Exclusif. « C’est un véritable fléau » : 2 000 bonbonnes de protoxyde d’azote ramassées depuis janvier, la ville d’Angers va faire payer les consommateurs
Le phénomène prend une ampleur préoccupante à Angers. Depuis le début de l’année 2026, près de 2 000 bonbonnes de protoxyde d’azote ont déjà été ramassées par les services de la Ville. Face à l’explosion du phénomène, la municipalité veut désormais aller plus loin. Une facturation de 200 € pour le retraitement des déchets sera ajouté à l’amende pour consommation et détention.

Elles sont abandonnées sur les trottoirs, dans les parcs, aux abords des établissements scolaires ou encore dans les rues du centre-ville. Les bonbonnes métalliques de protoxyde d’azote sont devenues un déchet récurrent à Angers. Et les chiffres communiqués par la Ville à Angers Info donnent une idée de l’ampleur du phénomène.
Depuis 2022, environ 4 000 bonbonnes avaient été ramassées sur le territoire angevin. Mais, depuis le début de l’année 2026, les services municipaux en ont déjà collecté 2 000 supplémentaires, notamment par l’intermédiaire des agents de la propreté et de la police municipale.
Autrement dit, en quelques mois, la moitié du volume enregistré depuis 2022 a de nouveau été ramassée. Cela représente environ 200 bonbonnes par mois, soit près de 50 chaque semaine.
« On a déjà payé 15 000 euros de traitement des déchets, ce qui revient à un coût par bonbonne de 7 euros que supporte la collectivité », indique de son côté Stéphane Pabritz, conseiller municipal chargé de la propreté.
« On a déjà payé 15 000 euros de traitement »
Pour la Ville, le problème n’est plus seulement celui de la consommation du gaz hilarant. Il est aussi devenu un problème de propreté et de finances publiques.
Anthony Lusson, adjoint à la sécurité et à la prévention, entend donc durcir le dispositif. Une délibération doit être examinée lors du conseil municipal du lundi 28 septembre 2026. L’élu souhaite notamment instaurer une facturation de 200 € pour le retraitement des déchets, lorsqu’une personne est verbalisée dans le cadre de la consommation ou de la détention de protoxyde d’azote. « En 2025, la ville d’Angers avait déjà publié un arrêté municipal sur ces questions de consommations et détentions. Nous étions précurseurs sur la question », précise Anthony Lusson.
La municipalité entend ainsi faire peser davantage le coût de ces déchets sur ceux qui les abandonnent, alors qu’une amende de 150 € peut déjà sanctionner la consommation ou la détention dans les conditions prévues par la réglementation.
Un travail supplémentaire pour les agents
Derrière ces milliers de bonbonnes se trouvent aussi des agents municipaux qui doivent les récupérer, les transporter puis les stocker avant leur traitement.
Stéphane Pabritz insiste sur la difficulté de cette mission pour les équipes municipales. « Ils doivent collecter, trier puis les stocker au centre technique. On trie aussi dans les déchetteries. Tout ça a un coût. »
Une opération qui se répète désormais chaque semaine et mobilise des agents qui doivent déjà assurer le nettoyage quotidien de l’espace public. Le problème ne s’arrête donc pas au simple abandon d’une petite bouteille métallique. Chaque bonbonne ramassée doit être prise en charge par la collectivité.
La Ville réfléchit donc à compléter la réponse répressive par un volet de sensibilisation, notamment auprès des jeunes publics. L’objectif serait de rappeler les risques liés à l’usage détourné de ce gaz, au-delà de la seule question des déchets abandonnés dans les rues.
Car le protoxyde d’azote vient désormais s’ajouter, dans les préoccupations municipales, aux problématiques liées à l’alcool et aux autres consommations de stupéfiants.
Le sujet s’invite dans les réunions sur la vie nocturne
Le sujet doit d’ailleurs revenir rapidement sur la table. Anthony lusson prévoit d’aborder le protoxyde d’azote mardi, lors d’une réunion consacrée à la vie nocturne en présence des propriétaires de bars et établissements de nuit.
L’élu indique également que le phénomène a été évoqué lors d’une réunion tenue récemment avec plusieurs élus du territoire. Le constat semble partagé : « les petites bonbonnes sont désormais suffisamment nombreuses dans l’espace public pour constituer un problème à part entière », ajoute l’adjoint en charge de la sécurité.
La prochaine étape se jouera donc au conseil municipal. La Ville souhaite désormais faire évoluer sa réponse, en combinant sanction, facturation du traitement des déchets et prévention. Reste à savoir si cette nouvelle mesure permettra de freiner un phénomène qui coûte déjà plusieurs milliers d’euros à la collectivité et mobilise chaque semaine les agents municipaux.
en partenariat avec REGIEPRO


