Pas encore réélu maire à Angers, Christophe Béchu réduit déjà les moyens de l’opposition à la portion congrue.

À quelques jours du premier conseil municipal du nouveau mandat, la tension monte déjà à Angers. Dans un communiqué diffusé ce 25 mars, le groupe d’opposition Demain Angers accuse le maire Christophe Béchu de remettre en cause « les acquis démocratiques de la minorité ».
Selon ces élus, des décisions ont été présentées en amont de l’installation officielle du conseil, sans concertation préalable. Elles viseraient, selon eux, à encadrer plus strictement les moyens accordés à l’opposition municipale. Une méthode jugée « brutale » par Romain Laveau, président du groupe, qui évoque « une atteinte majeure au bon déroulement du conseil municipal et à la tradition démocratique locale ».
Des moyens revus à la baisse
Dans le détail, le groupe d’opposition affirme que plusieurs leviers essentiels à son fonctionnement seraient réduits. Parmi les mesures évoquées : une baisse des moyens humains, passant de deux équivalents temps plein à 1,2, la suppression d’un espace de travail pour les collaborateurs, ainsi qu’une diminution du droit d’expression dans le magazine municipal Vivre à Angers.
Autant de changements que les élus considèrent comme un recul inédit, rompant, selon eux, avec « 36 années de pratiques démocratiques fondées sur le consensus », indépendamment des alternances politiques.
Un rappel des positions passées du maire
Les élus de Demain Angers soulignent également ce qu’ils perçoivent comme une contradiction. Ils rappellent des propos tenus par Christophe Béchu en 2020, lors de l’installation du précédent conseil municipal, où il défendait l’importance de garantir des moyens à l’opposition pour assurer un débat démocratique équilibré.
« Aujourd’hui, il fait exactement l’inverse de ce qu’il défendait hier », regrettent-ils, estimant que ces choix traduisent une volonté de limiter le débat plutôt que de l’enrichir.
Une opposition qui se dit déterminée
Malgré ces décisions, le groupe assure vouloir poursuivre son action au sein du conseil municipal. « Il ne nous affaiblira pas », affirme Romain Laveau, qui dit y voir au contraire un motif de mobilisation renforcée pour porter « une voix sociale, écologique et citoyenne ».
Contactée, la majorité municipale n’avait pas encore réagi à ces accusations au moment de la publication.


