Maine-et-Loire. La truite ouvre le bal d’une nouvelle saison de pêche

À l’aube du printemps, les berges vont retrouver une agitation bien particulière. Cannes à pêche à la main, bottes dans l’herbe encore humide, des milliers de passionnés s’apprêtent à renouer avec un rituel immuable. Samedi 14 mars 2026, l’ouverture de la pêche de la truite marquera le véritable lancement de la saison halieutique en Maine-et-Loire.
Un rendez-vous très attendu au lever du jour
Comme chaque année, le deuxième samedi de mars donne le top départ officiel partout en France. En Maine-et-Loire, ils sont près de 37 000 pêcheurs à guetter cette date symbolique, intégrée de longue date au calendrier des amateurs de nature. Dès 6h47, heure légale d’ouverture, les premiers lancers viendront fendre la surface des rivières.
Cette journée lance une saison riche en sorties matinales et en moments de partage, avant un autre temps fort attendu par les amateurs de carnassiers : l’ouverture du brochet et du sandre, fixée au 25 avril 2026 en seconde catégorie.
La pêche de loisir, souvent transmise de génération en génération, demeure une pratique profondément ancrée dans le patrimoine local. Patience, précision et sens de l’observation en sont les maîtres-mots. Pour beaucoup, c’est aussi une parenthèse bienvenue loin du tumulte quotidien.
Première et seconde catégorie : des règles bien distinctes
Dans le département, les cours d’eau sont classés en deux catégories. La première catégorie regroupe les rivières où dominent les salmonidés, notamment la truite. La saison y court du 14 mars au 20 septembre. Une seule ligne est autorisée en rivière et deux en plan d’eau. Particularité à retenir : tout brochet capturé en première catégorie entre le 14 mars et le 24 avril inclus devra être immédiatement remis à l’eau.
La seconde catégorie concerne la majorité des rivières du Maine-et-Loire, plus lentes et plus chaudes, peuplées principalement de cyprinidés — brèmes, gardons, carpes — et de carnassiers comme le brochet, le sandre, la perche ou encore le silure. La pêche y est autorisée toute l’année, avec des périodes spécifiques selon les espèces. Le brochet et le sandre pourront être pêchés du 1er janvier au 25 janvier puis du 25 avril au 31 décembre. La truite arc-en-ciel est autorisée toute l’année, sauf sur la Loire où elle ne peut être pêchée que du 8 mars au 21 septembre. Quant à la truite fario, sa pêche est ouverte du 8 mars au 21 septembre.
Durant la fermeture du brochet, jusqu’au 24 avril 2026 inclus, la réglementation se veut plus restrictive en seconde catégorie : la pêche aux leurres et aux vifs y est interdite. Seules les esches végétales et la mouche, hors streamers, restent autorisées.
Où taquiner la truite en Maine-et-Loire ?
S’il ne figure pas parmi les départements réputés pour ses grandes rivières à truites sauvages, le Maine-et-Loire propose néanmoins des secteurs prisés. L’Hyrôme, entre Saint-Georges-des-Gardes et Saint-Lambert-du-Lattay, demeure la rivière emblématique pour l’ouverture. La Riverolle, du côté de Mouliherne, attire également de nombreux pêcheurs. Le plan d’eau de Coulvée à Chemillé, classé en première catégorie, constitue lui aussi un site apprécié.
Le territoire ne dispose toutefois pas de cours d’eau naturellement favorables à l’implantation durable de truites fario sauvages. Températures estivales élevées, altération de la qualité de l’eau et épisodes de sécheresse compliquent leur développement. Malgré plusieurs tentatives de réintroduction menées par la Fédération de Maine-et-Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, les résultats ne se sont pas révélés concluants jusqu’ici. L’AAPPMA Les Cachalots de l’Hyrômé expérimente néanmoins l’introduction de jeunes truitelles fario afin d’évaluer leur capacité d’adaptation.
Pour permettre aux pêcheurs de profiter pleinement de l’ouverture, des lâchers de truites sont réalisés par les associations locales sur plusieurs secteurs. Les modalités pratiques peuvent varier : il est donc conseillé de se rapprocher de son AAPPMA avant toute sortie.
Tailles minimales et quotas : une vigilance indispensable
La taille minimale de capture de la truite est fixée à 23 centimètres en Maine-et-Loire. En dessous de cette mesure, le poisson doit être remis à l’eau sans délai. Le quota journalier est limité à six truites par pêcheur.
Avant de rejoindre les berges, chaque pratiquant doit être titulaire d’une carte de pêche valide. Plusieurs formules existent, de la carte annuelle à la carte journalière, disponibles en ligne ou auprès des dépositaires agréés.
Pêcher, c’est aussi protéger
Derrière chaque carte de pêche se cache un engagement. En adhérant au réseau associatif, les pêcheurs contribuent au travail de terrain mené par des milliers de bénévoles et de salariés à l’échelle nationale pour préserver et restaurer les milieux aquatiques.
En Maine-et-Loire, la fédération départementale coordonne l’action de 37 AAPPMA, veille à l’aménagement des cours d’eau, participe au suivi de la qualité des milieux et assure des missions de surveillance. Elle mène également des actions de sensibilisation, notamment auprès des scolaires, pour transmettre la connaissance et le respect des écosystèmes aquatiques.


