Dengue : pourquoi des moustiques vont être éliminés dans cette commune du Maine-et-Loire
Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 octobre, l’ARS Pays de la Loire va mener un traitement insecticide ciblé dans le quartier des Coquelicots, à La Séguinière, après la confirmation d’un cas de dengue. La présence de nombreux moustiques tigres dans le secteur a motivé cette intervention préventive.

Pourquoi traiter un quartier entier après un seul cas de dengue ? À La Séguinière, près de Cholet, la réponse tient à un risque bien précis : celui qu’un moustique tigre ait piqué une personne infectée, puis transmette à son tour le virus à d’autres habitants.
L’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire a annoncé une opération de lutte antivectorielle dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 octobre 2026, entre 22 heures et 1 heure du matin. Le traitement concernera un périmètre limité du quartier des Coquelicots, autour d’un lieu fréquenté par une personne chez qui une infection par le virus de la dengue a été confirmée après un séjour dans une zone où la maladie circule.
Il ne s’agit donc pas d’une opération générale contre les moustiques, mais d’une intervention préventive destinée à empêcher une éventuelle transmission locale du virus.
Pourquoi l’ARS intervient-elle après un seul cas de dengue ?
Le cas confirmé a conduit les autorités sanitaires à mener deux enquêtes complémentaires, l’une épidémiologique, l’autre entomologique. Leur objectif : déterminer où la personne malade a circulé pendant la période durant laquelle elle pouvait transmettre le virus à un moustique, mais aussi vérifier si des moustiques tigres étaient présents dans ces lieux.
Les investigations ont établi que le quartier des Coquelicots avait été fréquenté pendant cette période dite de virémie. Elles ont également mis en évidence la présence de nombreux moustiques tigres adultes et de larves dans un rayon de 150 mètres autour du principal lieu fréquenté.
C’est cette combinaison qui a conduit l’ARS à décider du traitement. Un moustique tigre qui pique une personne infectée peut, après un délai nécessaire au développement du virus dans son organisme, devenir capable de contaminer d’autres personnes lors de piqûres ultérieures.
L’enjeu est donc d’éliminer les moustiques adultes susceptibles d’avoir été exposés au virus avant qu’une chaîne de transmission ne puisse s’installer.
Que va-t-il se passer dans le quartier des Coquelicots ?
L’intervention sera réalisée par pulvérisation ciblée d’un insecticide autour du principal lieu fréquenté par la personne malade. L’entreprise Rentokil interviendra pour le compte d’Inovalys, opérateur mandaté par l’ARS.
Le produit utilisé, l’Aqua K-Othrine, est un insecticide à base de pyréthrinoïdes autorisé pour cet usage. La pulvérisation sera effectuée dans le respect de la réglementation, notamment concernant les points d’eau.
Pourquoi intervenir en pleine nuit ? Le choix de cet horaire répond à deux objectifs. Le moustique tigre est alors au repos, ce qui favorise l’efficacité du traitement. L’intervention nocturne permet également de limiter l’exposition des habitants au produit pulvérisé et de réduire les effets sur la biodiversité, notamment sur les insectes pollinisateurs.
L’ARS précise que le produit ne présente pas de danger pour la population lorsqu’il est appliqué au dosage prévu. Des précautions restent toutefois indispensables pour les personnes vivant dans le périmètre concerné.
Fenêtres fermées, animaux à l’abri : les précautions à prendre
Les riverains concernés ont été informés de l’opération par affichage et distribution de documents. Pendant la pulvérisation, ils doivent rester à l’intérieur de leur logement, fermer portes et fenêtres et, si possible, couper la ventilation.
Les animaux domestiques doivent être rentrés, avec leurs gamelles. Une attention particulière est également demandée aux propriétaires de bassins, de mares et d’animaux aquatiques ou à sang froid. Les ruches doivent être couvertes ou déplacées, tout comme les piscines, les bassins et les bacs à sable doivent être protégés.
Le linge, les jouets des enfants et le mobilier de jardin doivent être rentrés ou couverts avant l’intervention. Après le passage des équipes, il est recommandé de nettoyer les meubles de jardin et les jeux d’enfants, ainsi que de laver les fruits et légumes du potager avant de les consommer.
L’opération pourrait être reportée si les conditions météorologiques ne permettent pas de réaliser le traitement dans de bonnes conditions. En cas de changement de date, la commune et l’ARS doivent communiquer les nouvelles informations sur leurs supports officiels.
La dengue peut-elle se transmettre en France métropolitaine ?
La dengue est une maladie virale transmise par la piqûre d’un moustique tigre infecté. Une personne qui revient d’un pays où le virus circule peut avoir contracté la maladie pendant son séjour, puis être piquée en France par un moustique tigre local. Si ce moustique devient à son tour infectieux, il peut transmettre le virus à d’autres personnes.
Selon les données rappelées par l’ARS, environ 80 % des infections sont asymptomatiques. Autrement dit, une personne peut avoir contracté la dengue sans ressentir de symptômes.
Lorsque la maladie se manifeste, elle peut provoquer une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaires, des nausées ou encore des éruptions cutanées. La plupart des formes sont bénignes, mais certaines peuvent évoluer vers des complications graves nécessitant une hospitalisation. Il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus.
La présence de moustiques tigres dans le quartier des Coquelicots ne signifie donc pas que les habitants sont infectés. Le traitement vise précisément à réduire le risque qu’un moustique ayant piqué la personne malade puisse transmettre le virus.
Comment éviter la prolifération des moustiques tigres ?
Au-delà de cette intervention ponctuelle, la prévention repose aussi sur les gestes du quotidien. Le moustique tigre pond ses œufs dans de petites quantités d’eau stagnante. Une coupelle sous un pot de fleurs, un seau oublié dans le jardin, une gamelle ou un pied de parasol peuvent suffire à créer un lieu de ponte.
Vider régulièrement ces récipients, supprimer les réserves d’eau inutiles et couvrir les contenants qui ne peuvent pas être vidés permet de limiter sa reproduction. Pour éviter les piqûres, l’ARS recommande également de porter des vêtements amples et couvrants, d’installer des moustiquaires aux portes et aux fenêtres et d’utiliser un répulsif cutané adapté, en respectant les précautions d’emploi.
en partenariat avec REGIEPRO


