
L’heure est au bilan pour le syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard, et les chiffres présentés lors du comité syndical du 26 janvier 2026 confirment une année 2025 difficile. L’infrastructure pictave enregistre un recul significatif de son activité commerciale.
Une désaffection généralisée des lignes internationales
Si la ligne Poitiers-Lyon cristallisait déjà les inquiétudes, elle n’est désormais plus la seule à peiner. Le constat est amer : toutes les liaisons régulières voient leur fréquentation s’effriter. La chute la plus spectaculaire concerne la ligne vers Londres, qui a perdu 11,6 % de ses passagers en un an. Barcelone et Édimbourg ne sont pas épargnées avec des baisses respectives de 8,1 % et près de 20 %. Au total, le trafic passager global affiche un repli de 8,9 % sur l’ensemble de l’exercice 2025.
Une incertitude plane d’ailleurs sur l’avenir de la liaison vers la Catalogne : alors que Ryanair a ouvert ses réservations pour la saison estivale 2026, la destination Barcelone reste pour l’heure introuvable au départ de Poitiers. Simple contretemps technique ou retrait définitif ? La question reste en suspens.
L’effet trompe-l’œil des déroutements et des charters
Paradoxalement, l’activité sur le tarmac a semblé intense, mais pour des raisons conjoncturelles. Le nombre de déroutements a plus que doublé, passant de 344 à 722. Ce pic s’explique principalement par les travaux réalisés sur la piste de l’aéroport de Tours en février 2025, forçant de nombreux vols à se reporter sur Poitiers.
Par ailleurs, le segment des vols charters (voyagistes, comités d’entreprise) affiche une belle santé avec une progression de 33 %, passant de 584 à 781 vols. Une dynamique positive qui ne suffit cependant pas à compenser l’érosion des lignes régulières.
Un équipement “essentiel” malgré la tempête
Face à ces résultats moroses, Alain Pichon, président du Département de la Vienne, maintient son soutien indéfectible à l’aéroport. Pour l’élu, l’utilité de Poitiers-Biard dépasse les simples statistiques commerciales. Il met notamment en avant la mission de service public de l’infrastructure, qui assure chaque année une centaine de vols sanitaires cruciaux pour les greffes d’organes.
Tout en reconnaissant la déception actuelle, le président du Département promet de travailler à la relance de nouveaux vols commerciaux pour redonner du souffle à l’aéroport en 2026.


