
Dans le cadre d’un vaste chantier d’été qui s’étale du 1er juillet au 31 août 2026, la médiathèque d’Alençon a entrepris le nettoyage complet de sa collection conservée dans la nef de l’ancienne église des Jésuites. Selon les informations rapportées par Ouest-France, cet entretien d’exception concerne près de 15 000 ouvrages séculaires, pris en charge par des étudiantes spécialisées afin d’assurer la conservation préventive de ce patrimoine exceptionnel.
Un protocole de minutie pour préserver l’histoire
Installée au rez-de-chaussée de ce bâtiment historique devenu bibliothèque municipale en 1803, la collection regroupe des écrits publiés entre le XVIe et le XXe siècle, dont beaucoup furent confisqués à la noblesse et au clergé pendant la Révolution française. Afin d’intervenir sur ces documents particulièrement fragiles, l’établissement a fait appel à des élèves diplômées d’un CAP d’art de la reliure au lycée Paul-Cornu de Lisieux. Durant toute la période estivale, ces intervenantes se relaient dans la salle temporairement fermée au public pour extraire délicatement chaque volume de son alvéole, désinfecter les étagères en bois à l’alcool et s’assurer de la bonne conservation générale des fonds.
Des gestes précis et un matériel de haute précision
Le processus de nettoyage suit une méthodologie rigoureuse pour éliminer l’accumulation de saletés sans détériorer les reliures. Les opératrices emploient un aspirateur spécifique doté d’une brosse très douce, conçu pour ne réémettre aucune particule dans l’air ambiant. Cet équipement est passé méthodiquement sur les tranches, les couvertures ainsi que sur les premières et dernières pages de chaque tome, avant un passage au chiffon et à la gomme en latex pour déloger la poussière incrustée. Ce traitement permet également d’effectuer un contrôle sanitaire méticuleux : si des traces de moisissures ou de parasites étaient détectées, le livre serait immédiatement isolé en vue d’un traitement d’urgence avec l’appui des institutions nationales.
De précieux trésors cachés entre les pages
Au-delà de la rigueur technique, cette opération d’entretien réserve de véritables découvertes historiques au fil de la manipulation des volumes. En feuilletant les pages pour les nettoyer, les étudiantes tombent régulièrement sur des objets oubliés par les lecteurs des siècles passés, à l’image d’images pieuses anciennes, d’herbiers séculaires préservés, de morceaux de dentelle de papier ou encore d’annotations manuscrites rédigées il y a plus de deux cents ans. Ce travail de longue haleine, qui s’accompagne d’une vérification systématique des inventaires de la ville, permettra de restituer en septembre un fonds patrimonial parfaitement assaini et répertorié.


