Violences du 17 octobre : pourquoi Angers n’a pas instauré de couvre-feu malgré la colère de Christophe Béchu
De nombreuses villes en France, comme Paris, Lille ou encore Lyon, ont décrété un couvre-feu après les violences qui ont éclaté samedi 17 octobre 2026. Malgré la colère de Christophe Béchu, le maire et les nouveaux appels à se rassembler, la décision a été prise de ne pas instaurer de couvre-feu. On vous explique pourquoi.

Les images du PrimaPrix pillé, des vitrines brisées et des affrontements avec les forces de l’ordre ont marqué la journée du 17 octobre à Angers.
Deux jours après ces événements, le maire Christophe Béchu n’a pas caché sa colère. Lundi 19 octobre, il a participé à un rassemblement devant l’hôtel de ville pour dénoncer les violences et témoigner son soutien aux commerçants touchés. « Il y aura un avant et un après 17 octobre », a-t-il notamment déclaré au micro d’Angers Info. Pour autant, aucune mesure de couvre-feu n’a été annoncée à Angers dans la foulée des événements.
Des couvre-feux décidés dans plusieurs villes françaises
À Paris, Lille ou encore Lyon, des restrictions ont été instaurées après les débordements du week-end. À Paris, le couvre-feu a notamment concerné certains secteurs particulièrement touchés par les dégradations. Ces mesures ont été mises en place dans le cadre des décisions prises par les autorités de l’État, à la suite des annonces gouvernementales du lundi 19 octobre.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a alors demandé aux autorités locales de recourir à des couvre-feux ciblés lorsque la situation le justifiait. L’objectif affiché : prévenir de nouveaux débordements et rétablir l’ordre public, sans instaurer une interdiction générale des déplacements à l’échelle du pays. Mais ces mesures ne sont pas automatiques. Elles sont décidées en fonction de la situation locale et des risques identifiés.
Le maire d’Angers peut-il décider seul d’un couvre-feu ?
Si le maire dispose de pouvoirs de police administrative pour assurer la sécurité et la tranquillité publiques, les mesures de maintien de l’ordre relèvent également des compétences du préfet. Ce dernier a animé une réunion de travail avec Christophe Béchu, lundi midi. Mais depuis, aucune annonce n’a été faite. La possibilité d’instaurer un couvre-feu dépend notamment de la nature de la mesure, de son périmètre et des circonstances locales. Autrement dit, la colère exprimée par Christophe Béchu après les violences ne signifie pas qu’il peut, à lui seul, décider de n’importe quelle restriction des déplacements.
Contrairement aux autres grandes villes en France, les autorités angevines ont estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour instaurer un couvre-feu. Dans l’entourage du maire, on indique que « les soirées de dimanche et de lundi se sont déroulées dans le calme et qu’il n’est pas nécessaire d’instaurer un couvre-feu. »
La municipalité dit aussi être « attentive aux activités économiques des commerces et aux conséquences qu’un couvre-feu pourrait avoir sur eux.»
Un nouvel appel à manifester a été annoncé pour ce jeudi 22 octobre à 11h, place du Ralliement avant une nouvelle journée de mobilisation, samedi 24 octobre.
en partenariat avec REGIEPRO


