À Angers, il lance des pierres vers les policiers devant le lycée Chevrollier : pourquoi le tribunal le relaxe ?

Jugé en comparution immédiate, ce jeune homme de 19 ans était poursuivi pour avoir lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre lors de la manifestation lycéenne du jeudi 8 octobre, devant le lycée Chevrollier, à Angers. Malgré des images le montrant jeter des pierres, le tribunal a prononcé sa relaxe. On vous explique pourquoi.

Une intrusion a eu lieu ce jeudi matin au lycée Chevrollier à Angers. Un professeur a été blessé à la tête. Jusqu’à 2 000 personnes étaient rassemblées devant l’établissement.
Crédit Angers Info / Les faits remontent au jeudi 8 octobre, lors d’une manifestation lycéenne marquée par des tensions devant l’établissement angevin.

Les images sont sans équivoque sur un point : on y voit un jeune homme lancer des pierres en direction des policiers, à une trentaine de mètres de lui. Pourtant, à l’issue de son procès en comparution immédiate, ce lundi 12 octobre, le tribunal d’Angers a décidé de relaxer entièrement ce manifestant de 19 ans, poursuivi à la suite des incidents survenus devant le lycée Chevrollier, à Angers.

Les faits remontent au jeudi 8 octobre, lors d’une manifestation lycéenne marquée par des tensions devant l’établissement angevin. Le jeune homme, qui n’est pas scolarisé au lycée Chevrollier, apparaît sur plusieurs vidéos en train de jeter des projectiles vers les forces de l’ordre. Il est également aperçu avec un mortier usagé.

Interpellé après les faits, il a été placé en garde à vue avant d’être présenté devant le tribunal judiciaire d’Angers dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.

À l’audience, le prévenu explique qu’il ne fait pas partie du mouvement lycéen. Son avocat, maître Jérôme Vincent, conteste la qualification des faits et plaide la relaxe.

« Il n’y a pas de choc »

Pour la défense, l’absence de contact entre les projectiles et les policiers constitue un élément déterminant. Selon les éléments évoqués à l’audience, les pierres lancées en direction d’un fonctionnaire de police sont retombées à environ un mètre de lui. Les policiers n’ont pas non plus fait usage de leurs boucliers pour se protéger de ces jets.

Maître Jérôme Vincent soutient ainsi que l’infraction reprochée à son client suppose un résultat qui, selon lui, n’est pas caractérisé dans cette affaire. « Il n’y a pas de choc », résume en substance la ligne défendue par l’avocat.

La défense entend donc distinguer le geste visible sur les images de la caractérisation juridique de l’infraction poursuivie. Si les vidéos montrent bien des jets de pierres en direction des forces de l’ordre, encore faut-il, selon l’argumentation développée à l’audience, que les éléments constitutifs de l’infraction soient réunis.

Le tribunal prononce la relaxe

Le procureur de la République avait pourtant requis une condamnation. Le tribunal n’a finalement pas suivi ses réquisitions et a prononcé la relaxe intégrale du jeune homme.

Cette décision signifie que le prévenu n’est pas condamné pour les faits qui lui étaient reprochés dans cette procédure. Elle ne signifie pas pour autant que les images ne montrent aucun jet de projectile, mais que le tribunal n’a pas retenu sa culpabilité pénale au regard de l’infraction poursuivie.

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