Des vidéos d’enfants découvertes sur ses téléphones : un ancien animateur périscolaire d’Angers remis en liberté
Mis en examen en juillet dernier pour des faits à caractère sexuel visant au moins six enfants, un ancien animateur périscolaire a demandé sa remise en liberté devant la chambre de l’instruction, ce mercredi 14 octobre 2026. La découverte de vidéos d’enfants filmés dans des toilettes et les risques de réitération ont été au cœur des débats. Le parquet général s’est opposé à sa libération mais la chambre de l’instruction a ordonné son placement sous contrôle judiciaire.

Thomas J., 26 ans, arrive entouré d’une escorte de l’administration pénitentiaire. Menottes aux mains, il tremble. Pantalon noir, tee-shirt blanc, le regard est apeuré devant les magistrats de la Cour d’Appel d’Angers.
Le jeune homme, domicilié à Angers et originaire de la région de Tours, est mis en examen depuis juillet dernier dans une enquête portant sur des faits à caractère sexuel concernant des enfants. À l’époque, il travaillait comme animateur dans des écoles et des structures périscolaires de la capitale angevine.
L’affaire éclate lorsque, en plein milieu de l’été, un enfant âgé de trois ans et demi raconte à son père que Thomas l’a « embêté ». Selon les propos rapportés, l’enfant explique que l’animateur lui aurait touché les fesses et le sexe.
Le père alerte alors les responsables de la structure. L’employeur de l’animateur, la Ville d’Angers, le suspend de ses fonctions. Le jeune homme est interpellé 48h après à son domicile par les policiers.
Les policiers découvrent des vidéos montrant de jeunes enfants, âgés d’environ cinq à six ans, filmés dans des toilettes. Sur plusieurs séquences, des enfants apparaissent avec les fesses écartées. D’autres vidéos auraient également été réalisées dans ces circonstances. Deux téléphones sont saisis au domicile du mis en cause.
Interrogé sur ces images, le jeune homme évoque des pulsions qu’il dit ressentir depuis plusieurs années. « On sait qu’on n’a pas le droit et c’est ça qui me… », explique-t-il dans la procédure. Selon ses déclarations rapportées, il décrit un mélange de désir, de culpabilité et de honte.
Les enquêteurs découvrent également sur ses appareils des vidéos d’adultes filmés à leur insu sur une plage naturiste. Ces éléments viennent s’ajouter aux investigations concernant les enfants.
Une envie de travailler au contact des enfants
Titulaire du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) depuis 2019, Thomas J. était notamment intervenu dans des clubs d’échecs avant de travailler auprès d’enfants dans deux écoles angevines au cours de l’été.
Devant la chambre de l’instruction, il revient sur son parcours et ses choix professionnels. Il explique avoir longtemps été en difficulté dans ses orientations, ressentant une pression familiale pour trouver sa voie.
« J’aime transmettre et c’est pour ça que j’ai voulu aller vers ce public d’enfants qui me faisait confiance », explique-t-il, avant d’évoquer ses hésitations professionnelles et son désir de trouver une activité qui lui corresponde.
Il insiste toutefois sur le fait que ses difficultés d’orientation ne justifient pas les faits qui lui sont reprochés. Il affirme aujourd’hui vouloir se tourner vers d’autres secteurs, notamment la logistique ou l’industrie du transport, afin de reconstruire sa vie professionnelle.
« Je me sens terriblement honteux d’avoir commis ce que j’ai fait, j’assume totalement mes actes, mais ils ne signifient pas ce que je suis », déclare-t-il. Il affirme vouloir être soigné et retrouver sa famille, qu’il décrit comme unie.
La défense plaide pour un retour auprès de ses parents
Son avocate, Me Paul Lydie, soutient que le risque de renouvellement des faits peut être écarté. Son client envisage de repartir vivre chez ses parents, dans la région de Tours, et aurait déjà entrepris des démarches pour reprendre une formation auprès de l’Afpa.
La défense met également en avant les conditions de détention du jeune homme. Placé à l’isolement depuis plus de deux mois après avoir fait l’objet de menaces de la part d’autres détenus, il rencontrerait des difficultés pour accéder à la bibliothèque de la maison d’arrêt et effectuer des recherches en vue de préparer sa réinsertion.
Son avocate insiste sur le cheminement personnel engagé depuis son incarcération et sur les interrogations qu’il dit avoir menées concernant son comportement. Elle défend la possibilité d’un accompagnement hors de la détention, dans un cadre strictement contrôlé.
Le parquet général estime qu’il est trop tôt pour le libérer
Le parquet général s’oppose toutefois à cette remise en liberté. Pour l’accusation, il est prématuré d’envisager un retour à l’extérieur alors que le mis en examen n’a pas encore été interrogé sur le fond de l’ensemble des faits. La procureur révèle aussi l’existence d’une listing que le mis en cause tenait. Dessus, le nom des enfants avec qui il est déjà entré en contact.
À la fin de l’audience, Thomas J. reprend la parole. Il dit mesurer la gravité de ce qui lui est reproché et exprime sa honte. « Qu’on me laisse une seconde chance », demande-t-il, disant espérer pouvoir construire un avenir différent.
Lors de sa mise en examen, fin juillet 2026, le juge des libertés et de la détention avait décidé de sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Mais le parquet a fait appel de cette décision dans le cadre d’une procédure de référé-détention.
Ce mercredi 14 octobre, la chambre de l’instruction devait examiner les conditions dans lesquelles cette remise en liberté pouvait être accordée. Après en avoir délibéré, la chambre de l’instruction a confirmé l’ordonnance du juge des libertés et de la détention plaçant le mis en examen sous contrôle judiciaire.
Le contrôle judiciaire ordonné par le juge des libertés et de la détention comporte notamment une interdiction de paraître dans le Maine-et-Loire, une interdiction de contact avec les plaignants et leurs familles, une obligation de soins et une interdiction d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs.
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