« Certains le voient pour la première fois » : à Angers, le procès de Stéphane Iganache, dit « le fugitif », s’ouvre
Ce lundi matin, le procès de Stéphane Iganache s’est ouvert devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, à Angers. Accusé de deux meurtres, mais aussi d’agression, de vols et de vols aggravés commis durant sa cavale de l’été 2023, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Dès son entrée dans le box, l’émotion a saisi les parties civiles.

Un tee-shirt blanc sur lequel est inscrit « La Réunion », surmonté d’un palmier. Le visage bouffi, les cheveux en pagaille. Au poignet gauche, une montre au bracelet de cuir. Stéphane Iganache, 45 ans, s’est installé dans le box des accusés pour faire face, pendant cinq jours, à la cour, aux jurés et aux familles de ceux dont la mort lui est reprochée.
Mais dans la salle, tous les regards se sont immédiatement tournés vers lui. Pour certains proches des victimes, c’était la première fois qu’ils découvraient, face à face, le visage de celui qui se retrouve aujourd’hui au cœur de ce procès.
À quelques mètres de là, l’émotion a été brutale. Lorsque l’accusé est apparu, la mère d’Adélaïde Duplouy s’est effondrée en larmes dans les bras de son mari. Une main portée au visage, l’autre serrée dans celle de son époux. La scène, silencieuse, a traversé la salle. Pendant quelques instants, l’ouverture du procès a laissé place à une douleur qui, trois ans après les faits, semble toujours aussi vive.
Adélaïde Duplouy, 40 ans, avait été retrouvée morte à son domicile d’Angers le 22 juin 2023. Selon l’accusation, elle aurait été étranglée pendant la cavale de Stéphane Iganache, qui venait de ne pas réintégrer le centre de détention d’Argentan après une permission de sortie.

Après ce premier décès, une traque de plusieurs jours s’était engagée dans l’Ouest. Le fugitif est notamment soupçonné d’avoir commis plusieurs vols et agressions, avant de rejoindre la Mayenne. À Chailland, Jean-Claude Havard, un ancien élu et garagiste à la retraite, avait été retrouvé mort à son domicile début juillet 2023. Là encore, Stéphane Iganache est accusé du meurtre.
Cinq jours pour revenir sur une cavale meurtrière
Ce lundi matin, la cour doit d’abord installer le cadre de ce procès hors norme.
Le tirage au sort des jurés ouvre les débats. Puis le président de la cour procède à la lecture du rapport introductif, revenant sur les principaux éléments de l’affaire et sur les faits qui conduisent aujourd’hui Stéphane Iganache devant les assises.
Les témoins doivent ensuite se succéder à la barre. Au fil des cinq journées d’audience, la cour devra revenir sur les circonstances des deux morts, mais aussi sur la cavale du fugitif, les différentes agressions et les vols de véhicules qui lui sont reprochés.
Le parcours de l’accusé sera également au cœur des débats. Stéphane Iganache comparaît en récidive. Il avait déjà été condamné en 2017 à douze ans de réclusion criminelle pour une tentative de meurtre sur une surveillante pénitentiaire avec laquelle il entretenait une relation.

Le procès doit se poursuivre jusqu’à vendredi. Le verdict est attendu le 18 septembre. Stéphane Iganache encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Mais avant les expertises, les témoignages et les interrogatoires, c’est une image qui restera peut-être comme celle de cette première matinée : celle d’une femme qui, en découvrant le visage de l’accusé, s’effondre dans les bras de son mari.
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