Du levain, du lien et une idée du partage : Sainple lance son micro-fournil à Angers
Depuis le 6 avril, un nouveau fournil artisanal a vu le jour aux Ponts-de-Cé. À l’origine, une reconversion et une vision engagée du pain.

Une reconversion qui prend forme
Dans un atelier discret installé aux Ponts-de-Cé, l’odeur du pain chaud s’invite désormais jusque dans plusieurs quartiers d’Angers. Depuis le 6 avril, le micro-fournil Sainple a officiellement démarré son activité, porté par une artisane en reconversion qui entend faire du pain autrement.
Madoline Ménard n’a pas toujours eu les mains dans la farine. Pendant dix ans, elle évolue dans des structures administratives et sociales avant de bifurquer, poussée par une prise de conscience et l’envie de donner davantage de sens à son quotidien. « Cela fait quatre ans que je mûris ce projet », confie-t-elle. Formations à la Chambre de métiers et de l’artisanat, accompagnement par la BGE, apprentissage en alternance à La Boulangerie Simplement… Le parcours est long, mais assumé. À cela s’ajoute un travail personnel, en autodidacte, pour renouer avec des techniques boulangères plus traditionnelles.
Le choix du levain et du geste
Dans son fournil, pas de machines rutilantes ni de production à la chaîne. Ici, les gestes sont simples et précis : pétrissage à la main, fermentation lente – jusqu’à quinze heures – et utilisation exclusive de levain naturel.
« Je travaille avec un faible ensemencement, ce qui permet d’obtenir des pains plus digestes et avec un goût plus développé », explique la boulangère. Les farines sont biologiques, les matières premières locales autant que possible. Une manière, aussi, de limiter l’empreinte énergétique d’une activité volontairement peu mécanisée.
Pain de campagne, petit épeautre, graines, brioches ou biscuits : la gamme se veut évolutive, au rythme des saisons et des envies.
Une boulangerie à vocation solidaire
Mais au-delà du produit, c’est une philosophie que défend Sainple. Celle d’une alimentation accessible et d’une économie plus solidaire.
Pour cela, Madoline Ménard a mis en place un système de tarification à trois niveaux. Un prix solidaire pour les budgets serrés, un prix équitable couvrant l’ensemble de la chaîne de production, et un prix dit humaniste, destiné à soutenir des projets solidaires.
À cela s’ajoute le principe des « pains suspendus » : pour un euro symbolique, les clients peuvent financer un pain qui sera redistribué à des personnes dans le besoin, en lien avec des associations locales. « L’idée, c’est que chacun puisse trouver sa place, que le pain reste un produit du quotidien, accessible », résume-t-elle.
Un modèle de distribution alternatif
Les produits Sainple ne sont pas vendus en boutique classique. Ils sont disponibles sur commande, via une plateforme en ligne, puis à récupérer dans différents points de retrait à Angers et aux Ponts-de-Cé, notamment dans des commerces de quartier et un restaurant végétarien où est installé l’atelier.
Un modèle discret, presque confidentiel, mais qui pourrait bien trouver son public. Car ici, derrière chaque miche, il y a bien plus qu’une recette : une manière de faire, et surtout, une manière de penser.


