Maine-et-Loire
CHU d’Angers : les urgences en grève illimitée, la colère des soignants face à une direction jugée sourde

La mobilisation est forte ce lundi au CHU d’Angers. Depuis ce matin, des professionnels paramédicaux des urgences sont engagés dans une grève illimitée à l’appel du syndicat Force Ouvrière. Une trentaine de soignants se sont réunis en assemblée générale devant le service pour dénoncer un manque de moyens devenu, selon eux, insupportable, tant pour les équipes que pour les patients.
Alors que la direction affirmait ces derniers jours que la situation revenait progressivement à la normale, les soignants dénoncent un discours déconnecté de la réalité du terrain. Dès les premières heures de la journée, les difficultés habituelles ont refait surface, avec un nombre très limité de lits disponibles pour hospitaliser les patients et un flux aux urgences de nouveau en hausse. Des mesures temporaires qui, selon les grévistes, ne règlent en rien les problèmes structurels du service.
Des situations de mise en danger dénoncées
Face à l’absence de réponses concrètes, les grévistes ont décidé de se rendre à la direction générale afin de porter directement leurs revendications. Ils ont occupé pendant près de deux heures le hall devant le bureau de la directrice générale, escortés par la sécurité du CHU.
Lors de cet échange avec le directeur général adjoint, des professionnels paramédicaux ont dénoncé des situations qu’ils qualifient de mises en danger des patients. Ils rappellent que, ces derniers mois, trois patients seraient décédés avant même d’avoir pu être pris en charge par un médecin, en raison de la saturation extrême des urgences. Une situation vécue comme un traumatisme pour des professionnels déjà à bout.
Une direction retranchée et le recours à la sécurité
L’absence de la directrice générale a cristallisé la colère des équipes. Pire encore, selon Force Ouvrière, le recours à la sécurité pour encadrer les grévistes constitue une première dans l’histoire du CHU d’Angers. Une décision incomprise et vivement critiquée. « Nous, nous n’agressons personne. Ce sont les soignants qui se font agresser quotidiennement aux urgences », a lancé une syndicaliste sur place.
Après deux heures d’attente, la directrice générale est brièvement apparue pour indiquer qu’elle ne recevrait pas les soignants ce jour-là, évoquant des contraintes professionnelles. Une éventuelle rencontre serait reportée au lendemain. Un message perçu comme un profond mépris par les équipes mobilisées depuis plusieurs jours pour obtenir des moyens durables.
Grève reconduite et appel à la mobilisation
À l’issue de cette journée sans avancée, les soignants ont voté la reconduction de la grève illimitée. Ils continuent de réclamer l’ouverture de lits d’aval pérennes afin de fluidifier les hospitalisations, ainsi que la création d’un poste d’aide-soignant supplémentaire présent 24 heures sur 24 aux urgences.
La CGT appelle à une mobilisation large pour soutenir les grévistes et défendre l’accès aux soins pour tous. Un nouveau rassemblement est prévu jeudi 22 janvier 2026 à 13 heures devant les urgences du CHU d’Angers. Les soignants, déterminés, préviennent qu’ils ne lâcheront rien tant que leurs revendications resteront ignorées.
