À Avranches, la transformation de l’ancienne gendarmerie en appartements divise profondément le conseil municipal

Le projet de réhabilitation de l’ancienne gendarmerie d’Avranches en immeuble résidentiel continue de susciter de vives frictions entre la majorité municipale et les élus de l’opposition. La transformation de ce bâtiment public en sept logements cristallise les tensions autour de la gestion du stationnement dans le centre-ville, tout en se heurtant à des complexités juridiques et à des interrogations d’ordre environnemental.
Une bataille acharnée autour de la privatisation des places de stationnement
La cession de l’ancienne caserne située sur la place Jean-de-Saint-Avit, actée pour 119 000 euros au profit d’un promoteur local chargé d’y créer 476 mètres carrés d’aménagements habitables, se heurte au défi logistique du stationnement dans un secteur déjà très fréquenté. Afin de doter les futurs résidents d’emplacements dédiés, la majorité municipale a fait voter la vente d’une parcelle de 220 mètres carrés pour 40 000 euros, actant la privatisation d’une dizaine de places situées dans la cour du tribunal. Les conseillers de l’opposition ont vivement contesté la suppression de ces stationnements publics indispensable aux usagers de la justice, tandis que l’exécutif municipal a défendu sa décision en annonçant l’aménagement compensatoire de quinze nouvelles places au pied de la juridiction, dans le jardin de l’Évêché, en précisant que les emplacements réservés aux forces de l’ordre et aux personnes à mobilité réduite resteraient accessibles à tous dans la cour principale.
Un montage juridique complexe pour préserver le passage public du porche
Au-delà des querelles logistiques liées aux véhicules, le dossier a exigé une rectification technique de la part des services de la Ville en raison d’un obstacle réglementaire inattendu. Le porche architectural qui traverse le bâtiment servant historiquement de voie de passage pour les piétons, une vente globale et définitive de la parcelle s’est révélée juridiquement impossible en vertu du principe d’inaliénabilité régissant le domaine public. Pour contourner cette barrière légale sans compromettre l’opération immobilière, l’assemblée communale a dû procéder à un second vote visant à modifier la délibération initiale en adoptant une division en volumes, un montage spécifique permettant à la municipalité de conserver la propriété perpétuelle du porche au sein de son patrimoine tout en cédant les étages et les cellules d’habitation au promoteur privé.
Des inquiétudes sanitaires soulevées face à la présence de radon
Le débat municipal a finalement glissé sur le terrain de la santé publique à la suite d’une alerte émise par un représentant de l’opposition concernant la qualité de l’air à l’intérieur de l’ancienne infrastructure militaire. S’appuyant sur les conclusions d’une expertise technique, un élu a mis en garde le conseil contre une concentration de radon, un gaz radioactif d’origine naturelle fréquemment émis par les sous-sols granitiques de la région, qui dépasserait les seuils réglementaires dans la bâtisse. Le premier édile d’Avranches s’est toutefois employé à rassurer l’assemblée en relativisant la portée de ces analyses, rappelant aux élus que ces émanations gazeuses se retrouvent de manière parfaitement similaire dans l’ensemble des habitations du territoire communal et que leurs conséquences sur les futurs occupants demeurent extrêmement mesurées.


