À l’heure où les salariés retrouvent progressivement le chemin du bureau après la pause estivale, une étude consacrée à la productivité au travail place Angers dans le top 10 des villes françaises où les employés sont les plus productifs. La préfecture de Maine-et-Loire arrive à la 9ᵉ place, avec un indice de relâchement de 18,1 %.

La rentrée est souvent synonyme de nouvelles habitudes, de réunions qui reprennent et de bureaux qui se remplissent à nouveau. Mais derrière cette reprise se pose toujours la même question pour les entreprises : les salariés sont-ils réellement concentrés et efficaces dans leur travail ?
Une étude réalisée par Adobe Acrobat s’est intéressée à cette question en interrogeant des propriétaires et dirigeants d’entreprises en France. L’analyse porte notamment sur les comportements susceptibles de peser sur la productivité, mais aussi sur les distractions et le manque de concentration au travail.
Angers dans le top 10 français
Avec son indice de relâchement de 18,1 %, Angers se classe neuvième du classement national. La ville devance notamment Paris, qui ferme ce top 10 avec un indice de 19,3 %.
Dans le détail, 22 % des dirigeants interrogés à Angers évoquent un manque d’efficacité et de régularité dans les tâches du quotidien. En revanche, le phénomène de « coasting », qui désigne le fait de lever progressivement le pied au travail, semble moins marqué : seulement 11 % des dirigeants attribuent une partie de leur baisse de productivité à ce comportement.
Un résultat qui place donc Angers dans une position plutôt favorable à l’échelle nationale, même si certains dirigeants identifient encore des difficultés dans l’efficacité quotidienne des équipes.
Lille largement en tête, Paris ferme le classement
Angers n’est toutefois pas la ville française où les salariés sont jugés les plus productifs. La première place revient très largement à Lille, avec seulement 6,7 % d’indice de relâchement.
La capitale des Hauts-de-France est suivie par Reims, avec 11 %, puis Marseille avec 12,7 %. Bordeaux arrive quatrième avec 14 %, devant Nancy (17 %), Toulouse (17,6 %), Tours (17,7 %) et Nice (18 %).
Angers prend donc la 9ᵉ place avec 18,1 %, juste devant Paris et ses 19,3 %.
Le classement des dix villes
Lille arrive en tête avec 6,7 %, devant Reims (11 %), Marseille (12,7 %), Bordeaux (14 %), Nancy (17 %), Toulouse (17,6 %), Tours (17,7 %), Nice (18 %), Angers (18,1 %) et Paris (19,3 %).
Ce classement réserve quelques surprises. Les grandes métropoles ne sont pas systématiquement celles où les dirigeants constatent le plus de relâchement. Marseille, par exemple, se classe troisième malgré 19 % de dirigeants évoquant une baisse de productivité ou un relâchement au travail.
Après les vacances, le retour de la question du télétravail
Cette étude intervient dans un contexte où l’organisation du travail continue d’évoluer. Télétravail, semaine de quatre jours, flexibilité des horaires ou encore respect des temps de repos sont désormais au cœur des réflexions de nombreuses entreprises.
Au niveau national, 18 % des dirigeants interrogés déclarent avoir constaté une baisse de productivité liée au relâchement de leurs salariés au cours des douze derniers mois. La procrastination constitue également un sujet pour 15 % d’entre eux.
À l’inverse, seuls 13 % des dirigeants d’entreprise sondés n’ont rapporté aucun impact négatif lié au comportement, au niveau de soutien ou à la motivation de leurs salariés.
La question n’est donc plus seulement celle du nombre d’heures passées derrière un écran. Pour les entreprises, l’enjeu consiste aussi à savoir comment maintenir la concentration et l’efficacité tout en permettant aux salariés de conserver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
À Angers, l’efficacité quotidienne reste le principal point de vigilance
Le cas angevin est particulièrement intéressant dans cette étude. Si la ville figure parmi les dix premières du classement, le manque d’efficacité et de régularité dans les tâches constitue le principal indicateur mis en avant.
22 % des dirigeants interrogés à Angers déclarent ainsi observer ce type de difficulté. Le chiffre est nettement supérieur aux 11 % qui associent une partie de la baisse de productivité au « coasting ».
Autrement dit, selon les réponses recueillies dans l’étude, le principal enjeu à Angers ne serait pas forcément celui de salariés qui « lèvent le pied », mais davantage celui de la régularité et de l’efficacité dans le travail quotidien.
La concentration, un enjeu qui dépasse les bureaux angevins
Les difficultés rencontrées par les entreprises ne sont d’ailleurs pas les mêmes partout en France.
En Île-de-France, la forte concurrence et la pression professionnelle constituent une distraction majeure pour 32 % des dirigeants parisiens. En Bourgogne-Franche-Comté, c’est davantage le stress financier, notamment lié à l’inflation ou aux demandes salariales, qui pèse sur les décideurs, avec un taux de 59 %.
La Normandie se distingue également avec le taux le plus élevé de France concernant les pressions personnelles, liées notamment à la vie privée ou à la santé. Elles affectent 60 % des décideurs locaux.
En Nouvelle-Aquitaine, c’est la stabilité des effectifs qui accapare davantage l’esprit des dirigeants. Le départ de membres clés de l’équipe constitue une préoccupation majeure pour 28 % des entreprises de la région.
Ces différences montrent que derrière les chiffres de productivité se cachent aussi des réalités très différentes selon les territoires.
Les entreprises cherchent de nouvelles solutions
Pour tenter de retrouver de la concentration sans nécessairement augmenter la pression sur les salariés, les dirigeants français font évoluer leurs méthodes.
44 % d’entre eux misent désormais sur davantage de flexibilité et sur le respect des temps de repos, tandis que 43 % privilégient la mise en place d’une équipe de confiance.
Ces stratégies traduisent une évolution de la manière dont les entreprises abordent la productivité. L’objectif n’est plus nécessairement de faire travailler davantage les salariés, mais de créer des conditions permettant de rester concentré, efficace et engagé.
Comment l’étude a établi le classement des villes françaises ?
Pour établir ce classement, Adobe Acrobat a interrogé 350 propriétaires et dirigeants d’entreprises en France. L’étude analyse les principales distractions susceptibles de nuire à la performance ainsi que les répercussions financières et opérationnelles du manque de concentration en entreprise.
Elle s’intéresse également aux stratégies mises en place par les dirigeants pour maintenir l’engagement des équipes et favoriser la croissance.
L’indice de relâchement repose sur trois comportements distincts : la baisse de productivité et le relâchement au travail, le manque d’efficacité et de régularité dans les tâches, ainsi que la procrastination et la perte de temps.
Pour chaque ville, les réponses correspondant à ces trois catégories ont été analysées puis combinées afin d’obtenir une moyenne constituant l’indice final.
Plus cet indice est élevé, plus les dirigeants interrogés dans la ville sont susceptibles de signaler des comportements associés à une baisse de productivité.
Les villes pour lesquelles le nombre de réponses était insuffisant pour tirer des conclusions suffisamment claires ont été exclues du classement.
Il faut donc garder une nuance importante à la lecture de ces résultats : l’étude ne mesure pas directement la productivité réelle des salariés angevins ou de ceux des autres villes. Elle repose sur les perceptions et déclarations de propriétaires et dirigeants d’entreprises interrogés.
Angers mieux classée que Paris
Avec une 9ᵉ place nationale et un indice de 18,1 %, Angers apparaît donc dans le groupe des villes où les dirigeants interrogés signalent le moins de comportements associés au relâchement professionnel.
La ville fait notamment mieux que Paris, classée dixième avec 19,3 %.
Un classement qui donne une image plutôt favorable d’Angers à l’heure de la rentrée, alors que les entreprises retrouvent progressivement leur rythme habituel. Mais il rappelle aussi que la productivité ne se résume pas au temps passé au bureau : la concentration, la régularité, l’efficacité et les conditions de travail jouent également un rôle important.
Et alors que les bureaux angevins retrouvent leur animation après l’été, une question reste au cœur des débats sur le monde du travail : faut-il travailler davantage ou simplement travailler plus efficacement ?
en partenariat avec REGIEPRO


