A Angers, une opération prévention pour contrer le nombre de noyades pendant la canicule

Ce jeudi 9 juillet 2026, le Lac de Maine à Angers accueillait une opération de sensibilisation majeure, en présence du directeur de cabinet de la préfecture de Maine-et-Loire, Cyrille Lefeuvre. Au programme : une série d’activités pédagogiques pour enseigner aux jeunes nageurs les réflexes essentiels afin de limiter les risques d’accidents.
Des chiffres alarmants
C’est la grande préoccupation de cet été 2026. Face à des vagues de chaleur alarmantes, les points d’eau prisés par le public s’imposent comme d’indispensables refuges, mais la baignade s’effectue trop souvent hors des zones surveillées.
Le contexte local est particulièrement lourd : sur la période de mai à juin, on dénombre déjà quatre décès par noyade en Maine-et-Loire. Les données indiquent que 41 % de ces drames surviennent dans des cours d’eau. « Quand on regarde les statistiques nationales au mois de juin, par rapport aux moyennes des années précédentes à période égale, on enregistre 130 % de noyades en plus, et 170 % de décès supplémentaires. Il y a donc un vrai enjeu d’accompagnement », confirme avec dépit le directeur de cabinet de la préfecture, qui insiste sur la nécessité absolue de privilégier les espaces sécurisés.
Pour la préfecture qui organise l’évènement, cette journée de prévention annuelle est l’occasion idéale de rappeler les bons réflexes en cas de fortes chaleurs. Le premier consiste à ne se baigner que dans des zones surveillées, strictement entre les drapeaux, que ce soit sur le littoral, dans les piscines ou dans les 13 plans d’eau répertoriés du département. Le second, tout aussi crucial, est de ne jamais perdre les enfants de vue : un adulte responsable doit toujours assurer une surveillance active.
Des activités bon enfant
Sur les rives du Lac de Maine, trois ateliers attendaient les enfants âgés de 4 à 12 ans. À l’ombre, un premier groupe s’est installé autour de cahiers de vacances ludiques pour apprendre à bien s’hydrater et à choisir les vêtements adaptés pour ne pas trop subir la chaleur. Un peu plus loin, du côté de la cabane du lac, la Protection civile animait un atelier dédié aux premiers secours.
Enfin, les jeunes participants ont pu passer le test d’aisance aquatique. Cet examen, obligatoire pour la pratique d’activités nautiques comme le paddle ou le kayak, évalue la capacité des mineurs à réagir dans l’eau.
Le parcours est codifié : les enfants doivent d’abord sauter depuis une plate-forme, réaliser une « étoile de mer » sur le dos pendant cinq secondes, maintenir une sustentation verticale durant cinq secondes également, avant de se déplacer en immersion pour franchir un obstacle sous une ligne de flottaison et terminer le tracé. Une après-midi entière supervisée par les maîtres-nageurs du site et la Protection civile de Maine-et-Loire, auprès de trente jeunes de l’accueil de loisirs et de volontaires déjà présents sur la plage.
Des formations renforcées pour les maîtres-nageurs
Face à la multiplication des épisodes caniculaires, la préfecture et la mairie d’Angers accordent une attention toute particulière à la formation des encadrants professionnels. « Tous nos moniteurs présents au Lac de Maine ont été formés pour expliquer à tous les jeunes qui viennent aujourd’hui la manière dont ils peuvent profiter de l’eau tout en restant vigilants », met en avant Dimitri Loiseau, adjoint aux sports de la Ville d’Angers.
Ludovic Dupont, maître-nageur supervisant les tests d’aisance, détaille concrètement le contenu de ces modules : « Les formations intègrent la manière dont on répond aux préconisations en période de canicule. C’est-à-dire savoir intervenir auprès des différents publics pour rappeler l’importance de l’hydratation, du port de la casquette, du t-shirt, de la crème solaire et du maintien à l’ombre. C’est sur tout cela que nous insistons particulièrement cette année, en diffusant régulièrement des messages de prévention. »
La baisse de l’apprentissage de la natation en question
Au-delà de la météo, les maîtres-nageurs doivent composer depuis plusieurs années avec un autre paramètre complexe : le recul du niveau d’apprentissage de la natation chez les plus jeunes. Un constat qui modifie la perception même du sauvetage, comme l’explique Ludovic Dupont : « Là où, auparavant, on prenait le temps d’apprendre réellement à nager à un enfant et où les parents avaient cette exigence, on est aujourd’hui davantage sur du “savoir se sauver“. C’est-à-dire que si l’enfant tombe à l’eau, il doit être capable de remonter seul sur le bord. Souvent, les familles ont tendance à s’arrêter à ce niveau-là. »
Une réalité parfois frustrante pour les professionnels, qui ont le sentiment que le travail n’est pas mené à son terme, et un défi de taille pour la préfecture qui continue face aux défis pour un accès facilité aux équipements nautiques et aux piscines, notamment en milieu rural.
Aidan Bossard


