Argentan : la déconstruction de l’ancienne clinique Notre-Dame est enfin lancée

C’est une verrue urbaine qui s’apprête à disparaître du paysage ornais. Ce jeudi 26 mars 2026 marque le coup d’envoi officiel du chantier de déconstruction de l’ancienne clinique Notre-Dame d’Argentan. Abandonné depuis plus de vingt ans, ce site stratégique du centre-ville va entamer une profonde mutation pour devenir un futur lieu de vie.
Un chantier complexe de 17 semaines
Située en plein cœur de ville et entourée d’habitations, l’ancienne clinique ne peut pas être démolie d’un seul bloc. Le processus, détaillé par Maryline Troquet pour Le Journal de l’Orne, commence par une phase cruciale de désamiantage. Après cinq semaines de préparation logistique, les ouvriers attaquent désormais la déconstruction sélective qui s’étalera sur les 17 prochaines semaines.
Ce chantier intervient alors qu’un autre symbole de la ville, l’ancien centre de tri postal, vit ses dernières heures, sa démolition devant s’achever d’ici vendredi.
Entre réhabilitation historique et logements neufs
Le projet, porté par la Ville d’Argentan dans le cadre du programme Action Cœur de Ville, ne rase pas tout. Le patrimoine sera préservé :
L’aile ancienne conservée : Le bâtiment historique situé à l’angle des rues Saint-Martin et de la Vieille-Prison sera réhabilité.
Huit nouveaux logements : Orne Habitat y créera des appartements destinés aux jeunes et aux familles.
Aménagement paysager : L’objectif est de transformer cet îlot de béton en un espace vert et apaisé, renforçant l’attractivité des commerces voisins.
La fin d’un long calvaire urbain
Fermée au milieu des années 2000 suite au transfert de ses activités vers l’hôpital public, la clinique privée avait sombré dans l’oubli. Durant deux décennies, le site a été le théâtre de pillages (cuivre, radiateurs) et un spot prisé des amateurs d’urbex, malgré les multiples projets de rachat avortés.
Un investisseur privé avait tenté en 2012 d’y installer des professions libérales et des résidences seniors, mais le coût exorbitant du désamiantage et la concurrence du nouveau pôle de santé avaient enterré le projet. C’est finalement la Ville, avec l’appui de l’Établissement public foncier de Normandie (EPFN), qui a repris la main en 2018 pour débloquer la situation.


