L’un des Marseillais suspectés d’avoir laissé pour mort un homme dans une grotte à Saumur reste en prison

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a maintenu en détention, ce vendredi 7 août 2026, l’un des deux Marseillais suspectés de “tentative de meurtre” et d’une “séquestration” à Saumur (Maine-et-Loire) en mars 2024 dans le cadre d’un “contrat”.
Un ami de la victime avait donné l’alerte à la brigade de gendarmerie de Saumur le 17 mars 2026. Son ami Houssam était “séquestré dans une maison abandonnée” et “blessé par balles”… La famille de cet homme originaire de Sainte-Luce-sur-Loire, à côté de Nantes (Loire-Atlantique), l’avait effectivement vu partir du domicile “dans la journée” avec un certain “Dylan” et il n’était jamais “réapparu“.
Le lendemain, la victime avait été retrouvée à Saumur, “devant une cavité troglodyte” avec “quatre impacts de balles” dans le tronc, la fesse, la main et la cuisse. Il avait “passé la nuit dans la grotte entre la vie et la mort” et a “écrit en lettres de sang le nom de l’ami qui l’avait accompagné” jusque là, a fait savoir le magistrat de la chambre de l’instruction chargé de rapporter l’affaire. Une interruption totale de travail (ITT) d’un mois lui a été prescrite.
Entendu le 19 mars 2026 après avoir été opéré, Houssam avait expliqué avoir effectivement été emmené par Dylan de Nantes à Saumur avec d’autres individus. Arrivé en Maine-et-Loire, à 150 km de chez lui, il avait été “remis à deux Marseillais“, “transféré dans un autre véhicule” et “amené dans la grotte“. L’un d’eux lui avait alors “tiré dessus“.
La nuit précédent son enlèvement, Houssam avait en fait opéré “un voyage” qu’il pensait être “pour acheminer de l’argent“. Mais il lui avait été demandé par “un détenu de 37 ans” d’emmener “deux plaquettes de cannabis à Châteauroux (Indre)“. Il avait “pris le sac sous la pression” mais était en réalité “reparti” chez lui “en le jetant sur le trajet“. Le lendemain, “Dylan est revenu le frapper“, avant de l’embarquer.
“TANT QUE TU PAYES MOI J’ETEINS QUI TU VEUX FREROT“
L’enquête a donc permis d’identifier ceux désignés comme “les deux Marseillais” qui avaient aussi “menacé” la victime sur les réseaux sociaux : Alessandro XXX, 22 ans – 20 au moment des faits -, et Nicolas XXX, dont l’âge n’a pas été indiqué lors de l’audience. Tous deux auraient agi “pour le compte d’un donneur d’ordre“, potentiellement ce “détenu de Châteauroux“. “Qu’est-ce que j’en fais ?“, aurait demandé le premier à un troisième homme en visio, tandis qu’il acheminait la victime vers la grotte. “Mets le dans le coma, fais lui des trucs bizarres, tue-le, je ne veux plus en entendre parler“, lui aurait répondu son interlocuteur au téléphone.
Interrogé par le juge d’instruction en février 2025, Alessandro XXX – qui n’a pas été “reconnu précisément” par la victime, contrairement à Nicolas XXX – a expliqué qu’il avait séjourné à Saumur avec son ami pour “voir des escorts” et “s’alcooliser“, il a contesté les faits, expliquant avoir “prêté sa ligne” à quelqu’un : celle-ci “borne” en effet sur la zone de la grotte au moment des faits.
“Je viens de Marseille frère, je fais du sale dans toute la France, y a pas de souci tant que tu payes moi j’éteins qui tu veux frérot“, aurait-il aussi jugé utile de dire à un interlocuteur sur Snapchat. L’exploitation de ce réseau social a permis d’établir qu’il avait pu répondre à “un contrat“. Nicolas XXX l’a aussi “incriminé” avant de “revenir sur ses déclarations“… Les deux auraient même “préparé la confrontation par téléphone” depuis leurs lieux de détention respectifs…
A seulement 22 ans, Alessandro XXX a déjà été condamné six fois par la justice, principalement alors qu’il était encore mineur. Les “éléments” de personnalité sont “assez inquiétants” puisqu’il a “des traits psychopathiques“, selon un expert psychiatre. “Nous avons compris à qui nous avions affaire“, a d’ailleurs déploré l’avocat général, fermement opposé à sa remise en liberté et alors que le jeune homme n’avait “aucun projet” de sortie.
Alessandro XXX, lui, a maintenu n’avoir “tiré sur personne” et seulement avoir “trafiqué” par le passé : il voulait sortir de prison pour avoir “une vie normale” à Marseille. “Je ne suis pas un voyou, un patron de cartel, je ne vais pas m’évader dans un autre pays, je veux juste rentrer chez mes parents“, a-t-il imploré. Mais au final, la cour a rejeté sa demande. Contacté par PressPepper, son avocat Me Arnaud Le Bourdais, qui n’était pas présent lors de l’audience, n’a pas souhaité réagir.
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