Du champ à l’assiette : comment les collèges du Maine-et-Loire misent sur le local

À Avrillé, le collège Clément-Janequin a ouvert les portes de sa cuisine ce jeudi 4 juin. Une immersion dans les coulisses de la restauration scolaire qui a permis de mettre en lumière le dispositif « Saveurs d’Anjou », porté par le Département pour développer les circuits courts et mieux faire connaître les produits locaux aux collégiens.
Charlotte sur la tête, masque sur le visage et surchaussures aux pieds, Florence Dabin a troqué pour quelques instants son costume de présidente du Département contre un tablier de cuisine. Dans les locaux de restauration du collège Clément-Janequin d’Avrillé, elle s’est prêtée au jeu en participant à la préparation du service du midi, entre découpe de tomme de Saint-Clément-de-la-Place et dressage des desserts à la fraise.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre du programme « Saveurs d’Anjou », une démarche qui vise à favoriser l’introduction de produits locaux dans les cantines des collèges publics du Maine-et-Loire. Derrière cette initiative, l’objectif est autant agricole qu’éducatif.
Une alimentation de qualité comme levier de réussite
Pour les élus et les professionnels présents, la restauration scolaire joue un rôle bien plus large que celui de nourrir les élèves.
« Le déjeuner, c’est parfois le seul repas équilibré et pris assis de la journée pour certains jeunes », rappelle Patricia Arthus, vice-présidente de la Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire. « C’est aussi un moment d’échange et de convivialité. Bien manger participe à l’équilibre des élèves et au climat scolaire. »
À Avrillé, cette philosophie se traduit concrètement dans les assiettes. Aujourd’hui, 44 % des produits servis aux 580 demi-pensionnaires du collège proviennent de filières locales. Une proportion qui place l’établissement dans la dynamique impulsée par le Département.
À l’échelle du Maine-et-Loire, près de 17 700 collégiens déjeunent chaque jour dans les établissements publics. Au total, ce sont environ 2,5 millions de repas qui sont préparés chaque année. Le dispositif « Saveurs d’Anjou » concerne désormais 39 des 50 collèges publics du département.
Des produits du territoire à la carte
Ce jeudi midi, les élèves pouvaient retrouver dans leur menu plusieurs spécialités issues du territoire : des asperges cultivées aux Ponts-de-Cé, de la mogette biologique du Lion-d’Angers, de la tomme produite à Saint-Clément-de-la-Place ou encore des fouées préparées sur place.
Dans la cuisine, Valérie Courtin, cheffe de restauration, s’attache également à sensibiliser les élèves à l’origine des aliments. Chaque jour, elle met à jour une carte des Pays de la Loire indiquant la provenance des produits servis.
Une façon concrète de relier les jeunes à leur territoire tout en valorisant le travail des producteurs locaux.
Un soutien aux agriculteurs du Maine-et-Loire
Car derrière chaque repas, ce sont aussi des exploitations agricoles qui bénéficient de ces débouchés de proximité.
Pour faciliter les échanges entre producteurs et établissements scolaires, le Département encourage l’utilisation de la plateforme Approlocal. Cet outil permet aux chefs de cuisine de commander directement auprès de producteurs référencés en fonction de leurs besoins et des saisons.
« L’un de mes objectifs est de proposer des repas équilibrés, variés et adaptés aux produits disponibles localement », souligne Florence Dabin. « Approlocal facilite la mise en relation entre les exploitants agricoles et les établissements. »
Aujourd’hui, 118 producteurs sont inscrits sur la plateforme développée en partenariat avec la Chambre d’Agriculture.
Une cantine accessible malgré le coût réel des repas
Si l’accent est mis sur la qualité des produits, la collectivité veille également à maintenir un coût supportable pour les familles.
Le prix moyen facturé aux parents s’élève à 4,10 euros par repas. Un montant bien inférieur au coût réel estimé à 9,50 euros lorsque sont intégrées l’ensemble des charges de fonctionnement.
Pour les ménages les plus modestes, le dispositif « Ticket-Déj’ » permet en outre de bénéficier d’une réduction comprise entre 30 et 50 euros sur les factures de cantine selon le niveau de bourse.
La lutte contre le gaspillage en ligne de mire
L’engagement du Département ne s’arrête pas à l’approvisionnement local. La réduction du gaspillage alimentaire fait également partie des priorités.
Face à des produits de qualité souvent plus coûteux, les équipes de restauration multiplient les actions de sensibilisation auprès des élèves. Les déchets alimentaires sont également valorisés grâce à des dispositifs de méthanisation permettant de produire de l’énergie.
De la production agricole jusqu’au traitement des déchets, le programme « Saveurs d’Anjou » entend ainsi construire une chaîne alimentaire plus locale, plus durable et plus vertueuse. Une ambition qui, chaque midi, se retrouve directement dans l’assiette des collégiens du Maine-et-Loire.
Aidan Bossard


