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Angers SCO Rugby : Pierre-Henry Deauze fait le bilan de la saison

Aidan
05/06/2026
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Pierre-Henry Deauze, entraîneur d’Angers SCO Rugby, dresse le bilan d’une saison « pleine de promesses malgré l’inachevé », lors d’un entretien réalisé au complexe de la Baumette, ce vendredi 5 juin 2026. Crédit Aidan Bossard

À l’occasion d’une interview accordée ce vendredi 5 juin 2026, l’entraîneur d’Angers SCO Rugby, Pierre-Henry Deauze, est revenu sur la saison 2025/2026. Une année pleine de hauts et de bas, mais au bilan globalement positif pour le club angevin.

« Une saison qui a un goût d’inachevé, mais de laquelle on tire beaucoup de positif. » Ce sont les mots du coach Pierre-Henry Deauze pour décrire la presque montée en Fédérale 2 de son club. Récit d’une rencontre avec le technicien angevin, à son poste depuis sept ans, ce vendredi matin au complexe de la Baumette, juste à côté du stade et de sa tribune solitaire.

Malgré la désillusion de l’élimination en 16es de finale, quel regard global portez-vous sur la saison qui s’achève ?

Pierre-Henry Deauze : Sur ce double match des 16es de finale, on pourrait se dire qu’il y a un goût d’amertume et que l’on n’a pas atteint notre objectif sportif. Mais sur la saison dans son ensemble, je pense qu’on a démontré de belles valeurs collectives et, surtout, que le groupe a énormément progressé. Sur la double confrontation (défaite 23-19 à l’aller, et 19-29 au match retour), le Paris 15 nous a été supérieur. On leur a posé beaucoup de problèmes, mais on n’est pas arrivé à scorer, ce qui entache un peu la performance collective. On n’était pas loin, on aurait pu, mais en toute lucidité, il faut se dire que nous n’avons pas réussi et que ce match doit nous servir pour les prochaines années.

Quels ont été les grands moments positifs de cette saison ?

Je pense qu’il y a eu des moments charnières. Notre victoire à Sancerre a été capitale, dans des conditions climatiques un peu compliquées, face à une équipe qui possède d’énormes valeurs de solidarité. On a réussi à faire un match très costaud à l’extérieur. Je pense aussi à la victoire contre Orsay ici, avec une fin de match un peu moins maîtrisée, mais qui nous permet quand même de gagner alors qu’ils ont la transformation de la gagne sur la dernière action. C’était plutôt pas mal. Et le dernier point positif, c’est forcément d’avoir franchi ce plafond de verre, alors qu’on s’était toujours arrêté en 32es de finale jusqu’à présent.

Et en termes de moments difficiles, qu’est-ce qui vous a aidé à grandir ?

Dans les moments compliqués, il y a quelque chose qui a beaucoup soudé le club. On a mal commencé le championnat l’année dernière. Notre défaite à Orsay a fait particulièrement mal, car on prend 50 points là-bas alors qu’à la mi-temps, on se disait qu’on tenait bien le match. Je pense que cela a servi de déclic au collectif et à l’ensemble du staff.

On a beaucoup travaillé sur les deux groupes. L’équipe première est la vitrine, entre guillemets, mais il y a eu un gros boulot de fait avec l’équipe réserve. On a fait bloc sur la saison et c’est grâce à cela qu’on a réussi à finir premiers avec les deux collectifs. Nos deux équipes s’arrêtent en 16es contre Paris 15, qui est encore en course en quarts de finale, et Paris XO, qui est en demi-finale d’Excellence B. Cela veut dire que l’on est tombé contre des équipes qui avaient de grosses ambitions. Notre seul regret est de se dire que, sur ces deux matchs, on n’était vraiment pas loin.

Pour cet été, la direction reste-t-elle la stabilité ?

Bien sûr. Près de 90 % du staff reste en place. On va encore se structurer, essayer d’aller un peu plus loin dans notre développement. Il y a seulement mon collègue Guillaume Grison qui arrête. En termes d’effectif pour l’année prochaine, une forme de stabilité se dégage très clairement. Nous avons des départs, comme celui de Lasha (Tavberidze), notre joueur « Waouh » j’ai envie de dire, qui repart en Géorgie. Nous avons aussi Iban Damestoy, peut-être notre meilleur joueur cette année, qui rentre au Pays Basque. Il était arrivé pour ses études et sa vie professionnelle, et il avait annoncé dès le départ que ce serait sa dernière année. Cela fait au moins trois saisons que l’on s’appuie sur une grosse stabilité autour du groupe.

De leur côté, on a des bénévoles et des dirigeants qui mettent en place les conditions qui permettent aux joueurs d’évoluer à un bon niveau fédéral, tout en bénéficiant d’infrastructures de qualité.

Les blessures sont courantes au rugby. Comment avez-vous géré cet aspect ?

C’est souvent le point noir d’une saison. Nous n’avons pas eu énormément de grosses blessures, plutôt des petits bobos un peu trompeurs, donc on a eu de la chance. Il y’a juste eu notre seconde ligne, Romain Bourgine, qui s’est fait mal aux ligaments croisés. Il a quand même pu finir la saison sur le terrain.

Sur ce plan là, nous avons la chance d’avoir une cellule médicale et, désormais, un joueur qui est ostéopathe anime tout cela. On a mis en place un protocole interne quand les joueurs se font mal, peu importe la gravité de la blessure. Cela permet d’obtenir un premier diagnostic par le joueur à la double casquette, puis, derrière, nous avons une organisation interne avec des spécialistes qui permet de prendre rapidement des rendez-vous avec des médecins du sport. On est vraiment sur un niveau amateur, mais qui se structure de façon professionnelle.

Après, il y a la question des commotions. Pour ça, nous suivons un processus interne strict qui permet de diagnostiquer et d’isoler les joueurs. Les joueurs sont bloqués 21 jours s’il y a une suspicion. Il m’arrive d’en déclarer moi-même à l’entraînement, car on cherche avant tout à protéger les gars dans leur pratique. On fait également beaucoup de préventif à l’entraînement pour limiter les risques de blessures.

Le rugby n’est pas forcément le sport le plus populaire en Anjou. Avez-vous bénéficié d’un soutien populaire cette année ?

C’est l’un de nos objectifs sur le long terme. Les places restent gratuites pour venir nous voir. Cette année, on a eu la chance d’avoir beaucoup plus de monde au stade. Les chiffres sont en croissance et c’est le fruit du travail de tout le monde : les joueurs et les dirigeants font un vrai boulot de fond là-dessus. C’est un équilibre entre nos bénévoles et nos salariés. Je pense qu’on était à peu près 1 500 spectateurs sur le match contre Paris 15. C’est énorme pour nous, et cela montre la dynamique autour de l’équipe. Il y a aussi de plus en plus de monde autour de la pratique des jeunes, car on se veut très formateurs.

Après, il faut être réaliste, on est à notre place dans la hiérarchie des clubs sportifs d’Angers. Il y a des clubs devant nous qui fonctionnent très bien, mais on entretient du lien avec eux. Cela a commencé avec l’EAB (basket) et maintenant c’est avec l’UFAB (basket féminin). Avec une mise à dispositions de supporters bénévoles qui veulent parfois allez voir des matchs de manière gratuite d’un côté ou de l’autre. Je pense que sur ça, on arrive à se démarquer d’autres régions où les sports peuvent s’affronter entre eux ; nous, on a cette faculté de se dire qu’on est tous dans le même bateau et on avance ensemble.

Que doit-on attendre pour l’année prochaine ?

L’objectif sera le même. Si on doit se projeter sur l’année prochaine, il faut jouer les premiers rôles dans notre poule, parce qu’on a l’effectif pour et que le club grandit. Annoncer une montée serait très maladroit pour la saison prochaine, très clairement, et je n’aurai pas cette prétention-là car on ne fonctionne pas comme ça ici.

L’idée est de garder ce qui a bien marché. En termes de projet de jeu, c’est la première année où on l’a fait vivre collectivement, donc il y a des axes d’amélioration à apporter.

Derrière, il y a aussi les opportunités professionnelles. C’est assez drôle, parce qu’autant on a des joueurs ciblés, autant on peut avoir un mec d’un très bon niveau qui débarque au mois d’août. Pour Iban, c’était exactement ça : il est arrivé pour ses études, c’est un très bon joueur de rugby, il avait envie de s’éclater en Fédérale et, d’un coup, cela change le visage de l’équipe. Évidemment, on ne peut pas baser notre recrutement uniquement sur ces opportunités, mais parfois, cela redistribue vraiment les cartes.

Quel est votre objectif sur le long terme ?

Au-delà de l’aspect purement sportif, nous avons un objectif à long terme dans le cadre du projet d’horizon 2030. Le but est de populariser la pratique en soi, mais aussi d’activer plusieurs leviers au sein du club pour arriver dans les standards requis pour monter en Fédérale 1, soit gagner deux divisions.

Cette notion de moyen terme est importante, car 2030 va arriver vite. Je vais attaquer ma huitième année au club. Ce projet doit nous permettre d’amener tout le monde progressivement vers ce cap. Le projet ne concerne pas que l’équipe première, c’est vraiment tout le club. Je suis convaincu que l’équipe première montera si on arrive à développer tous les piliers de la structure. Si on n’y arrive pas, on montera peut-être, mais cela ne répondra pas à notre écosystème. On pourrait se dire qu’on a loupé la montée en seniors, mais si à côté de cela, nos cadets jouent une finale de championnat de France demain, on se dira qu’on tient un premier titre historique. C’est un projet vraiment global.

Aidan Bossard

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