Agriculture
Barrage filtrant. Les Jeunes Agriculteurs du Maine-et-Loire montent au créneau

Mercredi 22 janvier, les Jeunes Agriculteurs de Chemillé se sont mobilisés pour dénoncer les accords commerciaux entre l’Union européenne et le Mercosur. En ligne de mire : l’importation de produits agricoles étrangers jugés non conformes aux normes françaises, et une concurrence qu’ils estiment déloyale pour les exploitations locales.
Un barrage filtrant au péage de Beaulieu
Dès le matin, une action de terrain a été menée au péage de Beaulieu, où les Jeunes Agriculteurs ont installé un barrage filtrant pour contrôler les camions en circulation. Objectif : identifier l’origine des produits transportés et dénoncer l’entrée sur le territoire de denrées agricoles étrangères ne respectant pas toujours les mêmes exigences sociales, sanitaires et environnementales que celles imposées aux agriculteurs français.
Par cette action visible, les agriculteurs ont souhaité alerter les automobilistes et les consommateurs sur une réalité souvent invisible : l’impact direct des importations sur l’agriculture locale. Selon eux, ces flux fragilisent les exploitations, mettent en péril le renouvellement des générations et remettent en cause la souveraineté alimentaire française.
Une concurrence jugée déloyale
Les Jeunes Agriculteurs dénoncent un « non-sens économique, environnemental et sanitaire ». Autoriser l’importation massive de produits issus de pays où les normes sont moins strictes crée, selon eux, une distorsion de concurrence insupportable pour les exploitants français, soumis à des règles de plus en plus exigeantes.
Au-delà de l’aspect économique, c’est l’avenir même de la profession agricole qui est en jeu. « L’agriculture ne peut pas être la variable d’ajustement des accords commerciaux internationaux », rappellent les jeunes agriculteurs.
Les panneaux de communes en deuil
Autre action marquante de la journée : plusieurs panneaux d’entrée de communes ont été symboliquement mis en deuil. Un simple scotch noir, apposé comme un brassard, pour signifier une inquiétude profonde face aux conséquences de l’accord Mercosur. À travers ce geste fort, les Jeunes Agriculteurs ont voulu alerter élus et citoyens sur une réalité préoccupante : l’avenir de l’agriculture et de l’économie rurale serait gravement menacé.
Le bocage et les paysages ruraux en question
Les agriculteurs rappellent que l’enjeu dépasse largement la seule question des revenus. Dans le Chemillois, l’élevage joue un rôle central dans l’entretien du bocage. Haies, prairies et paysages façonnent l’identité du territoire et dépendent du travail quotidien des exploitants. Sans élevage, c’est tout l’équilibre environnemental et la biodiversité locale qui pourraient être remis en cause.
Interpeller consommateurs et pouvoirs publics
À travers cette mobilisation, les Jeunes Agriculteurs de Chemillé souhaitent également sensibiliser les consommateurs à l’importance de privilégier une alimentation locale et française. Un choix présenté comme un acte citoyen, au service de l’emploi rural et de la qualité alimentaire.
La mobilisation devrait se poursuivre dans les prochaines semaines. Les Jeunes Agriculteurs entendent maintenir la pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils défendent une agriculture française « forte, respectée et rémunératrice », face à des accords commerciaux jugés menaçants pour l’avenir du secteur.
