« Travailler plus pour gagner moins » : les infirmiers anesthésistes du CHU d’Angers dénoncent une réorganisation imposée
Au CHU d’Angers, le malaise monte chez les infirmiers anesthésistes. Dans une lettre ouverte adressée à la population angevine et aux élus, ces professionnels alertent sur une réorganisation de leur...

Au CHU d’Angers, le malaise monte chez les infirmiers anesthésistes. Dans une lettre ouverte adressée à la population angevine et aux élus, ces professionnels alertent sur une réorganisation de leur travail, qu’ils jugent brutale et prématurée, dans le cadre du projet dit « Convergence ».
Ce projet, actuellement à l’étude, prévoit à terme la création d’un bloc opératoire commun, susceptible de transformer en profondeur l’organisation des équipes. « Nous ne nous opposons pas à l’évolution », précisent les signataires. Mais ils refusent « d’en subir les conséquences avant même que ce projet n’existe ».
Une annonce jugée « unilatérale »
Les soignants pointent particulièrement une réunion organisée le 27 janvier 2026. Convoqués sans ordre du jour précis, ils disent avoir découvert sur place « l’annonce unilatérale d’une réorganisation profonde » de leurs conditions de travail. Selon eux, cette réforme s’accompagne d’une hausse de la charge de travail, de nouvelles astreintes imposées et d’une baisse de rémunération.
« Derrière ces décisions, ce sont des vies personnelles impactées, une fatigue accrue et un pouvoir d’achat amputé », écrivent-ils, résumant la situation par une formule choc : « travailler plus pour gagner moins ».
Ils dénoncent également une méthode « opaque », marquée par l’absence d’informations en amont et la présence non annoncée de la direction des ressources humaines et de représentants médicaux. « Cette manière de procéder n’est pas acceptable », affirment-ils, y voyant un manque de considération pour les soignants.
Un modèle d’organisation défendu
Au cœur des inquiétudes : la remise en cause de l’organisation actuelle du CHU, fondée sur plusieurs blocs opératoires répartis sur différents sites. Ce modèle pavillonnaire permet, selon eux, « un très haut niveau de sécurité et de qualité des soins », grâce à une forte spécialisation des équipes.
Les infirmiers anesthésistes soulignent par ailleurs que l’activité opératoire est en constante progression, « grâce à l’implication totale des équipes », alors même que les conditions de travail se dégradent.
Des revendications claires et une menace de grève
Face à cette situation, les professionnels formulent trois exigences : le gel de toute modification de leur organisation tant que le projet Convergence n’est pas finalisé et concerté, l’absence de toute baisse de rémunération, et le respect des قواعد du dialogue social.
À défaut, ils se disent prêts à recourir à la grève, tout en assurant mesurer « pleinement ce que cela implique pour les patients ».
La lettre a été adressée notamment à la directrice générale de l’établissement, Cécile Jaglin-Grimonprez, ainsi qu’au président du conseil de surveillance, Christophe Béchu.
En s’adressant directement à la population, les soignants entendent aussi alerter sur leurs conditions d’exercice : « Elle a le droit de savoir dans quelles conditions ses soignants exercent, et comment ils sont traités ».


