À Poitiers les aménagements du Pont-Neuf provoquent des inondations à répétition dans un commerce d’informatique

Située dans le quartier du Pont-Neuf à Poitiers, une boutique spécialisée dans le dépannage et la vente de matériel informatique fait face à une succession de sinistres à chaque épisode de fortes pluies. Selon les informations rapportées par Centre Presse, le commerce Max-E informatique a subi le vendredi 17 juillet 2026 sa sixième inondation en l’espace de seulement vingt mois, une situation critique et usante que les gérants imputent directement aux récents travaux de modification de la voirie réalisés au niveau de ce carrefour routier.
Une protection naturelle disparue depuis la réfection de la chaussée
Installés depuis septembre 2011 à l’intersection de la route de Gençay et de la rue du Pont-Neuf, les commerçants n’avaient jamais été confrontés à des infiltrations d’eau avant l’automne 2024. Jusqu’à cette date, la configuration de la rue, dotée d’une pente inverse, d’un trottoir surélevé et d’une bouche d’égout stratégiquement placée, faisait naturellement barrage aux précipitations et protégeait le pas de la porte. Les gérants constatent que les travaux d’aplanissement de la surface et le remplacement des anciens avaloirs par de simples grilles d’évacuation ont radicalement modifié l’écoulement des eaux pluviales, ces nouvelles infrastructures se révélant insuffisantes lors des pluies d’intensité importante.
La convergence des ruissellements vers un local en contrebas
Le local commercial se trouvant désormais en contrebas d’un niveau de quelques marches, il reçoit directement les ruissellements qui convergent en masse depuis les axes de Gençay, de Nouaillé et du Pont-Neuf. Ce phénomène d’inondation est par ailleurs nettement aggravé par la saturation du réseau d’assainissement municipal, une bouche d’égout située juste en face de l’enseigne débordant régulièrement lors des orages pour transformer la chaussée en véritable torrent urbain. D’autres professionnels du secteur pâtissent également de ces défauts d’évacuation, à l’image d’un restaurateur voisin dont la terrasse est fréquemment touchée par des refoulements d’égout lors des épisodes intempérieux.
Des dommages matériels et juridiques qui fragilisent l’activité
Face à cette répétition de sinistres, les propriétaires de l’enseigne ont été contraints de réorganiser leur espace de vente afin d’installer l’ensemble du matériel informatique hors de portée de l’eau. Si les stocks sont aujourd’hui sécurisés, le bâtiment accuse en revanche de nombreux dommages structurels, avec des revêtements de sol et des meubles gondolés par l’humidité, ainsi que des déformations sur la porte d’entrée qui a souffert de la pression de l’eau. Pris au piège d’un imbroglio juridique entre leur assurance professionnelle et celle du propriétaire des murs, qui n’est pas couvert contre le risque d’inondation, les commerçants envisagent la mise en place d’un barrage amovible de fortune pour sceller leur entrée, tout en réclamant des correctifs pérennes à la municipalité pour ne pas être contraints de délocaliser leur activité.


