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Mélenchon mobilise pour un « troisième tour » contre Macron, appels à l’union de la gauche

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PARIS (Reuters) – Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a estimé dimanche soir que la défaite de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française face à Emmanuel Macron était « une très bonne nouvelle » pour l’unité du pays.

Troisième du premier tour avec près de 22% des voix, il a appelé ses partisans à ne pas se résigner et à engager la bataille des législatives des 12 et 19 juin pour favoriser l’avènement d’un « Tiers-Etat qui peut tout changer ».

« Mme Le Pen est battue, la France a refusé clairement de lui confier son avenir, et c’est une très bonne nouvelle pour l’unité de notre peuple », a-t-il déclaré lors d’une brève allocution.

Quant à Emmanuel Macron, a-t-il poursuivi, « sa monarchie présidentielle survit par défaut et sous la contrainte d’un choix biaisé ».

« Elle surnage dans un océan d’abstention, de bulletins blancs et nuls », a-t-il dit.

Jean-Luc Mélenchon a déclaré que ses pensées se tournaient désormais « vers les futures victimes de cette situation », évoquant notamment les « personnes usées qui partiront à la retraite trois ans plus tard ».

« A toutes et à tous, je dis ‘ne vous résignez pas’, au contraire ‘entrez dans l’action, franchement, massivement' », a-t-il lancé.

« La démocratie peut nous donner de nouveau le moyen de changer de cap », a-t-il martelé, appelant à la mobilisation pour les élections législatives, le « troisième tour ».

ROUSSEL APPELLE À UN ACCORD GLOBAL

Mardi dernier, Jean-Luc Mélenchon a exhorté les électeurs de gauche à l' »élire Premier ministre », appelant implicitement de ses voeux une cohabitation.

« Vous pouvez battre M. Macron et choisir un autre changement », a-t-il insisté dimanche soir.

« Les 12 et 19 juin, un autre monde est encore possible si vous élisez une majorité de députés de la nouvelle Union populaire qui doit s’élargir ». « Le bloc populaire est dans ce pays (…) dorénavant le Tiers-Etat qui peut tout changer », a affirmé le député LFI des Bouches-du-Rhône.

A sa suite, plusieurs figures de gauche, qui a payé ses divisions au premier tour de la présidentielle, ont appelé à l’union.

Le candidat du Parti communiste, Fabien Roussel, a souhaité « un accord global » pour les élections législatives.

« Nous voulons tout faire pour être le plus unis possible autour d’un contrat de législature répondant aux aspirations des Français », a-t-il dit lors d’une déclaration à son QG.

« Nous appelons à créer partout toutes les conditions pour offrir une perspective de victoire à gauche dans ces territoires où l’extrême droite pourrait l’emporter », a-t-il ajouté.

La candidate socialiste Anne Hidalgo a invité pour sa part, dans une vidéo sur Twitter, à « reconstruire une gauche nouvelle » face à une extrême droite qui « n’a jamais été aussi proche du pouvoir ».

Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Yannick Jadot, s’est réjoui sur Twitter que « le pire » soit « évité » au soir du deuxième tour, et a appelé à bâtir, sans se prononcer formellement pour l’union, « l’alternative pour le climat, la justice sociale et la démocratie. »

(Rédigé par Sophie Louet, édité par Tangi Salaün)

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