Angers : une nouvelle indemnité au sein d’Alrest suscite les critiques de l’opposition municipale
La création d’une indemnité de fonction mensuelle de 1 000 euros pour le président d’Alrest – Papillote et Compagnie, Antoine Lelarge, a provoqué la réaction du groupe d’opposition Demain Angers.

Cette décision a été adoptée lors de l’assemblée générale annuelle de la société, qui s’est tenue mardi, à l’initiative des représentants de la Ville d’Angers. La résolution a été approuvée par les collectivités actionnaires, malgré trois abstentions.
Cette nouvelle indemnité, qui représente 12 000 euros par an, intervient dans un contexte financier que l’opposition qualifie de « préoccupant ». Alrest, société chargée notamment de la restauration scolaire, a enregistré un déficit pour la deuxième année consécutive. Après une perte de 10 857 euros en 2024, le résultat est ressorti à -146 652 euros en 2025.
Par ailleurs, la Ville d’Angers a annoncé le gel de sa subvention annuelle pour 2026. Selon les élus de Demain Angers, cette décision représenterait un manque à gagner proche de 100 000 euros pour la structure, dans un contexte d’inflation persistante.
Les familles au cœur du débat
Le groupe d’opposition souligne également le poids financier supporté par les familles angevines. En 2025, celles-ci ont versé plus de 4,3 millions d’euros au titre de la restauration scolaire, soit près de 48 % du chiffre d’affaires d’Alrest.
Les élus rappellent qu’une nouvelle hausse des tarifs de restauration scolaire a été décidée et estiment que la priorité aurait dû être donnée à la préservation du pouvoir d’achat des ménages.
Lors du dernier conseil municipal, Demain Angers avait proposé la création d’un groupe de travail sur la grille tarifaire afin de la rendre « plus progressive et plus juste ». Le groupe avait également défendu un gel des tarifs pour les quotients familiaux les plus modestes, une mesure qu’il évaluait à 6 000 euros.
Selon l’opposition, cette proposition avait alors été rejetée par la majorité municipale. Antoine Lelarge avait notamment rappelé la nécessité de préserver l’équilibre économique de la restauration collective, en invoquant les dépenses liées aux fournisseurs, aux salaires et aux charges de fonctionnement.
Une décision contestée
Dans un communiqué, Demain Angers juge difficilement compréhensible la création de cette nouvelle indemnité dans le contexte actuel. Le groupe souligne que cette rémunération n’existait pas lors des précédentes mandatures et rappelle que les équipes salariées d’Alrest assurent déjà le fonctionnement administratif et le suivi des instances de gouvernance.
Pour les élus d’opposition, cette décision envoie « un mauvais signal » aux familles, au moment où les contraintes budgétaires sont invoquées pour justifier les augmentations tarifaires.
Ils appellent à ce que les efforts financiers demandés aux habitants soient « équitablement partagés » et que les moyens publics soient prioritairement orientés vers le service rendu aux usagers.


