Clinique de l’Anjou : les médecins sortent du silence et soutiennent la direction
Alors que le mouvement social se poursuit à la Clinique de l’Anjou, à Angers, une très large partie du corps médical a choisi de prendre publiquement position. Dans un communiqué diffusé ce lundi 15 juin, les praticiens signataires affichent leur soutien à la direction de l’établissement et appellent à une résolution rapide du conflit afin de limiter les conséquences pour les patients.

Depuis plusieurs jours, les tensions sociales perturbent le fonctionnement de la clinique angevine. Les revendications portent notamment sur les conditions de travail et le pouvoir d’achat des salariés. Dans ce contexte, les médecins signataires disent entendre les préoccupations exprimées par les équipes soignantes, médico-techniques, administratives et logistiques.
« Nous connaissons leur engagement quotidien au service des patients », soulignent-ils, tout en rappelant leur respect pour l’ensemble des professionnels mobilisés au sein de l’établissement.
« Préserver l’avenir de la clinique »
Mais les praticiens souhaitent également rappeler les spécificités de la Clinique de l’Anjou. Dans leur communiqué, ils insistent sur le statut particulier de l’établissement, dont la gouvernance repose sur une congrégation religieuse et deux associations loi 1901, sans actionnaires médicaux ni versement de dividendes.
Selon eux, l’ensemble des ressources financières est réinvesti dans le fonctionnement de la clinique, ses équipements et l’amélioration de la prise en charge des patients.
Les médecins rappellent également les contraintes économiques auxquelles sont confrontés les établissements de santé privés. Les tarifs des actes étant fixés par l’État, les marges de manœuvre financières restent limitées. Une situation qui, selon eux, est encore plus sensible pour la Clinique de l’Anjou, engagée dans plusieurs missions de service public, notamment l’accueil des urgences et l’activité de maternité.
Dans ce contexte, les signataires estiment que la direction agit « avec responsabilité » afin d’assurer la pérennité de l’établissement, qui emploie plus de 700 salariés.
L’inquiétude face aux reports d’interventions
Au-delà des enjeux sociaux, c’est surtout la situation des patients qui préoccupe les praticiens. Les médecins se disent particulièrement inquiets des conséquences du blocage actuel de l’activité chirurgicale.
La suspension de nombreuses interventions programmées entraîne déjà des retards de prise en charge pour des patients du territoire. Les signataires évoquent notamment certaines interventions en cancérologie, où les délais supplémentaires peuvent avoir des conséquences importantes sur l’évolution de la maladie.
Pour eux, la continuité des soins doit demeurer la priorité absolue.
Un appel au dialogue
Face à cette situation, les médecins appellent l’ensemble des parties à poursuivre les discussions afin de trouver une issue rapide au conflit.
« La priorité commune doit rester la prise en charge des patients et la préservation d’un établissement de santé essentiel pour le bassin angevin et au-delà », écrivent-ils.
Le communiqué est porté par le Dr Julien Bacle, président de la Commission médicale d’établissement (CME), et rassemble des praticiens de nombreuses spécialités : angiologie, chirurgie digestive, chirurgie plastique et reconstructrice, chirurgie vasculaire, endocrinologie, gastro-entérologie, gynécologie-obstétrique, ORL, ophtalmologie, stomatologie, chirurgie maxillo-faciale et urologie.


