Poitiers : une vague de dégradations vise une cinquantaine d’arbres, le préjudice estimé à 100 000 euros

Depuis plusieurs semaines, la Ville de Poitiers est confrontée à une série de dégradations touchant son patrimoine arboré. Une cinquantaine d’arbres répartis sur différents sites de la commune, notamment sur l’îlot Tison, présentent des blessures importantes qui pourraient compromettre leur survie.
Des arbres mutilés dans plusieurs secteurs de la ville
Selon France 3, les premiers constats ont été effectués il y a environ un mois. Depuis, les services municipaux ont recensé de nombreux arbres endommagés dans différents espaces verts de Poitiers.
Saules, érables ou encore cyprès figurent parmi les espèces touchées. Les dégradations observées suivent un schéma similaire : l’écorce est arrachée ou profondément lacérée depuis la base du tronc jusqu’à plus d’un mètre cinquante de hauteur.
Le directeur nature et biodiversité de Grand Poitiers, Thomas Rodier, décrit ces dommages : « On a des dégradations, des déchirements d’écorce, du collet, c’est-à-dire la base de l’arbre, jusqu’à environ 1,60 m, 1,70 m. Ce sont des attaques plutôt de type canin. »
Des conséquences potentiellement irréversibles
Ces atteintes représentent une menace directe pour la santé des arbres concernés. L’écorce joue un rôle essentiel dans leur fonctionnement et sa disparition peut entraîner leur dépérissement.
« L’écorce, c’est une partie vraiment vitale sur l’arbre. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’intérieur de l’arbre, globalement, il est mort, ce qu’on appelle le duramen. Et donc enlever ça, c’est comme si on enlevait nos vaisseaux sanguins. Si on a un coup de chaud qui arrive et qu’on n’a pas une circulation suffisante, ça peut compromettre la vie de l’arbre. Il peut mourir », explique Thomas Rodier.
Selon l’ampleur des blessures constatées, plusieurs arbres pourraient ne pas survivre et nécessiter un abattage.
Un coût important pour la collectivité
Au-delà de l’impact écologique, la municipalité souligne les conséquences financières de ces dégradations.
L’adjoint à la végétalisation de la Ville de Poitiers, Anis Rahi, précise : « Il y a des barèmes nationaux qui permettent d’évaluer de manière objective le coût, le préjudice d’un arbre. Évidemment, ce sont des estimations parce qu’un arbre qui n’existe plus, c’est de l’ombre qui n’existera plus. Donc au niveau du préjudice estimé à ce jour, on est à environ 100 000 euros. »
Cette estimation tient compte de la valeur des arbres touchés ainsi que des services environnementaux qu’ils rendent aux habitants, notamment en matière de fraîcheur et de qualité du cadre de vie.
Une enquête ouverte pour identifier les responsables
Face à la multiplication de ces actes, une enquête a été ouverte afin de déterminer l’origine exacte des dégradations et d’identifier le ou les propriétaires des animaux susceptibles d’être impliqués.
La Ville de Poitiers dispose d’un patrimoine arboré estimé à près de 40 000 arbres et entend préserver ce capital végétal face à ces atteintes répétées.


