« Va chier » : la campagne choc contre le cancer colorectal s’affiche en Anjou
C’est une formule qui claque, qui surprend et qui fait sourire autant qu’elle dérange. Depuis le 1er mars, le slogan « Va chier » fait son grand retour sous l’impulsion de la Ligue contre le cancer....

C’est une formule qui claque, qui surprend et qui fait sourire autant qu’elle dérange. Depuis le 1er mars, le slogan « Va chier » fait son grand retour sous l’impulsion de la Ligue contre le cancer. Derrière cette expression volontairement vulgaire, un objectif très sérieux : faire décoller le dépistage du cancer colorectal, encore largement boudé par les Français.
À travers une série de photos pop et audacieuses signées la photographe belge Charlotte Abramow, huit personnalités prêtent leur image à cette campagne nationale. On y retrouve notamment Franck Dubosc, Kyan Khojandi, le champion olympique Enzo Lefort, la journaliste mode Mademoiselle Agnès, l’humoriste Marine Leonardi, la chanteuse Suzane, l’influenceuse Paola Locatelli et l’architecte Anthony Authié. Tous posent devant un cabinet de toilettes, dans une mise en scène léchée qui mêle esthétique, humour et message de santé publique.
Un tabou qui coûte des vies
Si la formule choque, c’est précisément pour briser un silence persistant. Le cancer colorectal reste le deuxième cancer le plus meurtrier en France, avec plus de 17 000 décès par an. Pourtant, détecté tôt, il se soigne dans neuf cas sur dix.
La maladie évolue lentement, souvent sans symptôme pendant plusieurs années. Dans la majorité des cas, elle débute par un simple polype bénin qui peut être retiré avant qu’il ne devienne cancéreux. Le dépistage repose sur un test simple, gratuit, à réaliser chez soi : un prélèvement de selles envoyé en laboratoire. En cas de résultat positif – environ 3 % des tests – une coloscopie permet de confirmer le diagnostic et d’intervenir rapidement.
Malgré cette simplicité, les deux tiers des femmes et des hommes âgés de 50 à 74 ans, invités tous les deux ans par l’Assurance maladie, ne réalisent pas le test. Gêne, peur, idées reçues ou manque d’information freinent encore la participation.
Des chiffres encourageants mais insuffisants en Pays de la Loire
Dans les Pays de la Loire, la mobilisation est légèrement supérieure à la moyenne nationale, sans pour autant atteindre les objectifs fixés. En 2024, plus de 1,19 million de Ligériens étaient éligibles au programme de dépistage. Un peu plus de 407 000 ont effectivement réalisé le test, soit un taux de participation de 34 %, contre environ 30 % au niveau national.
Un résultat honorable, mais encore loin du seuil nécessaire pour infléchir durablement la mortalité liée à ce cancer silencieux.
Mars Bleu : l’Anjou en première ligne
À l’occasion de Mars Bleu, mois national de sensibilisation au cancer colorectal, plusieurs actions sont prévues en Maine-et-Loire. Des rendez-vous sont annoncés à Bécon-les-Granits le 22 mars et à Doué-en-Anjou le 29 mars. Le Côlon Tour®, dispositif immersif et pédagogique de la Ligue contre le cancer, fera également étape à la faculté de droit, d’économie et de gestion d’Angers le 9 mars, puis à Segré-en-Anjou-Bleu les 16 et 17 mars, pour deux journées consacrées à la prévention.
L’objectif est clair : informer, rassurer et rappeler que le dépistage est un geste simple, discret et potentiellement salvateur.
En parallèle, une boutique solidaire en ligne propose t-shirts, mugs et tote bags estampillés « Va chier », dont l’intégralité des bénéfices est reversée à la Ligue afin de financer la recherche et les actions de prévention.
Provocatrice mais efficace, la campagne assume son ton direct pour faire passer un message essentiel. Parce que parfois, dire « Va chier » à ceux qu’on aime peut réellement leur sauver la vie.


