Le Quai CDN et le CNDC dévoilent leur programmation

Les équipes du CDN et du CNDC se sont réunies lundi 22 juin avec la presse pour présenter leur programmation 26-27, un jour avant le rendez-vous avec le public prévu ce soir.
C’est une saison spéciale qui s’ouvre au Quai, bercée par deux anniversaires. L’année 2026, bien qu’elle soit désormais entamée de moitié, célèbre les 20 ans du label CDN. D’un autre côté, 2027 sera le moment de souffler la vingtième bougie du Quai. Le contexte s’annonce festif pour toutes les parties, qui ont dévoilé les différentes composantes berceront une partie de la saison culturelle 26-27 des Angevins. Entre questionnement futur, foisonnement des grands plateaux et exploration temporelle d’histoires internationales, la danse et le théâtre continuent de s’entremêler au Quai.
Sortir du flou le temps d’une année
« Il y a une bataille culturelle en ce moment, l’accès pour tous à l’art est constamment remis en cause » constate Jacques Peigné, directeur délégué du Quai CDN, « Depuis le retrait de la Région, on accentue notre lutte pour l’accessibilité » ajoute Marion Colleter, directrice déléguée du CNDC. Des choix ont dû être faits, mais les sourires qui se lisent sur les lèvres de tout le monde poussent à l’optimisme. Il y a un an et demi, leur budget était grandement amputé par le choix de la Région Pays de la Loire. Selon Marcial Di Fonzo Bo, c’était à l’époque « 20 à 30 de la saison qui était coupée » au CDN. Un post Facebook du CNDC expliquait la perte de 123 500 euros annuels pour l’institution de danse. « Les subventions donnent du travail à bon nombre de familles angevines, et offrent une meilleure accessibilité à la culture. Sans elles, le vrai coût des billets pourrait être 10x plus cher. » insiste le directeur artistique du Quai, rappelant que dans les 7 millions d’euros qui composent le budget annuel du Quai, l’argent venu de la billetterie représente 500 000 euros, tout comme la vente de spectacles. Malgré toutes ces difficultés, la programmation 26-27 est là, et se veut être la plus qualitative possible.
CDN, au féminin
Sous la direction de Marcial Di Fonzo Bo et de Jacques Peigné, le CDN se prépare à une année riche, placée sous le joug de l’exploration et de la création. « La question de la maison de création est centrale pour nous, encore plus lorsque l’on prête attention au contexte. » explique le directeur artistique du Quai. La saison s’ouvrira avec la pièce « À nos enfants heureux », mise en scène par Sonia Chiambretto et interprétée par Inès Quaireau et Dylan Roncin. « Elle s’est basée sur des rencontres réelles qu’elle a pu faire dans des lycées et autres lieux de jeunesse. » poursuit Marcial Di Fonzo Bo, « Il s’agit d’un dialogue entre les jeunesses de la campagne et de la ville. ». Un duo Chiambretto-Quaireau que l’on retrouvait déjà dans une création de l’année passée, « Au Bon Pasteur, peines mineures (2) ». Sensation reconduite après un passage réuni au Festival d’Anjou, avec une ambition plus large. « Le fond de ce projet, c’est que cette représentation voyage là où le Bon Pasteur est passé et d’accompagner les victimes dans leur combat. » déclare le metteur en scène, alors que les associations continuent de demander reconnaissance et dédommagements auprès de l’État et de la congrégation.Un spectacle interprété par une femme, Inès Quaireau, et pour des femmes, symbole d’une saison dans laquelle « beaucoup de créations seront portées par des artistes féminines, notamment sur grand plateau ». De « Maria Magdalena » à « La Maison de Bernarda Alba » en passant par « Et au-delà rien n’est sûr », les hommes n’ont qu’à bien se tenir. Des sons à consonances hispaniques et Marcial Di Fonzo Bo l’avoue, « il y a un petit focus espagnol cette année ». Cela n’empêche en rien l’exploration d’autres contrées, avec « Le cabaret de Téhéran » mis en scène et interprété par l’Iranien Gurshad Shaheman, ou encore « Lacrima » mise en scène par Caroline Guiela Nguyen explorant le travail de l’ombre produit par les couturières d’une robe de mariage à Paris, Alençon et Mumbai.
Trois grandes thématiques pour le CNDC
Encore une petite année et demie d’attente avant de fêter le demi-siècle de la création du CNDC. Si la tension monte, la meilleure manière de préparer une saison qui s’annonce historique est peut-être de se concentrer sur le présent et de se projeter le moins possible, ou bien alors d’assumer les deux problématiques actuelles que rencontre l’institution et de mêler le lendemain à incertitude et au questionnement. « La saison 26-27 possède trois grands axes, dont un centré sur le futur. C’est une thématique importante, que les artistes imagineront avec inquiétude eux-mêmes » explique Marion Colleter. Ce sera notamment le cas de Liz Santoro et de Pierre Godard dans leur spectacle « This is unreal », qui questionnera le sens du réel face à la recopie et la falsification de celui-ci par l’intelligence artificielle. Les deux autres axes se concentreront à la fois sur la question du collectif et de l’unisson, et sur la mémoire et les histoires oubliées. « Le choix de cette thématique servira à observer comment, par le mouvement, on peut faire ressurgir des souvenirs passés. » ajoute la directrice déléguée du CNDC.
Cette saison sera aussi mère d’un changement majeur puisque Maud Blandel et Léa Vinette, artistes associées accueillies en résidence depuis le 1er janvier 2024 s’en iront. Trois années clôturées par deux représentations, Léa Vinette performera « Éclats » le 2 décembre au musée Jean-Lurçat et Maud Blandel présentera « Same Old Song » les 3 et 4 décembre en T400. Des départs en attendant des arrivées, mais aussi des retrouvailles. La venue évènement du Ballet de Lyon à Angers signera le retour de Lucinda Childs qui viendra présenter « Dance », créée en 1979 qui s’est depuis imposée comme l’une des œuvres majeures du minimalisme américain. Elle sera accompagnée de Katerina Andreou qui viendra présenter sa dernière création, « We need Silence ».
La présentation de la nouvelle programmation du Quai aura lieu ce mardi 23 juin à 19h au Quai ou en direct sur le site internet lequai-angers.eu . Les horaires d’ouverture de la billetterie seront quant à eux modifiés pour cette fin de semaine.


