Charente
À Angoulême, les agriculteurs bloquent la Voie de l’Europe pour un « feu de la colère »

La mobilisation agricole s’est invitée au cœur d’Angoulême ce mardi soir. Environ une centaine d’agriculteurs charentais ont bloqué la Voie de l’Europe, à proximité du tunnel de la Gâtine, à l’appel de la FNSEA de la Charente. L’axe stratégique était déjà fermé en début de soirée, coupant l’accès au quartier de Ma Campagne.
Un axe stratégique paralysé
Selon France Bleu, dès la tombée de la nuit, la circulation a été interrompue sur ce secteur très fréquenté. Autour d’un « feu de la colère », alimenté par 25 bennes et autant de tracteurs, les agriculteurs ont souhaité créer un temps d’échange avec les élus locaux et les habitants d’Angoulême. L’objectif affiché était de rendre visibles leurs revendications et d’ouvrir le dialogue sur la situation du monde agricole.
Peu d’élus et aucun habitant
Malgré l’invitation lancée par la FNSEA, la mobilisation a rassemblé peu de représentants politiques. Le maire d’Angoulême était présent, accompagné de plusieurs conseillers municipaux ainsi que d’un conseiller départemental représentant le président du Département, Jérôme Sourisseau. En revanche, aucun député ni sénateur n’a fait le déplacement. Du côté des habitants, l’absence était totale, laissant les échanges se dérouler essentiellement entre agriculteurs.
Jean-Paul Gatelier, conseiller municipal d’Angoulême, est venu apporter son soutien. « On n’a pas fait les galettes, on est allé les acheter pour les soutenir, pour les réconforter. Moi, je viens du monde paysan aussi, et je me rappelle d’où je viens », confie-t-il sur place.
Les inquiétudes du monde agricole exprimées
Autour du brasier improvisé, les discussions ont porté sur les difficultés économiques et les conditions de production. Yohann Guédon, secrétaire général de la FNSEA en Charente, a résumé les craintes des exploitants mobilisés : « Si on continue dans la dynamique qu’on est aujourd’hui, si on ne nous donne pas les moyens de produire, on n’aura aucunement les moyens d’être concurrentiels vis-à-vis des pays, pas uniquement hors Union européenne, mais aussi à l’intérieur de l’Union européenne. »
La mobilisation s’est poursuivie dans une ambiance tendue mais maîtrisée, marquée par la volonté des agriculteurs de rendre visible leur malaise au cœur même de l’agglomération angoumoisine.
