpture représentant une tête d’enfant pleurant a été dévoilée. Elle préfigure la construction d’un «lieu de mémoire», décidée en mars par les évêques, mais dont les modalités n’ont pas encore été définies.

Vendredi, sous la pression des victimes et du rapport de la Ciase qui a jeté une lumière crue sur l’ampleur du phénomène de pédocriminalité dans l’Eglise catholique depuis soixante-dix ans, les évêques ont reconnu officiellement la «responsabilité institutionnelle» de l’Eglise et leur caractère «systémique». Des déclarations qui ont fait suite à la publication du rapport Sauvé. Publié début octobre, ce document pointait du doigt un fléau qui a fait plus de 216.000 victimes en France entre 1950 et 2000.

L’archevêque de Reims, qui préside la CEF depuis 2019, devrait s’exprimer lundi en clôture de l’assemblée plénière des évêques et pourrait préciser à cette occasion certaines des réparations que l’Eglise de France entend mettre en place.

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