Du 14 au 18 septembre, Stéphane Iganache sera jugé devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, à Angers. Il devra répondre du meurtre d’Adélaïde Duplouy et de celui de Jean-Claude Havard, tué à son domicile de Chailland (Mayenne) au cours de la cavale du fugitif, en juin et juillet 2023. Il sera également jugé pour des violences commises sur une femme enceinte et plusieurs vols. À quelques jours de l’ouverture du procès, Elodie, la fille de Jean-Claude Havard, accepte pour la première fois, de témoigner pour Angers Info.

Trois ans ont passé. Pourtant, pour Elodie et sa famille, certaines blessures sont toujours à vif. « C’est compliqué. Plus le procès approche, plus le stress augmente », confie la fille de Jean-Claude Havard, tué de dix coups de couteau à son domicile de Chailland (Mayenne). Elle a déjà croisé Stéphane Iganache lors de la reconstitution en présence de ses avocats, Me Thierry Fillion et Me Pascal Rouiller. Le revoir dans le box des accusés ne l’appréhende pas particulièrement.
Mais le procès sera différent. Il faudra entendre les témoignages, revoir les faits, raconter une nouvelle fois ce qui s’est passé ce 1er juillet 2023. Et pour sa famille, cette semaine judiciaire s’annonce éprouvante. Sa mère sera présente, comme les frères, mais aussi les enfants, ses neveux et ses nièces. Tous attendent des réponses.
Car depuis la mort de Jean-Claude Havard, une question demeure, obsédante : pourquoi ? « J’attends des réponses. Pourquoi ? Même si je n’ai pas forcément plus de réponses à la fin, j’aimerais savoir pourquoi il l’a tué. On ne le connaissait pas cet homme. Mon père n’avait rien à faire dans ces histoires. »
Un meurtre pour une voiture ?
Jean-Claude Havard avait 72 ans. Ancien garagiste et ancien conseiller municipal de Chailland, il vivait dans cette maison où il a été retrouvé mort. Le soir du 1er juillet 2023, il devait se rendre au bal des pompiers de la commune. Une soirée qui s’annonçait festive, au cœur de l’été. Mais sa vie s’est arrêtée là, au premier étage de sa maison. Selon les éléments du dossier, il aurait été victime d’une dizaine de coups portés avec une arme blanche. Sa Mercedes avait disparu.
Quelques heures plus tard, la voiture était retrouvée incendiée dans un champ à Cantenay-Epinard, près d’Angers. Pour sa fille, l’incompréhension reste entière. « Pourquoi le tuer pour une voiture ? Juste une voiture. Pourquoi le tuer et s’acharner avec autant de coups de couteau ? Pour quelqu’un qui n’a rien fait. Il dormait, il faisait sa sieste. »
Elle cherche encore à comprendre ce qui a pu conduire cet agresseur à s’en prendre à son père, qui, dit-elle, « n’avait rien à voir avec tout ça ».
Une maison placée longtemps sous scellés
Durant ces trois années, la famille a également dû affronter les conséquences très concrètes du drame. Après les faits, la maison a été placée sous scellés. Sa mère s’est retrouvée sans logement et a dû être hébergée chez sa fille, le temps qu’une solution soit trouvée.
Il a ensuite fallu vider la maison. Dès le lendemain du drame. « Récupérer quelques affaires, vider les frigos, les congélateurs, les objets du quotidien », confie-t-elle. Des gestes banals devenus particulièrement difficiles.
La famille a finalement récupéré la maison qu’en février dernier. Mais elle reste aujourd’hui quasiment inhabitée. Une nouvelle épreuve pour Elodie et ses proches. « On ne va pas dedans. C’est encore très compliqué d’y aller. On ne sait pas ce qu’on en fera. »
Le procès pourrait être l’occasion d’un face-à-face différent. Pas forcément pour obtenir des excuses, mais pour entendre enfin l’accusé répondre aux questions que la famille, représentée par les avocats Me Fillion et Me Rouiller, se pose depuis trois ans. Comment Elodie et ses proches réagiront ? « Je ne sais pas ce que je peux lui dire. Il faut être devant lui pour savoir. »
Pour elle, comme pour les autres proches de Jean-Claude Havard, le procès ne pourra pas effacer ce qui s’est passé. Mais il devra tenter de répondre à cette question qui demeure depuis le 1er juillet 2023 : pourquoi Jean-Claude Havard a-t-il été tué ?