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Législatives: Accord entre LFI et le PCF.

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) – Après Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Parti communiste a scellé à son tour mardi un accord avec La France insoumise (LFI) en vue des élections législatives de juin.

Les instances du parti de Fabien Roussel, qui a obtenu 2,3% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, ont approuvé dans l’après-midi l’accord passé avec celui de Jean-Luc Mélenchon qui, fort de ses 22% le 10 avril, espère imposer une cohabitation à Emmanuel Macron en permettant à la gauche d’être majoritaire à l’Assemblée nationale.

« Notre Conseil national vient de valider à l’instant l’accord », a écrit sur Twitter Igor Zamichiei, coordinateur de l’exécutif national du Parti communiste.

« Mélenchon Premier ministre » peut-on lire sur les affiches de campagne placardées par les militants de LFI sans attendre l’issue des négociations visant à former une coalition baptisée « Nouvelle Union Populaire écologiste et sociale » en vue des scrutins législatifs des 12 et 19 juin.

« L’histoire est en train de s’écrire en ce jour anniversaire du Front Populaire », a dit à la presse en fin de matinée la députée européenne LFI Manon Aubry, en référence à la victoire du Front populaire le 3 mai 1936.

« On a EELV, le Parti communiste à nos côtés, et j’espère bientôt le Parti socialiste », a-t-elle poursuivi, faisant toutefois état de « pas mal de points de tension » avec le PS dont la candidate Anne Hidalgo n’a obtenu que 1,7% des voix le 10 avril.

Manuel Bompard, directeur de campagne des législatives pour LFI et député européen, a formé le voeu qu’un accord puisse intervenir d’ici la fin de la journée, alors que la répartition des circonscriptions constitue la principale pomme de discorde.

« Le Parti socialiste peine à intégrer son résultat à l’élection présidentielle », a dit Manuel Bompard à la presse. « On fait une proposition qui nous paraît à la hauteur du moment, de l’enjeu, qui respecte l’implantation territoriale du Parti socialiste ».

PARTAGE DE CIRCONSCRIPTIONS

L’accord passé dimanche soir avec Europe-Ecologie-les Verts (EELV) leur permettra d’être présents dans une centaine de circonscriptions, avec l’espoir d’obtenir un groupe de députés à la chambre basse, soit 15 élus. Une cinquantaine aurait été accordée aux communistes, selon une source au PCF.

Sans dévoiler le nombre de circonscriptions proposées au parti dirigé par Olivier Faure, un participant LFI aux négociations rapporte sous couvert d’anonymat que le camp de Jean-Luc Mélenchon a été « généreux » avec le PS. « Mais à un moment donné, il y a une limite pour nos électeurs, pour nous, pour les autres partenaires aussi, et pour l’instant ils sont au-dessus de cette limite », a-t-il ajouté.

Entre autres propositions emblématiques du programme commun figurent la hausse du smic à 1.400 euros, le retour à la retraite à 60 ans et une « véritable planification écologique ».

Le communiqué du PCF indique que l’accord prévoit « la renationalisation d’EDF, d’ENGIE, des autoroutes et des aéroports ».

La version signée avec EELV précise que les signataires seront « prêts à désobéir à certaines règles européennes » tout en soulignant que « la France ne peut avoir pour politique ni la sortie de l’Union, ni sa désagrégation, ni la fin de la monnaie unique ».

« Aujourd’hui toutes les formations de gauche avec qui nous discutons sont d’accord pour remettre en cause un certain nombre de règles européennes qui sont en contradiction avec nos ambitions », a expliqué Manon Aubry mardi à Reuters.

Cette « désobéissance » aux règles européennes, mais aussi les positions radicales de LFI sur des questions relatives à la politique économique et à la laïcité sont jugées inacceptables par de nombreux cadres du PS partisans d’une ligne social-démocrate, pour qui un accord avec LFI revient à faire disparaître leur parti.

« Une partie de l’électorat socialiste préférera s’abstenir ou voter Macron », affirme dans Le Parisien l’ancien ministre socialiste Stéphane Le Foll.

« La radicalité du programme de Jean-Luc Mélenchon va faire fuir nos électeurs et ceux des écologistes vers Emmanuel Macron, qui doit se frotter les mains de tout cela », a renchéri sur RMC l’ancien Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.