“On avait peur, on s’enfermait chez nous” : du Maine-et-Loire à la Mayenne, retour sur le périple criminel du « fugitif » jugé à Angers
Du 14 au 18 septembre, Stéphane Iganache comparaîtra devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, à Angers. Trois ans après une cavale de près de deux semaines entre l’Anjou et la Mayenne, l’accusé devra répondre de deux meurtres, de violences sur une femme enceinte et de plusieurs vols. Durant sa fuite, il avait semé la panique chez les habitants autour d’Angers.

À l’origine de cette affaire, une permission de sortie accordée le 20 juin 2023 au détenu de la prison d’Argentan. Mais Stéphane Iganache ne regagnera pas sa cellule. Deux jours plus tard, Adélaïde Duplouy, 40 ans, avec qui il entretenait une relation depuis quelques jours via le parloir, est retrouvée morte dans son appartement du centre-ville d’Angers. Son cou présente des traces de strangulation. Les enquêteurs remontent rapidement jusqu’à son compagnon. Mais celui-ci a pris la fuite à bord d’un véhicule volé à Avrillé.
Une vaste traque
La cavale se poursuit alors en Mayenne où le fameux véhicule est retrouvé, avec le réservoir vide. Sa fuite ne s’arrête pas là. À Chailland, une femme enceinte aurait été agressée et étranglée avant que son véhicule ne soit volé. Quelques jours plus tard, toujours dans cette commune, Jean-Claude Havard, 72 ans, est retrouvé mort à son domicile. Une dizaine de blessures à l’arme blanche sont relevées sur son corps. Sa Mercedes est retrouvée incendiée à Cantenay-Epinard, près d’Angers. La piste d’un périple criminel menée par Stéphane Iganache est toujours prise au sérieuse par les enquêteurs.

Dans une interview accordée à Angers Info, Elodie, la fille de Jean-Claude Havard se demande encore aujourd’hui “pourquoi ? Pourquoi il a tué mon père et s’est acharné dessus en lui mettant dix coups de couteau alors qu’il n’avait rien fait et rien demandé. Pourquoi tuer juste pour voler une voiture ?”.
Après la découverte du corps de l’ancien garagiste, commence alors une vaste traque. Hélicoptère, chiens et militaires sont mobilisés. Des centaines d’habitations sont fouillées dans le secteur angevin. Plusieurs signalements affluent, sans permettre de localiser le fugitif. “ On avait peur, on s’enfermait chez nous”, se souvient encore Coralie, une habitante des Hauts-de-Saint-Aubin, qui chaque soir, vérifiait si la porte de son appartement était bien fermée. La Mercedes du garagiste est retrouvée brûlée à Cantenay-Epinard.
Interpellé sur un chantier
Le 4 juillet, après près de deux semaines de recherches, les policiers retrouvent finalement sa trace dans une bâtisse en travaux à Avrillé. Stéphane Iganache tente encore de s’enfuir et saute du troisième étage. Blessé à la cheville, il est cette fois interpellé.
Depuis, l’enquête a tenté de reconstituer le parcours de cet homme et les circonstances des deux morts. Selon les éléments du dossier, Stéphane Iganache aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés, sans toutefois fournir d’explication complète sur ses motivations.
À partir du 14 septembre, les jurés devront entendre les proches des victimes, les enquêteurs, les experts et l’accusé. Près de 30 personnes devraient se constituer parties civiles.
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