Les proches de Tiphaine Véron révèlent l’existence d’un appel téléphonique mystérieux huit ans après sa disparition au Japon

La famille de la Poitevine Tiphaine Véron, disparue le 29 juillet 2018 à Nikko au Japon, vient de rendre publique une nouvelle information qui tend à renforcer la piste criminelle face à la thèse accidentelle de la police locale. Les analyses téléphoniques ont mis en lumière une manipulation suspecte de son appareil portable plusieurs heures après le moment supposé de son départ de son hôtel, contredisant les déclarations du gérant de l’établissement. Alors que la famille se trouve actuellement sur le territoire nippon pour commémorer le huitième anniversaire de sa disparition et ériger une stèle en sa mémoire, ces nouveaux éléments relancent l’espoir d’obtenir des réponses concrètes des autorités locales et judiciaires.
Une manipulation téléphonique détectée l’après-midi de sa disparition
Grâce à des investigations menées en septembre 2025 dans le cadre de l’information judiciaire confiée au pôle des affaires classées de Nanterre, un examen approfondi des données de l’opérateur de la touriste a permis de découvrir qu’un appel de quelques secondes avait été émis vers son propre répondeur le 29 juillet à 14 heures. Alors que les données de géolocalisation prouvaient déjà sa présence au sein de l’hôtel Turtle Inn à 11 h 40 — contrairement aux affirmations de l’hôtelier qui situait son départ à 10 heures —, les proches estiment que cet appel de très courte durée correspond à la manipulation involontaire d’un tiers sur un téléphone déverrouillé. L’absence de connexion de l’appareil aux réseaux wifi publics extérieurs jusqu’à sa déconnexion définitive à 18 heures renforce, pour la famille, l’hypothèse selon laquelle la jeune femme se trouvait toujours à l’intérieur du bâtiment en milieu d’après-midi.
Des analyses biologiques indépendantes et des enregistrements vidéo toujours inaccessibles
Le dossier reste par ailleurs marqué par l’impossibilité d’accéder aux huit cents heures d’enregistrements du système de vidéosurveillance de la ville de Nikko, dont les juges d’instruction français attendent toujours une copie officielle. Les zones d’ombre concernent également les prélèvements scientifiques au sein de la chambre occupée par la Poitevine, où des traces biologiques de sang avaient été révélées lors d’une inspection policière au luminol sans qu’aucun rapport d’analyse officiel ne soit transmis. Face à ce manque de retour, la famille avait mandaté en décembre 2022 des experts indépendants pour procéder à une dizaine de prélèvements discrets dans cette même pièce, lesquels ont permis d’extraire des profils ADN dont la quantité s’est toutefois avérée insuffisante pour identifier formellement l’empreinte génétique de la disparue.
Une pression diplomatique accrue et l’intervention de l’inspection de la police nippone
Désireux d’obtenir des éclaircissements sur ces multiples anomalies, les proches ont planifié une rencontre décisive avec les enquêteurs de la police de Nikko le 28 juillet 2026, au cours de laquelle ils seront pour la première fois assistés par un délégué de la police nationale de Tokyo envoyé à la suite de démarches de la diplomatie française. En parallèle de cet entretien, la famille a mandaté son conseil local pour saisir officiellement la commission de sécurité publique de la préfecture de Tochigi, l’équivalent nippon de l’inspection générale de la police, afin qu’elle examine les manquements des premières investigations territoriales. Ces démarches s’inscrivent dans une semaine de mobilisation pour les proches de la disparue, qui inaugureront le 29 juillet une statue à son effigie sur un terrain privé nippon en présence de l’ambassadrice de France au Japon.


