Infographie. Detenu en cavale. trois ans après une semaine de traque, il est jugé à Angers à partir de demain pour deux meurtres
Trois ans après une cavale qui avait tenu les enquêteurs en haleine dans l’Ouest, Stéphane Iganache comparaît à partir de lundi devant la cour d’assises de Maine-et-Loire, à Angers. Le détenu est accusé d’avoir tué deux personnes alors qu’il était recherché après ne pas être revenu d’une permission de sortie de prison.

L’affaire avait profondément marqué Angers et plusieurs communes de l’Ouest durant l’été 2023. Pendant près de deux semaines, les gendarmes et policiers avaient multiplié les recherches pour retrouver un détenu en fuite, soupçonné d’avoir commis plusieurs agressions et deux meurtres.
Une permission de sortie qui se transforme en cavale
Le 20 juin 2023, Stéphane Iganache, alors incarcéré à la prison d’Argentan, dans l’Orne, ne regagne pas son établissement pénitentiaire à l’issue d’une permission de sortie.
Rapidement, les enquêteurs cherchent à retrouver sa trace. Une inquiétude particulière concerne alors Adélaïde Duplouy, une femme de 40 ans vivant à Angers et entretenant une relation sentimentale avec le détenu.
Deux jours plus tard, le 22 juin, ses deux enfants découvrent son corps à son domicile angevin. La quadragénaire a été étranglée. Les investigations établissent rapidement que Stéphane Iganache s’était rendu dans l’appartement dans les jours précédant sa mort.
Pour les enquêteurs, la cavale prend alors une autre dimension.
Une traque qui s’étend autour d’Angers
Le fugitif est soupçonné d’avoir multiplié les intrusions dans des habitations au cours de sa fuite et d’avoir volé un véhicule dans le secteur d’Angers.
Sa trace conduit ensuite les enquêteurs jusqu’en Mayenne, à une centaine de kilomètres au nord d’Angers. À Chailland, il se serait rendu à proximité du domicile des parents d’Adélaïde Duplouy. Par mesure de précaution, le couple est invité à quitter temporairement les lieux.
Le 28 juin, une femme est agressée dans la commune alors que le fugitif aurait tenté de lui voler sa voiture. Un passant intervient et met l’agresseur en fuite.
Mais la cavale ne s’arrête pas là.
Un retraité retrouvé mort dans un champ
Le 1er juillet 2023, la voiture d’un habitant de Chailland, Jean-Claude Havard, ancien garagiste, est retrouvée incendiée dans un champ situé à quelques kilomètres d’Angers.
Le lendemain, les gendarmes se rendent au domicile du propriétaire du véhicule. Ils découvrent alors le retraité mort. Son corps présente une vingtaine de plaies ainsi que des ecchymoses.
Les investigations vont conduire les enquêteurs à rapprocher ce meurtre de la cavale de Stéphane Iganache.
Le fugitif est finalement interpellé le 4 juillet à Avrillé, près d’Angers. Caché sur un chantier, il tente d’échapper aux policiers en sautant du troisième étage.
Deux morts au cœur du procès
Placé en garde à vue, Stéphane Iganache reconnaît avoir tué Adélaïde Duplouy. Selon ses déclarations, la victime souhaitait qu’il retourne en prison.
Il reconnaît également avoir porté des coups de couteau à Jean-Claude Havard après que celui-ci l’aurait surpris à son domicile alors qu’il était assoupi.
Trois ans après les faits, la famille du retraité attend désormais que la cour d’assises se penche sur les circonstances de cette mort.
« Pour une voiture, il a été tué si violemment… Pourquoi ? », déplore sa fille, Élodie Anfray. Elle estime que son père a été privé de sa vie et que cette affaire a profondément marqué toute sa famille.
Un accusé déjà condamné pour tentative de meurtre
Stéphane Iganache comparaît en état de récidive. Il avait déjà été condamné en 2017 dans l’Essonne pour une tentative de meurtre visant une agente pénitentiaire avec laquelle il entretenait également une relation.
Compte tenu des faits qui lui sont reprochés et de son passé judiciaire, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Ses avocats, Mes Sébastien Naudin et Wissam Mahlaoui, annoncent pour leur part que leur client entend « être dans la transparence » et donner sa version des faits.
La défense estime que l’image d’un homme particulièrement dangereux ne suffit pas à résumer la personnalité de l’accusé et son parcours.
Le verdict attendu à Angers le 18 septembre
Le procès doit s’ouvrir lundi devant la cour d’assises à Angers. Les débats permettront notamment de revenir sur les circonstances des deux meurtres, sur la cavale de juin et juillet 2023 ainsi que sur le parcours judiciaire de l’accusé.
Le verdict est attendu le 18 septembre 2026.

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