À Cherbourg, les lampadaires rallumés la nuit relancent le débat sur les économies et la sécurité

Depuis le 29 septembre 2026, l’éclairage public est progressivement rallumé entre 1 h et 5 h dans les rues de Cherbourg-en-Cotentin. La mesure, défendue par la nouvelle majorité au nom des demandes d’habitants et du sentiment de sécurité, fait débat avec l’opposition. Le coût de ce retour de la lumière donne notamment lieu à deux estimations différentes.
Les rues de Cherbourg-en-Cotentin retrouvent progressivement leur éclairage pendant une partie de la nuit. Depuis mardi 29 septembre, les lampadaires sont programmés pour fonctionner entre 1 h et 5 h du matin, un changement annoncé par la maire Camille Margueritte.
Cette mesure constitue un changement par rapport au dispositif mis en place en mai 2025 par l’ancienne municipalité socialiste de Benoît Arrivé, après deux années de concertation avec les habitants.
Le retour de l’éclairage avait été présenté comme un engagement de campagne de la nouvelle majorité. La municipalité explique notamment vouloir répondre aux inquiétudes exprimées par certains habitants concernant le sentiment d’insécurité dans certains quartiers ou à certaines heures.
Une facture qui fait débat
Au conseil municipal du mardi 29 septembre, l’opposition a rapidement interrogé la majorité sur le coût de cette décision.
Anne Ambrois, conseillère municipale d’opposition et ancienne maire de la commune déléguée de La Glacerie, a rappelé que l’extinction nocturne permettait selon elle de réaliser 360 000 euros d’économies par an.
Face à cette estimation, Benjamin Maillard, chargé de la sécurité au sein de la municipalité, avance un montant différent. Selon lui, la Ville évalue aujourd’hui à environ 250 000 euros les économies associées au maintien de certaines mesures de sobriété énergétique.
L’écart entre les deux chiffres reflète donc aussi des méthodes de calcul et des hypothèses différentes. La majorité entend par ailleurs poursuivre la réduction des dépenses liées à l’éclairage grâce au passage progressif du parc aux LED.
Le budget 2026 de Cherbourg-en-Cotentin prévoit justement 5,5 millions d’euros pour les aménagements de voirie et les travaux d’éclairage public, au sein des investissements consacrés au développement et au cadre de vie.
Des milliers de points lumineux progressivement reprogrammés
Le retour de l’éclairage ne s’effectue pas en une seule fois. Les services municipaux ont dû reprogrammer les installations secteur par secteur afin de permettre leur fonctionnement durant la tranche horaire retenue.
La Ville avait indiqué cet été que 669 équipements devaient ainsi être remis à jour.
En parallèle, la collectivité poursuit la modernisation de son parc. Une partie des installations a déjà été convertie à la technologie LED, avec l’objectif de réduire la consommation d’électricité et les dépenses de fonctionnement.
Cette stratégie doit permettre de concilier le retour de la lumière une partie de la nuit avec la poursuite des efforts de maîtrise énergétique.
Sécurité ou éclairage ciblé, les élus ne s’accordent pas
Pour la majorité municipale, le retour de l’éclairage répond avant tout aux demandes exprimées par des habitants. Benjamin Maillard cite notamment les sollicitations reçues par les services municipaux d’Équeurdreville-Hainneville, dont une part importante concernait l’éclairage public.
L’opposition estime toutefois qu’il aurait été possible de retenir des solutions plus ciblées. Parmi les pistes évoquées figurent le maintien de l’extinction dans certains secteurs, une modification des horaires ou encore une adaptation de l’intensité lumineuse en fonction des besoins.
Au-delà de la question financière, le débat porte donc aussi sur le lien entre éclairage public et sentiment d’insécurité. L’opposition demande notamment que ce sentiment soit distingué des données objectives concernant la délinquance.
La Ville doit désormais poursuivre la remise en fonctionnement des équipements concernés. La modernisation du parc en LED constitue parallèlement l’un des leviers avancés pour contenir les dépenses liées à cette nouvelle politique d’éclairage nocturne.
en partenariat avec REGIEPRO


