Depuis La Rochelle, ces tortues équipées de balises parcourent déjà des milliers de kilomètres dans l’Atlantique

Trente-trois tortues caouannes ont retrouvé l’océan le 3 juillet 2026 après plusieurs mois de soins au Centre d’Études et de Soins pour les Tortues Marines de l’Aquarium de La Rochelle. Dix d’entre elles ont été équipées de balises Argos, permettant de suivre leurs déplacements. Certaines ont déjà parcouru plus de 2 000 kilomètres et plusieurs se sont aventurées jusque dans les eaux britanniques.
Des tortues sauvées avant de retrouver l’océan
Le départ a eu lieu le 3 juillet dernier. Après avoir été recueillies sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique entre septembre 2025 et mai 2026, les 33 tortues caouannes ont été soignées et préparées à leur retour dans le milieu naturel par le Centre d’Études et de Soins pour les Tortues Marines de l’Aquarium de La Rochelle.
Cette remise à l’eau avait une portée particulière pour le centre rochelais puisqu’elle correspondait également au retour à l’océan de sa 400e tortue marine prise en charge. Parmi les animaux relâchés, dix ont reçu une balise Argos fixée sur leur carapace. Deux de ces dispositifs disposent en plus d’un capteur de profondeur, capable d’enregistrer les plongées des tortues lorsqu’elles remontent à la surface pour respirer.
Le suivi permet ainsi aux scientifiques d’observer leurs déplacements presque en temps réel et de mieux comprendre l’influence des courants, de la température de l’eau ou encore des zones de nourriture sur leurs trajectoires.
Certaines remontent vers le nord jusqu’à l’Irlande
Les premières semaines de suivi montrent des comportements très différents selon les tortues. Une partie d’entre elles a longé les côtes vers le nord après son départ, tandis qu’une autre est restée dans le golfe de Gascogne.
Les trajectoires deviennent encore plus étonnantes après le passage des côtes bretonnes. Certaines tortues ont gagné les abords des îles Anglo-Normandes, tandis que d’autres ont poursuivi leur route vers l’Irlande. L’une d’elles se retrouve ainsi en mer d’Irlande, entre Dublin et l’île d’Anglesey. D’autres individus évoluent au sud-ouest de l’Irlande, tandis que deux tortues ont déjà dépassé le plateau continental.
Les distances parcourues témoignent de l’ampleur de ces déplacements. Depuis leur remise à l’eau, les tortues suivies ont déjà parcouru des centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres. Le suivi de l’Aquarium permet de visualiser leurs trajectoires et de constater à quel point ces jeunes tortues peuvent rapidement s’éloigner des côtes françaises.
Rochelle reste dans l’estuaire de la Loire
Toutes n’ont toutefois pas choisi de partir vers le nord. La tortue baptisée Rochelle, qui correspond à la 400e tortue soignée par le CESTM, a rejoint l’estuaire de la Loire après avoir brièvement remonté vers le large de l’île de Noirmoutier.
Elle y est arrivée le 8 juillet et n’en est depuis plus repartie. Son parcours laisse penser que l’estuaire pourrait lui offrir des conditions particulièrement favorables, notamment grâce à la richesse de ses eaux en nourriture. Son déplacement peut toujours être suivi grâce à sa balise Argos.
Sur les dix tortues équipées d’un émetteur, neuf transmettent encore des informations. Une balise, celle de Romarin, aurait cessé d’émettre alors que l’animal s’approchait de la sortie du plateau continental. Pour les scientifiques du CESTM, ces données sont particulièrement précieuses : elles permettent d’améliorer la connaissance des déplacements des tortues caouannes et de mieux identifier les zones où ces animaux vulnérables sont susceptibles de se concentrer.
en partenariat avec REGIEPRO


