Montreuil-au-Houlme : le chantier de la carrière à l’arrêt après une coupe d’arbres jugée illégale

C’est une victoire d’étape pour les opposants au projet de carrière de granulats dans l’Orne. Depuis le 12 mars 2026, les engins sont à l’arrêt à Montreuil-au-Houlme. En cause : le non-respect des périodes d’abattage des arbres et des haies, déclenchant une intervention immédiate de la Dréal (Direction régionale de l’Environnement).
Un calendrier environnemental non respecté
Le projet, porté par le groupe Pigeon et la société Socaorne, est encadré par un arrêté préfectoral très strict datant d’août 2025. Si la règle générale interdit la taille des haies à partir du 15 mars pour protéger la nidification, l’autorisation spécifique de ce chantier était encore plus contraignante.
Selon la Dréal, les opérations de coupe ne pouvaient légalement se dérouler qu’entre septembre et octobre, afin d’éviter les périodes sensibles pour la faune locale. En abattant des arbres le jeudi 12 mars, l’entreprise s’est mise en infraction avec son propre cadre réglementaire.
La vigilance citoyenne porte ses fruits
Ce sont les riverains et le collectif d’opposants qui ont donné l’alerte en contactant France Nature Environnement. Ils dénoncent un passage en force de l’industriel.
Le constat : Des haies et des arbres ont été mis à terre en dehors des fenêtres autorisées.
La conséquence : La Dréal a ordonné l’arrêt immédiat des coupes. Aucun abattage ne pourra désormais reprendre avant septembre 2026.
“Quand on enfreint la loi, nous sommes sanctionnés. La société doit l’être aussi”, réclame le collectif, qui s’inquiète de la garantie du respect des règles pour la suite du chantier.
Une bataille juridique plus large
Ce coup d’arrêt n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le projet de carrière fait l’objet d’une vive contestation entre Flers et Argentan.
Un recours au fond : Une procédure visant l’annulation totale de l’autorisation d’exploiter a été déposée en octobre 2025.
Instruction en cours : Le dossier est actuellement entre les mains du tribunal administratif de Caen.
Les opposants pointent également du doigt une étude environnementale qu’ils jugent “biaisée”, affirmant que les relevés d’espèces auraient été réalisés en plein été, période où la biodiversité est la moins visible sur le site. Sollicitée, l’entreprise n’a pas encore apporté de réponse officielle à ces accusations.


