Grève illimitée des gardes : les pharmaciens montent au front dans la Vienne et les Deux-Sèvres

Depuis le 1er juillet, les pharmacies de la Vienne et des Deux-Sèvres ont cessé de communiquer leurs plannings de garde, conséquence d’une mobilisation nationale menée par les syndicats de la profession. Un mouvement illimité qui perturbe l’accès aux médicaments en dehors des horaires d’ouverture.
Plus de plannings, numéro unique obligatoire
Selon France Bleu, pour connaître les pharmacies de garde le soir ou le week-end, il faut désormais composer le 32 37. Les préfectures réquisitionnent les officines si nécessaire, mais les plannings ne sont plus diffusés au public, mesure phare de cette grève menée par les pharmaciens.
Une réforme gouvernementale dans le viseur
À l’origine de la colère : un nouveau plan d’économies sur les dépenses de santé, annoncé par le gouvernement. Sur les 1,7 milliard d’euros d’économies prévues en 2025, 500 millions concernent le médicament, et notamment les génériques.
Actuellement, les pharmaciens bénéficient de remises allant jusqu’à 40 % sur l’achat de ces médicaments. Ces marges sont jugées essentielles à l’équilibre économique des officines. Le projet gouvernemental entend plafonner ces remises à 20 %.
Des conséquences redoutées sur l’emploi et les médicaments
“Ce sont des produits sur lesquels les industriels ne gagnent plus d’argent. Les industries ne sont pas des philanthropes. Ils arrêtent de commercialiser”, alerte Julien Delage, co-président du syndicat des pharmaciens de la Vienne. Selon lui, cette réforme pourrait entraîner la fermeture d’une dizaine d’officines dans le département d’ici 2026.
Autre inquiétude soulevée : l’aggravation des pénuries de médicaments. Le syndicat rappelle que certaines molécules ont déjà disparu temporairement des rayons, faute de rentabilité. “On a connu il y a six mois une rupture longue du Gaviscon. Ce médicament n’a plus été commercialisé en France, tout simplement parce que le prix de vente que fixe l’État était en dessous du prix de revient pour les laboratoires”, précise Julien Delage.
Les pharmaciens estiment que 5 000 références sont actuellement en rupture et redoutent une hausse de ces pénuries si les laboratoires cessent de produire certains médicaments.


