Il impose des relations sexuelles à son ex-compagne situé dans le Maine-et-Loire : 12 ans de prison
La cour criminelle départementale de Loire-Atlantique a condamné, mardi 6 octobre 2026, Gino XXX à douze ans de réclusion criminelle pour des viols et des violences habituelles commis sur son ancienne compagne, Elisa XXX. Les faits se sont déroulés au Loroux-Bottereau, en Loire-Atlantique, et à Gesté, dans le Maine-et-Loire, pendant et après une relation de quelques mois, entre décembre 2023 et mai 2024. Décrit comme dépendant à l’alcool, à la cocaïne et au sexe, l’accusé avait notamment été interpellé après une intervention de plusieurs heures des gendarmes au domicile de la victime.

Quatre heures pour extraire l’accusé et secourir la victime
Le 17 octobre 2024, Gino XXX se présente chez Elisa XXX, au Loroux-Bottereau. Il vient d’apprendre qu’elle a un nouveau compagnon. Leur relation, qui avait duré cinq mois entre décembre 2023 et mai 2024, était pourtant terminée. À l’époque, la jeune femme sortait d’une rupture amoureuse et s’était, selon les éléments évoqués à l’audience, « raccrochée à lui ».
Ce jour-là, la situation dégénère. C’est la mère d’Elisa qui alerte les gendarmes. Sa fille est retrouvée dans les toilettes de son appartement, en état de choc, après avoir eu un couteau sous la gorge. Les forces de l’ordre mettront quatre heures pour extraire l’accusé du logement, puis mettre la victime en sécurité.
Dans son réquisitoire, l’avocate générale rappelle que Gino XXX a été retrouvé avec l’arme sur lui et qu’il était positif à l’alcool et aux stupéfiants. Cette intervention marque le point de départ d’une enquête qui va mettre au jour un ensemble de violences physiques et sexuelles survenues au cours de leur relation.
Des violences physiques répétées, jusqu’à la balustrade du troisième étage
Au fil de son audition, Elisa XXX décrit un climat de violences installé pendant ces quelques mois de vie commune. Un soir, après un apéritif particulièrement arrosé, une dispute aurait éclaté parce qu’elle aurait, selon l’accusé, « mal parlé » à son compagnon. La jeune femme affirme alors avoir reçu « quinze gifles aller-retour avec une chevalière », avant que Gino XXX ne lui porte des coups de poing et de pied alors qu’elle se trouvait au sol.
Un autre épisode est particulièrement marquant : l’accusé aurait suspendu sa compagne par les jambes au-dessus de la balustrade du balcon de la salle à manger, au troisième étage de son immeuble, la laissant ainsi dans le vide.
Les déclarations de la victime sont confortées par le témoignage de l’un de ses enfants. Celui-ci décrit un homme « ultra-bourré » et l’aurait vu saigner des poings après s’en être pris à sa mère.
À ces violences s’ajoutent des comportements dangereux au volant. Gino XXX, qui conduisait sans permis, effectuait régulièrement des dérapages et des manœuvres de type drift. « Tout le monde rigolait et me redemandait d’en faire », reconnaît-il à l’audience.
Des fellations forcées dans une caravane et une voiture en marche
Le dossier porte également sur plusieurs agressions sexuelles. Elisa XXX affirme avoir subi entre cinq et dix fellations imposées. Selon son récit, l’accusé baissait son pantalon, lui saisissait la tête et lui imposait son sexe dans la bouche jusqu’à éjaculation.
Ces faits se seraient produits dans la caravane de Gino XXX, installée sur l’aire d’accueil des gens du voyage au Loroux-Bottereau, mais aussi dans la Peugeot 307 qu’il conduisait. Dans ce dernier cas, le véhicule était toujours en mouvement lorsqu’il l’aurait attrapée par les cheveux et lui aurait plaqué la tête contre son sexe.
Une autre agression sexuelle remonte à décembre 2023, à Gesté, dans le Maine-et-Loire. Gino XXX se trouvait alors au domicile de son frère dans le cadre d’une détention à domicile sous surveillance électronique. Il aurait imposé une relation sexuelle à Elisa XXX. Selon les éléments rapportés à l’audience, il aurait même déclaré à son frère : « De toute façon, qu’elle ait envie ou pas, elle n’a pas le choix. »
Face à ces accusations, l’accusé conteste toute contrainte. « Il n’y avait pas de forçage : on était déjà accordés, on n’avait pas besoin de se parler et elle ne disait jamais non », soutient-il devant les magistrats.
Il tente également de justifier sa version en évoquant leur consommation commune d’alcool et de cocaïne. « Pourquoi elle n’est pas partie directement (…) quand je l’aurais violée alors que j’étais sous bracelet électronique chez mon frère ? On prenait de la farine [de la cocaïne, NDLR] ensemble, on buvait ensemble, on faisait tout ensemble ! », déclare-t-il.
L’argument ne convainc pas l’avocate de la victime, Me Aurélie Rolland, qui réagit à l’affirmation de l’accusé selon laquelle la cocaïne aurait un effet apaisant sur lui : « C’est la première personne, dans ma vie, qui me dit que la cocaïne l’apaise. »
Gino XXX reconnaît aimer les relations sexuelles, mais réfute être excité par le refus de sa compagne. L’accusation décrit pourtant un homme qui ne penserait qu’à lui-même et à son plaisir.
Une victime qui vit désormais dans la peur
Les violences ne se seraient pas limitées aux agressions physiques et sexuelles. L’accusé aurait notamment détruit le téléphone d’Elisa XXX après avoir cru qu’elle échangeait avec son ancien compagnon, qui n’approuvait pas leur relation. Il aurait également menacé le père des enfants en évoquant une séance de boxe à l’issue de laquelle celui-ci « allait aller au ciel ».
Pour l’avocate générale, ces éléments témoignent d’un comportement violent qui s’inscrit dans la durée. Elle rappelle que Gino XXX avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des violences conjugales depuis 2012 et que son casier judiciaire comportait vingt et une mentions. Considéré en état de récidive légale, il était également placé sous sursis probatoire au moment des faits.
L’accusation avait requis quatorze ans de réclusion criminelle. Elle estime que la gravité des faits, leur répétition et les antécédents judiciaires de l’accusé justifient une peine lourde.
La défense présente une lecture différente de cette relation. Me Isabelle Franza-Mazauric évoque deux personnes fragilisées, dont la relation se serait construite trop rapidement. « On a là deux paumés qui se sont mis d’accord pour être ensemble, mais pour qui cela a été trop vite : ce désamour était totalement programmé », résume-t-elle.
L’avocate conteste également l’idée que son client se serait transformé brutalement en prédateur sexuel. Elle affirme que ses précédentes compagnes ont décrit des relations empreintes de tendresse et marquées, selon elles, par leur consentement. Gino XXX, de son côté, s’attendait à être condamné à une peine de plusieurs années, qu’il anticipait lui-même « à deux chiffres ».
Douze ans de réclusion criminelle et 25 000 euros de dommages et intérêts
La cour criminelle départementale de Loire-Atlantique a finalement condamné Gino XXX à douze ans de réclusion criminelle. Il a déjà passé deux ans en détention provisoire. La décision prévoit également une inéligibilité pendant dix ans à compter de sa sortie de prison et une interdiction du port d’arme pendant cinq ans.
Sur le plan civil, l’accusé devra verser 25 000 euros de dommages et intérêts à Elisa XXX.
La victime avait expliqué avoir longtemps conservé l’espoir que son ancien compagnon puisse changer. Elle vit désormais dans la peur, notamment en raison des menaces qu’elle dit avoir reçues. « Il m’a dit qu’il me retrouvera, peu importe la peine », avait-elle déclaré.
Dans sa décision, la présidente souligne que les déclarations de la victime sont apparues « tout à fait crédibles », contrairement aux dénégations de l’accusé. Les magistrats ont également tenu compte des consommations d’alcool et de stupéfiants qui marquaient cette relation, mais aussi des condamnations antérieures de Gino XXX pour violences conjugales et du non-respect de ses obligations de travail et de soins.
La cour a ainsi retenu la gravité des faits et leur inscription dans un contexte de violences répétées, au-delà des seules circonstances de l’intervention des gendarmes du 17 octobre 2024.
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