Grève annoncée au Village Saint-Exupéry à Avrillé : la présidente du Département répond aux inquiétudes

À Avrillé, près d’Angers, la tension reste vive au Village Saint-Exupéry. Alors que les personnels ont annoncé un mouvement de grève à partir de ce jeudi 2 avril, la présidente du Département de Maine-et-Loire est sortie du silence ce mardi, en marge des discussions budgétaires, pour apporter des éléments de réponse.
Un mouvement contesté par la collectivité
Première précision apportée par l’exécutif départemental : la nature même du mouvement. « Contrairement à ce que certains ont voulu écrire ou dire, ce n’est déjà pas un mouvement de grève », affirme la présidente, insistant sur le fait qu’un dialogue est en cours.
Elle souligne notamment qu’« au moment où on est en train de parler du budget, il y a une réunion de dialogue social qui se tient avec une unité du Village Saint-Exupéry ». Une nuance importante, selon elle : « Ce n’est pas le Village Saint-Exupéry, c’est une unité qui correspond à l’unité des adolescents. »
Le dispositif adolescents au cœur des discussions
Au centre des tensions, les unités Phoenix et l’Envol, dédiées à l’accompagnement des adolescents. Un secteur que la présidente décrit comme particulièrement sensible : « Tout le monde sait à quel point ce n’est pas toujours une période de vie qui est facile à traverser. »
Elle reconnaît par ailleurs que des besoins ont été identifiés en amont : « Il avait déjà été identifié il y a quelque temps des besoins d’accompagnement sur cette unité. »
Selon elle, des réponses sont déjà engagées, avec des recrutements lancés depuis plusieurs mois : « Dans le cadre du dialogue social, on va rappeler les recrutements qui étaient lancés il y a déjà plusieurs mois et qui se font jour. »
Un effort budgétaire mis en avant
Du côté du Département, on insiste également sur les moyens consacrés à la politique enfance-famille. Le premier vice-président en charge des finances rappelle que ce secteur représente « le premier budget du Département avec 222 millions d’euros, pratiquement 223 millions d’euros ».
Un niveau d’investissement qui, selon lui, témoigne de l’engagement de la collectivité : « Ça veut dire que le Département prend en considération l’importance de cette politique enfant-jeunesse. »
Il assure également que les recrutements se poursuivent : « Nous n’avons pas réduit les recrutements, ils se font. Ce qui n’est pas le cas partout. »
Des professionnels toujours mobilisés
Sur le terrain pourtant, le malaise exprimé par les professionnels reste profond. Dans leur communiqué, ils affirment « leur incapacité à remplir leurs missions du fait de l’insuffisance de moyens humains » et dénoncent « l’absence de réponse ou l’incohérence des réponses » face à leurs alertes répétées.
Ils estiment que « le mouvement de grève devenait la seule option aujourd’hui pour faire valoir leur revendication », notamment la création de postes supplémentaires et le renforcement des équipes soignantes.
Un dialogue social sous tension
Alors que la direction et le Département mettent en avant la poursuite du dialogue social, les agents dénoncent de leur côté « l’absence de communication […] de la direction envers le personnel » ainsi que « des discours contradictoires » en interne.
Dans ce contexte, la mobilisation annoncée pourrait marquer une nouvelle étape dans ce bras de fer, malgré les discussions en cours. Le Département assure vouloir poursuivre les échanges et rappelle ses investissements, tandis que les professionnels attendent des réponses concrètes à leurs revendications.


