
Le procès de Nicolas Boitrelle se poursuit devant la cour criminelle de la Charente, à Angoulême. Ce jeudi 17 septembre 2026, les parties civiles ont pris la parole pour raconter les conséquences humaines, financières et psychologiques des incendies qui lui sont reprochés. Parmi elles, plusieurs agriculteurs du Sud Charente ont décrit des années encore marquées par les feux de 2022 et 2023.
Des incendies qui ont détruit des exploitations entières
Depuis le début de cette nouvelle journée d’audience, les témoignages dressent le bilan des dégâts provoqués par plusieurs incendies survenus dans le Sud Charente.
Un agriculteur d’Yviers a notamment raconté la destruction de son hangar agricole, touché par un incendie le 21 août 2023. Environ 1 000 tonnes de fourrage sont parties en fumée. Trois ans après les faits, les conséquences restent importantes pour son exploitation, entre les pertes matérielles et l’organisation mise en place depuis pour surveiller ses autres lieux de stockage.
Dans le secteur de Bardenac, un éleveur de veaux a, lui aussi, été durement touché. Quelque 250 tonnes de paille ont brûlé durant l’été 2023. Pour faire face aux pertes, il a dû céder une partie de son cheptel. Son activité a également subi une forte dégradation financière.
Un autre témoignage a concerné l’incendie d’un bâtiment agricole, le 4 août 2023. Le propriétaire a évoqué un préjudice supérieur au million d’euros. Des engins agricoles, du carburant, du fourrage et des équipements, dont des panneaux solaires, avaient notamment été détruits. Selon son témoignage, cette installation photovoltaïque représentait également une source de revenus annuelle désormais disparue.
La peur et le traumatisme toujours présents
Au-delà des dégâts matériels, les parties civiles ont insisté sur les conséquences psychologiques des incendies.
Plusieurs témoins ont expliqué avoir dû suivre une thérapie ou un accompagnement psychologique après les faits. D’autres ont décrit les nuits de surveillance mises en place autour des exploitations pour éviter un nouveau départ de feu.
À Yviers, un agriculteur a raconté avoir organisé une surveillance de ses stocks après l’incendie de son hangar. Il a également fait état de ses craintes pour l’avenir, notamment à l’idée d’une éventuelle sortie de détention de Nicolas Boitrelle.
À Bardenac, la période des feux a également laissé une profonde empreinte. La présence de nombreux incendies dans le secteur avait installé un climat de suspicion et de tension parmi les habitants et les agriculteurs.
La famille d’un agriculteur dont le bâtiment avait brûlé a, elle aussi, expliqué les répercussions du sinistre. Le traumatisme a touché les enfants, tandis que la famille a dû changer de logement. Plusieurs années après, la reconstruction de l’exploitation se poursuit encore et les difficultés financières demeurent.
Un été 2022 particulièrement éprouvant pour les pompiers
Les témoignages des victimes ont également été précédés par ceux des sapeurs-pompiers appelés à intervenir sur les différents feux.
Lors de l’audience, les responsables du Sdis de la Charente ont décrit un été 2022 particulièrement difficile, marqué par une succession d’incendies dans le département alors que d’autres feux majeurs frappaient la Gironde.
L’incendie de Boisbreteau et Oriolles, survenu le 8 août 2022, a notamment mobilisé environ 300 sapeurs-pompiers venus de plusieurs départements ainsi que des moyens aériens. Le feu s’était propagé pendant plusieurs jours, jusqu’au 11 août, avec une reprise.
Pour les pompiers, cette période avait également été marquée par la nécessité de rester constamment en alerte, parfois dans des conditions difficiles, notamment lors des interventions nocturnes.
Le procès doit se poursuivre jusqu’à vendredi devant la cour criminelle de la Charente. À travers les témoignages des parties civiles, l’audience met désormais en lumière une autre dimension du dossier : celle des conséquences qui, plusieurs années après les incendies, continuent de peser sur les victimes et leurs familles.
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